Un décret recadre la gouvernance du port de Longoni

Une partie des acteurs portuaires voulaient plus d’Etat dans la gestion du port dont ils dénonçaient les frasques, ils ont été entendus. Un arrêté signé de la main d’Edouard Philippe en renforce la présence dans le conseil portuaire. Une bonne nouvelle qui devrait remettre le port sur les rails.

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Elisabeth Brone, Jean-Baptiste Djebarri, Mayotte, Longoni, DSP, MCG, Grand Port Maritime
Cette énième demande du Département de transformation de Longoni en Grand port maritime sera-t-elle entendue ?

Tarifs surévalués, rapports de force sur la manutention, incertitudes dans la certification des documents comptables…  les manquements du gestionnaire du port Mayotte Channel Gateway (MCG), présidée par Ida Nel, avaient été constamment dénoncés depuis sa prise de Délégation de Service Public en 2013. Nous avions souvent évoqué cette gestion de DSP qui faisait souvent fi du service au public. Ce que le préfet Jean-François Colombet avait résumé sur l’antenne de Mayotte la 1ère en septembre dernier, « sur le port, la loi n’est pas respectée ».

C’est que l’Etat avait mis son nez dans les affaires du port, notamment en dépêchant un haut-fonctionnaire, François Marendet. Son rapport a abondé une réflexion menée à Paris, et un décret vient de sortir, daté du 28 avril, qui modifie notamment la gouvernance du port maritime de Mayotte. (Lire décret portant dispositions relatives aux ports maritimes)

Il permet une implication plus importante du conseil départemental et de l’Etat dans le suivi de la concession du port maritime de Mayotte, avec deux changements : une participation de l’Etat au conseil portuaire et la création d’une commission financière.

Tout d’abord, l’article 2 précise que le préfet de Mayotte et le directeur régional des finances publiques, sont membres de droit du conseil portuaire avec voix délibérative.

Un décret ne s’use que si l’on s’en sert

Le président du TGI Laurent Sabatier venu constater un des nombreux conflits sur le port sous le regard d’Ida Nel

Ensuite, une commission financière est donc créée au sein du conseil portuaire. Elle rendra un avis sur les objets économiques, financiers et techniques, « notamment l’examen des systèmes de contrôle interne de la concession, des comptes annuels et des comptes consolidés du concessionnaire, des projets d’investissements d’un montant supérieur à un seuil arrêté par l’autorité portuaire ». Il sera aussi question d’examiner et de suivre les conventions « ayant un impact significatif sur les comptes et l’équilibre financier de la concession ».

Composée de représentants de MCG, du conseil portuaire et du conseil départemental, cette commission financière sera présidée par un membre de ces deux dernières instances.

Un recadrage qui sonne comme un aveu sur les dysfonctionnements et les irrégularités au niveau de la gestion portuaire.

La manutention au cœur des conflits passés

Mais un recadrage qui ne sera effectif que si les instances aux rôles renforcés que sont le conseil départemental et la préfecture, ou le nouvel arrivant DRFIP, utilisent les prérogatives qui leur sont données pour ne plus laisser passer de déviances. Car le port devrait endosser un rôle de premier plan.

En effet, du côté du Mozambique et de ses 9èmes réserves mondiales de gaz, on attend plus que la fin du confinement planétaire pour relancer le projet de liquéfaction. Et un retournement de tendance des cours pétroliers pour que le géant Exxon Mobil qui vient de repousser sa décision d’investissement, finisse par s’engager. Mayotte est sur les rangs comme « base arrière », avec notamment le port de Longoni. Espérons que, au regard des enjeux, le gaz n’endorme pas les consciences.

Anne Perzo-Lafond

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