La semaine dernière avait lieu l’Assemblée générale annuelle de l’association Art Terre Mayotte. L’occasion de faire le bilan financier de l’année passée, de renouveler le conseil d’administration et de passer en revue les actions passées et les projets en cours.

La brique de terre comprimée de Mayotte a de beaux jours devant elle

La semaine dernière avait lieu l’Assemblée générale annuelle de l’association Art Terre Mayotte. L’occasion de faire le bilan financier de l’année passée, de renouveler le conseil d’administration et de passer en revue les actions passées et les projets en cours.

« Le conseil d’administration a été renouvelé en passant de 12 à 14 membres et se réunira le 2 juin prochain pour élire le nouveau bureau de l’association, indique Dominique Tessier, actuel vice-président de l’association. Par ailleurs, le bilan financier de l’exercice 2022-2023 a été voté à l’unanimité », complète-t-il. L’assemblée générale a pu alors se consacrer pleinement à l’étude du rapport moral concernant les actions et les projets en cours ou à venir.

Des projets multiples et variés

Dominique Tessier est l’actuel vice-président de l’association Art Terre Mayotte

Parmi les actions menées par l’association Art Terre Mayotte, il y a le projet AMATECO (Atelier Mahorais des Terres à Construire) dont l’objectif est la construction d’un centre de ressources et de développement de la construction en terre. « Nous souhaiterions voir sortir de terre une briqueterie dans laquelle se trouvera un centre de formation de poseur de briques mais aussi un espace pour faire de la recherche et du développement, notamment sur la brique en fibre. C’est un grand projet, nous sommes en ce moment en négociation pour trouver et acquérir un terrain. Ce sera aussi un endroit où il y aura de la production de BTC. L’objectif de ce centre sera de former des jeunes, mais aussi tous ceux qui souhaiterons acquérir une spécialité sur la brique comme les maçons par exemple. L’atelier serait ainsi partagé avec les producteurs et les poseurs dans le cadre d’activités de recherche et développement ; la formation des professionnels ; la production foraine pour les grands chantiers à venir », s’enthousiasme Dominique Tessier.

Autre projet qui tient à cœur à l’association, le projet TOMA (Terres d’Outre-Mer Améliorées) dont le but est d’optimiser les matériaux locaux pour réduire les besoins en climatisation des logements à Mayotte.

Le projet LIMA (Logement Innovant Mayotte) fait aussi partie des priorités de l’association. « Il se veut être un outil d’aide à la création de logement qui s’interroge sur toute la chaîne de production, du montage de l’opération avec un potentiel opérateur partenaire, à la construction en elle-même dans sa mise en œuvre. L’idée consiste à réfléchir à une typologie reproductible et adaptable selon les caractéristiques du terrain. A terme, le projet pilote donnera lieu à la rédaction d’un outil accessible à tous afin de permettre aux familles mahoraises de faire fructifier leur foncier en contribuant activement à la production de logements de qualité à loyer conventionnés ».

Par ailleurs, Art Terre Mayotte a été retenu par Action Logement Mayotte (AL’MA), dans le cadre de l’Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI) concernant la mise au point d’un « Système constructif bas carbone à haute valeur d’usage » pour le développement de logements abordables et durables à Mayotte répondant à ses objectifs de construction durable et décarbonée de 5000 logements sur le territoire d’ici 10 ans. « Les démarches pour des constructions en bas carbone font partie de nos préoccupations. Nous allons développer un système pour construire des maisons en travaillant sur l’économie de la brique afin de trouver la juste proportion par rapport au parpaing… », indique le vice-président.

La Brique de Terre Comprimée vise une inscription au patrimoine culturel immatériel national

Concernant les projets de construction en Brique de Terre Comprimée en cours, menés par des agences d’architecture de l’île, on peut parler des Mawas à Labattoir dont le programme comprend 18 logements répartis en T2, T3 et T4 avec des façades en BTC et bois. Mais aussi la construction de deux logements à Iloni, l’internat de Kawéni, le Lycée agricole de Coconi, l’Hôtel de Ville de Sada ou encore l’extension de la Préfecture de Mayotte, … Bref, les projets ne manquent pas.

Enfin, la BTC est en route vers une inscription au Patrimoine Immatériel National puisque la démarche de reconnaissance de la BTC comme « Patrimoine culturel immatériel » a été validée par la Direction des Affaires Culturelles (DAC).

B.J.

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