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Chirongui : un atelier d’écriture pour promouvoir les langues locales

Ce mardi matin, le recteur était à Chirongui pour assister à un atelier d'écriture à la médiathèque. L'enjeu premier : la valorisation des langues et cultures locales de Mayotte, mais il s'agit aussi de recréer du lien après ces mois de confinement.

« Dans le cadre de sa politique culturelle, la commune de Chirongui s’est fixé comme priorité la valorisation de la culture et des langues locales. Dans cette perspective, la médiathèque a développé le projet « Hale halélé » qui vise à conserver la mémoire de la commune.

Le service Patrimoine a collecté par enregistrement des histoires traditionnelles en langue locale (kibushi et shimaore) auprès des anciens des villages. En partenariat avec l’Agence Régionale du Livre et de la Lecture (ARLL), la Direction des Affaires Culturelles de Mayotte (DAC Mayotte), le service Patrimoine de la Ville, l’association VILLAGE WEBSIT de Tsimkoura, la compagnie Soa Zara et l’auteur Jean-Luc Raharimanana, la médiathèque de Chirongui accueille du 3 août au 9 septembre 2020 les trois jeunes auteurs mahorais, Hamza LENOIR, Nadjim M’CHANGAMA et Batoule AMDJADI, pour un travail de recherche et d’écriture autour de ces contes traditionnels collectés auprès des anciens des villages.

Le projet de création Halé Halélé est organisé dans le cadre du dispositif Rencontres Fortuites coordonné par la Réunion des musées nationaux et soutenu par le ministère de la Culture pour favoriser la réouverture des bibliothèques suite à la crise sanitaire. Ce projet ambitionne de :

• Favoriser la réouverture de la médiathèque de Chirongui à travers la diffusion de contenus culturels ;

• Créer du lien entre les usagers et les artistes après la période de confinement ;

• Valoriser la culture orale et les langues locales par le biais du conte ;

• Soutenir l’émergence de jeunes auteurs locaux ;

• Créer du lien entre les auteurs et les conteurs de Mayotte ;

• Questionner le rapport à l’oralité à Mayotte et la traduction littéraire de textes en langue locale ;

• Préfigurer de la mise en place d’une résidence de création. L’auteur Jean-Luc Raharimanana accompagne depuis bientôt trois ans l’émergence de jeunes auteurs sur le territoire.

Et ce projet a pour objectif de préfigurer une résidence d’écriture avec Hamza Lenoir pour la traduction et la publication d’un recueil de contes de la commune de Chirongui.

Des temps de rencontres, de lectures sont organisés tout au long de la résidence. C’est une belle opportunité qui s’offre aux jeunes artistes pour leur permettre de se familiariser avec le format des résidences et prendre le temps d’écrire, tout simplement. Cette résidence permet également à des jeunes de 6 à 17 ans de bénéficier d’ateliers d’écriture qui se dérouleront les 17, 18 et 19 août 2020″.

Travail, plaisir, culture

Pour le recteur, c’était l’occasion d’allier « travail, plaisir et culture ».

Fables de la Fontaine, Mayotte, rectorat
Gilles Halbout invite les élèves à s’approprier les fables (archive)

« La médiathèque s’inscrit dans l’été apprenant qui consiste à ouvrir un maximum de locaux pour occuper les élèves pendant l’été. On travaille beaucoup avec l’agence régionale du livre et de lecture et on est dans une phase de rapprochement avec la Direction des affaires culturelles. Tout ça fait que j’avais l’intention d’aller visiter aujourd’hui ou demain, c’était l’occasion de faire un tour d’horizon avec le maire pour préparer la rentrée, on a eu un bon moment d’échange avec le conseil municipal puis avec les jeunes. Au ministère de l’Education nationale, on a aussi comme feuille de route de valoriser toutes les initiatives associatives.

Ainsi vendredi j’étais avec Hip Hop Evolution, ils ont fait un gros travail cet été, pareil pour Mlézi etc.

Samedi j’étais à Kani Keli pour la prestation de Utende, là aussi on est dans la culture orale et la poésie, on a fait un très beau voyage. On essaye d’allier travail, plaisir et culture. »

Des moments de quasi détente avant le rush de la rentrée, qui s’annonce singulière.

Ce sera pour Gilles Halbout une « rentrée presque classique où on apprend à vivre avec le virus. Outre le port du masque et les mesures classiques, on a deux points en particulier, c’est les abords des établissements scolaires avec une demande d’obligation de port de masque auprès du préfet, et les moments off où le personnel se retrouve et pourrait être tenté de faire la fête, il ne faut pas de moment de relâchement, les foyers épidémiques partent de là. »

Y.D.

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