Des tortues décédées par ingestion de déchets

La Parc marin a procédé à l'autopsie de quatre cadavres de tortues: la mort de deux d'entre est liée à la présence de déchets, notamment des fils de pêche.

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Nécropsie d'une tortue par le REMMAT (©M-H Duffaud / Office français de la biodiversité)

Lors d’une formation organisée par le Parc dans le cadre de l’animation du Réseau Echouage Mahorais de Mammifères marins et de Tortues marines (REMMAT), à destination de ses membres, et dispensée par Kélonia (le musée et centre de soin des tortues marines de La Réunion), deux tortues imbriquées et deux tortues vertes ont été nécropsiées (autopsiées) les 6, 7 et 20 février. Alors que pour deux d’entre elle la cause du décès n’est pas avérée, les conclusions pour les deux autres sont clairement établies, comme le détaille la Parc Naturel Marin.

“Sur la plage de Tchapou, proche du village de Kani-Kéli, une jeune tortue verte est retrouvée morte. Elle est amputée de la nageoire gauche mais cette blessure ancienne n’est pas la cause du décès de l’animal. En revanche, la nécropsie révèle la présence d’un hameçon et d’un fil de pêche de 180 cm dans une grande partie de l’estomac et de l’intestin. Ce fil a cisaillée l’appareil digestif, et l’animal a fini par mourir de faim.

Des déchets de la terre à la mer

La cause du décès (© M-H Duffaud / Office français de la biodiversité)

Une autre jeune tortue verte trouvée aux abords du remblai de M’tsapere a un morceau de tissu, du plastique et des fils qui enserrent sa nageoire avant droite. L’animal a été contraint de tracter cet encombrant bagage lors de ses déplacements, entrainant des difficultés à plonger. Ce garrot sur la nageoire a provoqué une nécrose et un empoisonnement du sang entrainant la mort. On a également trouvé dans son jabot une quantité notable de plastique et de fils qu’elle avait donc mangés.”

Cette opération d’autopsie est rare car souvent les cadavres en décomposition ne sont pas forcément gardés, ou alors elles sont braconnées.

Le Parc invite les acteurs du lagon à ramasser leurs déchets. Plus compliqué quand il s’agit d’un hameçon de fil de pêche coincé dans un caillou, mais tout doit au moins être mis en œuvre. D’autre part, le tri à terre éviterait aux déchets de se déverser dans le lagon et de l’empoisonner: “On trouve en moyenne 8 kg de déchets pour 100 m de plage et les plastiques représentent 9 déchets sur 10. Environ 2/3 des déchets pourraient entrer dans une filière de recyclage ou être valorisés*. Chacun peut donc agir à son niveau”.

Vous voyez une tortue, un dugong ou un dauphin mort ou blessé ? Signalez-le en appelant le REMMAT au 0639 69 41 41.

*Données issues de l’observatoire des déchets marins mis en place par le Parc en 2016.

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