Inquiétudes des professionnels de santé réunionnais sur les évasans régionales

Malgré des dispositions très strictes pour les arrivées à La Réunion, des trous subsistent dans la raquette, déplorent les professionnels de santé. Notamment lors d’évacuations sanitaires de Madagascar et des Comores dont il faut identifier les circuits

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Les arrivées à La Réunion diversement encadrées selon les professionnels

Dans un courrier adressé au ministre de la Santé, à la ministre des Outre-mer et à la directrice de l’ARS Réunion, la Communauté des Professionnels de Santé de La Réunion et l’Union Régionale des Médecins Libéraux de l’Océan Indien, alertent sur une recrudescence de cas importés de Covid-19 depuis la zone Océan Indien, « ce qui risque de compromettre la relative accalmie que nous vivons depuis le déconfinement, en faisant courir un risque épidémique à notre département ».

Il n’est pas fait mention du nombre de cas issus de la région. Ce mercredi, la préfecture de La Réunion et l’Agence Régionale de Santé confirment 2 nouveaux cas de coronavirus COVID-19 enregistrés sur l’île Bourbon ce mercredi 1er juillet, soit un total de 528 cas depuis l’apparition du premier cas le 11 mars 2020. Donc, 5 fois moins de cas qu’à Mayotte. « Parmi ces nouveaux cas, le premier est un cas importé dépisté à l’issue de la septaine, et le second est une évacuation sanitaire au titre de la solidarité régionale.
Par ailleurs, 2 cas précédemment en cours d’investigation sont classés cas autochtones secondaires », relatent les institutions.

Les professionnels de santé réunionnais considèrent que « l’évacuation sanitaire de patients Covid-19 venant de Mayotte est sécurisée car organisée entre établissements de santé et n’expose ni nos soignants, ni la population, à un risque de transmission », mais demandent la limitation des vols commerciaux « au strict nécessaire » et l’interruption pour les autres pays de la zone Océan Indien.

« Hors des circuits identifiés »

Des circuits non identifiés dans la région

Il s’agirait de cas importés « hors des circuits identifiés », et « venant de départements voisins encore en zone orange ou de pays de la zone Océan Indien (Madagascar, Comores …) où la circulation du virus Covid -19 est encore très active. »

Des patients qui sont ensuite hospitalisés sans avoir été diagnostiqués positifs, « il est constaté une absence de consignes ou des consignes erronées en termes de durée d’isolement et de dépistage virologique. » C’est notamment sur ce point qu’il faudrait travailler.

Les professionnels évoquent des « rapatriements sanitaires, parfois avec des accompagnants, réalisés par des compagnies d’assurance en provenance de Madagascar arrivent donc actuellement sur l’île avec un cadrage sanitaire inexistant ou inadapté et sont vus en consultation sans le respect des mesures de quatorzaine préalables. »

Des patients ont été dépistés positifs cette semaine en provenance de la zone, alors qu’ils étaient hébergés dans leur famille ou chez des amis sans mesures particulières.

Pas de problèmes pour les retours de métropole où « l’épidémie est mieux contrôlée », avec une quatorzaine pour l’arrivée dans les DOM, mais selon eux, « le risque principal se situe désormais au niveau du flux d’arrivants venus de la zone Océan Indien où la circulation virale reste très active. »

Maintenir la septaine

Pourtant la quarantaine est très stricte à La Réunion : les personnes y sont placées à leur demande mais ont la possibilité d’avoir recours à un juge

Ils demandent donc « la limitation du nombre d’évacuations sanitaires de recours au motif strictement nécessaire et urgent, un dépistage systématique du Covid-19 par PCR avant toute évacuation sanitaire organisée par le secteur public ou par les assurances, en vol commercial ou sur avion sanitaire dédié. En hospitalisation, une mise en quatorzaine stricte avec PCR de contrôle à J14 (ou J7 en cas de PCR négative) avant la levée d’isolement; en consultation : la mise en quatorzaine stricte avec PCR de contrôle à J14, dans un hébergement (si possible dédié) est indispensable avant la consultation.
Cette consultation ne pourra avoir lieu avant J14 de l’arrivée (ou J7 en cas de PCR négative) sur le territoire ; en condition nécessaire et suffisante évaluer la possibilité de faire ces consultations en vidéo conférence. »

Et compte tenu de l’actuelle circulation virale dans la zone, « nous ne souhaitons pas lever la septaine à partir de juillet comme il est envisagé de le faire pour les passagers en provenance de la métropole.

Quant aux vols commerciaux, ils demandent « que les vols venant de Mayotte soient limités au strict nécessaire et interrompus pour les autres pays de la zone Océan Indien, un contrôle strict des rapatriements sanitaires en provenance de Madagascar soit
Effectué, la mise en quatorzaine soit maintenue pour les arrivants de la zone Océan Indien, des structures d’hébergement soient prévues pour ces arrivants car l’expérience montre que l’isolement est le plus souvent illusoire dans les familles, le dépistage avant le départ, mais également à J14 avant lever de la quatorzaine, soit maintenu. »

« Par ailleurs concernant les voyageurs en provenance de métropole, nos préconisations sont toujours les mêmes, à savoir un test réalisé 72 heures avant le départ, septaine à l’arrivée sur le département avec limitation de la vie sociale et test à J7. »

Une rencontre locale avec l’instance de dialogue médicale instaurée depuis le confinement est « fortement souhaitable » afin d’envisager les organisations nécessaires à la mise en place des mesures de protection pertinentes qui permettront de protéger notre population. »

A.P-L.

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