L’organisation régionale a dévoilé un catalogue d’ambitions pour promouvoir les échanges économiques, renforcer la sécurité maritime et la résilience dans la lutte contre les épidémies comme le Mpox et Ebola. L’intégration de Mayotte au sein de l’institution, annoncée publiquement par la ministre déléguée Eléonore Caroit, n’a pas été mentionnée dans le communiqué officiel adopté après la rencontre.

Comores : la COI annonce quatre priorités pour la présidence française

L’organisation régionale a dévoilé un catalogue d’ambitions pour promouvoir les échanges économiques, renforcer la sécurité maritime et la résilience dans la lutte contre les épidémies comme le Mpox et Ebola. L’intégration de Mayotte au sein de l’institution, annoncée publiquement par la ministre déléguée Eléonore Caroit, n’a pas été mentionnée dans le communiqué officiel adopté après la rencontre.

La Commission de l’océan Indien (COI) a fait part de quatre priorités qui devraient être au cœur de la présidence française, selon le communiqué final publié à l’issue du 40e Conseil des ministres qui a pris fin ce lundi 8 juin à Moroni. Les priorités s’articulent autour d’engagements et principes qui vont en droite ligne avec les objectifs classiques d’intégration régionale et de promotion des échanges dans la zone indianocéanique.

Le SG de la COI, Dr Ibrahim Norbert Richard et le ministre comorien des Affaires étrangères en ouvrant l’Exposition photos au CNDRS à Moroni.

La première priorité annoncée est « le renforcement de l’architecture régionale de sécurité maritime par l’approfondissement du partage d’information et une coordination opérationnelle affirmée ». La deuxième priorité est « la gestion collective des risques naturels (système d’alerte précoce, coordination de secours, prévention…) ». La troisième priorité est « la modernisation de l’organisation avec une réflexion sur son modèle économique et les moyens de pérenniser ses actions ». Enfin, la dernière et quatrième priorité est « la dynamisation des échanges commerciaux pour renforcer la résilience alimentaire ».

Le vœu de la France de voir Mayotte intégrer la COI

Au sujet de l’intégration de Mayotte au sein de l’organisation régionale, les Etats membres ont pris le soin de ne pas en faire mention dans leur communiqué final. Si la ministre française, Eléonore Caroit, chargée de la Francophonie et des Partenariats internationaux a publiquement exprimé le vœu de la France de voir l’île au lagon intégrer la COI, elle s’est toutefois heurtée à l’opposition comorienne, via le ministre des Affaires étrangères, qui a mis en avant le droit international et l’Accord de Victoria pour justifier sa position sur la question.

La rencontre avait mobilisé, outre le secrétaire général de la COI, Dr Ibrahim Norbert Richard, les ministres comorien et malgache des Affaires étrangères, Mbaé Mohamed et Alice N’diayé, les ministres déléguées française et mauricienne respectivement Eléonore Caroit et Rajen Narsinghen. Mais aussi Nicholas Prea Ambassadeur représentant le ministre des Affaires étrangères et de la Diaspora de la République des Seychelles.

« Une feuille de route qui pose les jalons d’importantes rencontres. Les travaux du Conseil des ministres ont permis de convenir des prochains rendez-vous régionaux d’envergure. La feuille de route de la COI vise à renforcer la sécurité régionale qu’elle soit maritime, sanitaire, ou alimentaire. Les décisions prises portent aussi sur la connectivité, la culture et la modernisation institutionnelle », souligne encore le communiqué final.

Un prix littéraire dans l’océan Indien

La ministre déléguée française, Eléonore Caroit, signant une convention dédiée au renforcement du système éducatif comorien.

L’organisation régionale annonce, par ailleurs, une série d’activités « dans les douze prochains mois » visant à raffermir la coopération régionale pour mieux faire face aux défis communs. On notera, entre autres, « deux conférences ministérielles, l’une sur la sécurité portuaire et la sûreté de la navigation et l’autre sur la sécurité des câbles optiques et la cybersécurité », mais aussi « un nouvel exercice de terrain de simulation régionale de pollution marine, MASEPOLREX27, à Madagascar pour tester et renforcer les capacités nationales et régionales de prévention et d’intervention face aux risques de pollution en mer ».

Les participants ont promis « un symposium régional sur la connectivité maritime en collaboration avec les autorités seychelloises ». Mais les deux activités phares programmées demeurent l’opérationnalisation du « Fonds SEGA One Health permettant à la COI de pérenniser et amplifier son action régionale en santé qui contribue concrètement à la formation d’épidémiologistes, à la prévention et à la riposte face aux risques épidémiques, dont les risques actuels liés au Mpox et à Ebola » et le lancement de « la prochaine édition jeunesse du prix littéraire Indianocéanie avec le Département de La Réunion ».

Des visites guidées de la ministre déléguée Eléonore Caroit

Il est à noter que la Commission de l’océan Indien (COI) a dévoilé « un guide pratique de l’export des biens et services culturels », organisé une exposition photo sur l’histoire de l’organisation et participé au dialogue national de préparation à la COP sur le climat. L’institution a remis « des équipements de protection et d’intervention à la Sécurité civile des Comores dans le cadre du projet RDRM de la COI financé par l’UE ». Des activités culturelles et scientifiques ont été organisées en marge de cette session. « Le message est clair : la COI est au service de ses États membres, elle travaille directement pour les gouvernements de ses États membres et ses actions ciblent, finalement, les populations. Nous savons que nos activités sont techniques. Mais elles ont des impacts sur les populations », a souligné le secrétaire général de l’organisation, Dr Ibrahim Norbert Richard, dans une longue interview accordée au journal Al-watwan.

La ministre Eléonore Caroit reçue au Palais de Beit Salam par Azali Assoumani.

Durant son séjour à Moroni, la ministre Eléonore Caroit, a eu droit à des visites notamment à la médina de Moroni avant de procéder à la signature d’une convention avec la partie comorienne d’un montant d’un million d’euros destiné au renforcement du secteur éducatif. La signature a eu lieu au lycée Said Mohamed Cheikh où d’importants travaux, sous financement de l’Agence française de développement (AFD), ont été engagés dans le cadre d’un vaste plan de réhabilitation de cet établissement mythique qui a formé une bonne partie de l’élite comorienne.

A.S.Kemba

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