Réélection de Saïd Omar Oili qui remporte aussi une victoire sur la collecte au SIDEVAM

Il l’a joué comme en 2014, du premier coup ! Et joli coup, dans un contexte où la tenue d’un second tour est plus qu’incertaine. La première interco, c’est lui, et les prises de position anti-démagogiques, c’est encore lui. Pourtant il y a quelques mois, nous n’aurions pas donné cher de l’avenir politique de Saïd Omar Oili.

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Saïd Omar Oili a obtenu un retour au paiement en liquide

JDM : « Vous nous aviez confié à plusieurs reprises votre ras le bol, expliquant que vous ne vous représenteriez pas. Une stratégie ? »

Saïd Omar Oili : « J’étais sincère. Mais quand l’équipage du bateau vous demande de rester à la barre, on obtempère. C’était quand même sous certaines conditions. Notamment de renouveler notre liste, avec l’apport de jeunes. Quand on donne une délégation de pouvoirs à quelqu’un, il faut assumer, donc être sûr de pouvoir compter sur lui. »

Vous faites référence à la mauvaise gestion des présidents des syndicats intercommunaux dont vous aviez adoubé certains ? Et du peu d’efficacité des délégués communaux ?

Saïd Omar Oili : « Pas seulement, nous devons consommer les fonds du contrat de convergence ou de l’Europe, ils ne sont pas extensibles. Sur la gestion des déchets, et de l’eau et de l’assainissement en syndicat intercommunal, les moyens financiers sont là pour rendre notre île propre, il faut les dépenser correctement. »

Vous venez d’être élu au 1er tour d’un scrutin dont la tenue du second est plus qu’incertain en raison de l’interdiction des rassemblements. Quelle est votre position ?

Saïd Omar Oili : « Nous sommes en guerre contre un ennemi invisible, il faut y mettre tous les moyens, et privilégier la vie humaine sur les élections. Je me réfèrerai à la décision du Conseil Constitutionnel de mardi. »

François Hollande accueilli par Saïd Omar Oili en mars 2016

Vous êtes l’élu qui a refusé de recevoir le collectif des citoyens qui bloquait le service des étrangers, ou qui n’a pas signé la pétition de demande d’une piste longue en en critiquant la forme… Et pourtant, vous êtes réélu avec plus de 55% des voix. Faut-il en tirer une morale ?

Saïd Omar Oili (rires) : « Si c’était à refaire, je recommencerai. Aux positions démagogiques je préfère la pédagogie, je m’étais d’ailleurs expliqué sur ces deux sujets qui avaient été provoqués par des élus dans un but populiste. J’ai toujours refusé de suivre les cours d’eau aux tracés trop facile, et la population de Dzaoudzi Labattoir l’a très bien compris. »

Ce n’est pas le cas de toutes les communes…

Saïd Omar Oili : « Des maires sortants qui ont eu des comportements populistes par le passé sont soutenus par des consignes de parti. Le mien est tout petit (Nema*, ndlr), et je n’ai pas cherché de soutiens nationaux. Je préfère garder ma liberté, tout en conservant ma fidélité notamment à François Hollande, même quand il a été mis à mal. Ce n’a pas été le cas de tout le monde. »

Vous étiez président de l’Association des Maires de Mayotte, qui était scindée en deux avant votre arrivée en 2014. Avec des gros combats menés et à mener. Allez-vous repostuler ?

A la Commission des finances de l’Association des Maires de France en 2017

Saïd Omar Oili : « Je ne suis candidat à rien, c’est aux maires de dire ce qu’ils veulent. Mais il y a trop d’enjeux pour le territoire pour que ce soit le lieu de conflits polico-politiciens. Ces dernières années, l’AMM a montré son utilité et son efficacité en ayant obtenu le versement de l’octroi de mer aux communes et l’abaissement de 60% des valeurs locatives. Tout ça grâce au travail des cabinets Nikonoff ou Mzé conseil, que nous avons payés avec les cotisations des communes. Ça a permis de les sortir du marasme financier, et du coup, à beaucoup de maires sortants d’être en ballotage favorable !
De son côté, François Baroin** a toujours salué le travail de l’AMM, j’avais notamment profité du Grand Débat avec les outre-mer à l’Elysée pour remettre au président Macron un dossier sur les compensations des baisses des recettes foncières. »

Tout est prioritaire pour les communes mahoraises, mais sur quels dossiers travaillez vous actuellement ?

Saïd Omar Oili : « D’abord je remercie les électeurs et électrices de m’avoir renouvelé leur confiance. Ensuite, je vous livre un scoop : nous venons d’aboutir à la séparation de la collecte et du traitement des déchets au sein du SIDEVAM976. Après une première assemblée sans quorum, une deuxième s’est tenue, sans la présence de son président Bamcolo, et les 6 élus présents ont alors délibéré. Désormais, les communes pourront souscrire aux deux services, ou n’en choisir qu’un. A Dzaoudzi Labattoir, malgré 3 millions d’euros de cotisation, la collecte n’est pas faite, nous obligeant à investir 600.000 euros de plus dans une régie interne. Je me bats depuis des années.
Mais il faut aussi aboutir sur les projets de déchetterie fixe aux Badamiers sur un terrain de la collectivité, de la mise en place d’une station d’épuration, que nous allons certainement intégrer dans la DSP Assainissement, sur la consommation des fonds de Rénovation Urbaine, l’extension de la mairie…
Nous avons aussi de nouveaux projets. On sait que celui qui détient les données maitrise le monde. Je lance donc ‘Démo Lab’, pour ‘Démographie Labattoir’, en sollicitant des universitaires, pour détenir des informations permanentes sur la taille de notre population, afin d’évaluer les politiques publiques et arrêter de travailler à l’aveugle. Nous proposerons d’ailleurs une évaluation annuelle des performances de nos politiques publiques. Et désormais, Dzaoudzi Labattoir sera synthétisé en ‘DL’! »

Pour l’instant, il est le seul maire élu en 2020… jusqu’à quand ?

Propos recueillis par Anne Perzo-Lafond

* Nouvel Elan pour Mayotte, créé par notre interlocuteur
** Président de l’Association des Maires de France

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