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jeudi 22 février 2024
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Les entreprises mahoraises au bord de l’asphyxie : le cri d’alarme des organisations patronales

Dans un courrier, l’ensemble des organisations patronales, le MEDEF, CPME, FMBTP, U2P et UMIH ainsi que les chambres consulaires, ont formulé une demande d’audience au Ministre de l’Intérieur et des Outre-Mers, Gérald Darmanin, et à la Ministre chargée des Outre-Mers, Marie Guévenoux, au sujet de la crise économique vécue à Mayotte. 

Depuis plusieurs semaines, en raison du contexte d’insécurité et du blocage des routes terrestres et maritimes par des habitants en colère, les biens et les personnes ne peuvent plus circuler. Pour reprendre les termes de l’intersyndicale, à l’instar des événements de 2018, Mayotte subit une situation catastrophique inédite qui nécessite une intervention urgente des représentants de l’Etat. L’interruption du fret aérien, des barges maritimes, le repli des banques, les risques sanitaires encourus en raison de l’interruption du ramassage des déchets sur le territoire, les violences et caillassages quotidiens subis sur les biens et les personnes, sont autant d’exemples pouvant qualifier de « hautement critique » la situation à Mayotte, pénalisant notamment, très gravement le monde économique mahorais.

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Le blocage de l’île par les Forces vives depuis trois semaines a interrompu de nombreuses activités, dont les activités économiques

Alors que Mayotte a été durement touché par de multiples crises, complexes et successives, notamment la crise sécuritaire et la crise de l’eau, qui ne sont pas terminées, ce contexte explosif d’insécurité et des barrages plonge les salariés et les chefs d’entreprises dans un grand désarroi. 

En 2023, le monde économique mahorais a supporté 365 jours de crise. Depuis le début de l’année 2024, ces premières semaines de blocages de l’île constituent ainsi un risque majeur d’anéantissement des entreprises de Mayotte. En effet, les barrages érigés sur l’île et le contexte des violences découragent les 21.000 salariés mahorais et chefs d’entreprises, ne sachant s’ils vont perdre leur emploi ou faire faillite.

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Depuis le 5 février 2024, une seule barge dédiée aux urgences et à la logistique des entreprises « vitales » a été maintenue à Mayotte.

Face à ce constat, les organisations patronales précitées et les chambres consulaires ont demandé l’application de mesures d’urgence en faveur des entreprises, dans le même registre d’aides que celles mises en oeuvre durant l’épidémie Covid-19 et la crise de l’eau. 

Parmi ces mesures, la mise en oeuvre d’une activité partielle à 100% appliquée à l’ensemble des entreprises en difficulté, de même que des avances sur les trésoreries pour les salaires des agents, a été demandée.

Les organisations patronales espèrent également que des subventions vont être allouées, comme lors de la crise des gilets jaunes sur l’île de La Réunion ainsi que des aides aux coûts fixes comme pour lors de la crise Covid-19. 

Concernant les cotisations sociales, les organisations patronales souhaitent qu’un assouplissement en matière de paiement des cotisations sociales pour toutes les entreprises soit prévu et que la Direction Régionale des Finances Publiques (DRFIP) règle notamment l’ensemble des factures et des crédits d’impôt en attente. 

Les entreprises rencontrent actuellement des difficultés de trésorerie, face auxquelles l’intersyndicale demande qu’un dispositif bancaire spécifique soit déclenché pour solutionner le problème de trésorerie.

Enfin, concernant les retards des chantiers et les risques de charges imprévues pour les marchandises bloquées au port et non écoulées, l’intersyndicale souhaite qu’une « vigilance » et une « clémence » soient appliquées afin de ne pas pénaliser les entreprises, victimes d’une crise multidimensionnelle et complexe, qui nuirait à l’économie mahoraise à court, moyen et long terme. 

Mathilde Hangard

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Blocage des routes : La filière avicole mahoraise en grande souffrance

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Le salon international de l’Agriculture doit se tenir ce week-end à Paris dans un contexte où le monde agricole est en souffrance. Même s’il parait hasardeux de comparer l’agriculture mahoraise à celle de métropole, les éleveurs et les cultivateurs de l’île sont au bord de la rupture du fait des barrages routiers, car c’est toute une chaîne qui se trouve fragilisée et bientôt en péril si rien ne change.

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