Déconfinement – Une rentrée scolaire a minima, qui effraie à tort selon des médecins

Entre la préconisation de poursuite du confinement du conseil scientifique et les besoins en éducation et en reprise économique du territoire, le cœur des décideurs balance. Aucune décision n’a été prise comme D-day de déconfinement, il faudra sans doute attendre jusqu'au 25

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Les enjeux sont multiples pour ce déconfinement. Ici, l'école Kawéni Poste

Ce 14 mai devait être la date pivot d’une bascule ou non vers le déconfinement, avait indiqué le premier ministre Edouard Philippe. L’arbitrage n’est pas facile. D’un côté, la situation sanitaire ne s’améliore pas, avance Dominique Voynet, qui projette un pic décalé désormais, entre le 20 et le 30 mai. On verra si le modèle dit vrai, mais le nombre de nouveaux cas quotidiens ne faiblit pas. En lien avec des prélèvements en forte hausse,c’est sûr, mais avec un taux de positivité de plus de 50% sur la semaine précédente : sur 653 personnes testées, 372 étaient positives au Covid. Nous observons la même tendance pour la semaine en cours. Le conseil scientifique conseille le maintien en confinement jusqu’au pic. Un avis qui s’approche davantage de la réalité de Mayotte que le précédent.

D’un autre côté, la logique qui prévaut en métropole, c’est la relance de l’activité économique, grâce au retour à l’école pour les petits, qui précède la rentrée pour les plus grands, les élèves décrocheurs sont essentiellement visés. A Mayotte, cette perspective qui allie déconfinement et rentrée scolaire, effraie comme en métropole. Les enseignants et les maires surtout. Ces derniers nous font un « ni oui-ni non » avec des variantes chaque semaine.

Dans une ambiance d’élection municipale, les décisions tombent une à une dans les rédactions. Nous avons reçu les communiqués de Petite Terre. C’est « une fermeture jusqu’à nouvel ordre » pour Dzaoudzi Labattoir, seul maire à ne pas avoir d’échéance électorale, qui avance la difficulté du nettoyage et de la désinfection réguliers des locaux. Et un « pas pour l’instant » à Pamandzi, qui décide de ne pas rouvrir les écoles de la commune en mai, tout en décidant d’œuvrer dans ce sens en mettant sur pied un Comité technique, « chargé de formuler des propositions concrètes d’ici deux semaines en vue d’adapter le fonctionnement des établissements scolaires aux nouvelles règles sanitaires ». On parle de « meilleures conditions d’hygiène et de sécurité dans les écoles, de meilleures conditions de conservation et de distribution des collations scolaires, ainsi qu’une adaptation du fonctionnement des activités périscolaires ».

Reculer pour moins bien sauter

Conserver ou pas les aires de jeux

Dans une tribune, 20 responsables de sociétés de spécialités pédiatriques, estiment qu’on en fait trop en terme de prévention, « les mesures de distanciation excessive (comme la suppression des espaces de jeux, l’interdiction aux enfants de jouer entre eux, ou le refus de consoler un enfant) sont inutiles voire préjudiciables », et préconisent un retour sur les bancs de l’école, rapporte le quotidiendumédecin.fr. Ils constatent que les craintes « souvent non basées sur des faits », aboutissent « à des organisations non réalistes, et potentiellement fortement anxiogènes pour les enfants ».

Chez les plus grands en collège et en lycée, la démotivation des élèves les plus sérieux se fait sentir à Mayotte au bout de deux mois de confinement, nous rapportent des enseignants.

La rentrée telle qu’elle est pensée à un mois de la fin de l’année scolaire est échelonnée, et permet de mettre en place les premiers repères, avec peu d’enfants en classe. Pour les accueillir, les maires doivent se doter d’une organisation de nettoyage telle qu’elle a rarement été mise en place à Mayotte. Ceux qui préfèrent attendre fin août prennent le risque de ne pas être prêts, et surtout, auront à gérer bien plus d’enfants puisque les classes seront alors complètes quand elles ne doivent pas dépasser 15 élèves actuellement.

Déconfinement, Mayotte
Les plus âgés se démotivent, selon des enseignants

En supposant que les enseignants de retour de métropole pour la rentrée fin août n’auront pas à suivre une quatorzaine, ce qui la repousserait à début septembre…

Si les échos de la rencontre du préfet, du recteur et de la directrice de l’ARS avec les maires au conseil départemental ce jeudi matin, peuvent laisser penser à une rentrée et un déconfinement repoussés au 25 mai, rien n’est encore décidé. En tout cas, une fête pourrait repousser un peu plus l’agenda de rentrée, celle de la fin de ramadan, avec une Aid el-Fitr qui pourrait tomber ce 25 mai !

Anne Perzo-Lafond

7 Commentaires

  1. Encore un article mal documenté
    A croire que perzo a sa place en tant que chroniqueuse chez hanouna👍
    La première peur est bien chez les parents, il vous aurez suffi de contacter une école pour vous renseigner
    Bref encore une fois du journalisme gouvernemental, il va falloir penser à repasser par une école de journalisme tellement vos avis sont tellement pressants dans vos articles plus que les vrais infos de terrain
    Une usure du métier peut-être, un égo surdimensionné, ou peut être tout simplement une neutralité de votre métier jamais comprise….

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