Observation, prévention, répression : un bateau multitâche pour le Parc Marin

12 mètres, coque en aluminium, pont d'observation en hauteur... Le nouveau bateau du parc marin est taillé pour le lagon, pensé pour l'observation, équipé pour la répression des mauvaises pratiques. En deux semaines d'utilisation il a déjà épinglé plusieurs braconniers.

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12 mètres de long et de nombreux équipements

La bouteille de champagne ne s’est pas brisée sur la coque et a fini au fond de l’eau (voir la vidéo ci-dessous). Heureusement le navire a aussi été béni à la mahoraise par une prière dédiée. Acheté 300 000€ par l’office de la biodiversité, le bateau du Parc marin sera un véritable couteau suisse, réalisé sur mesure pour les besoins définis dans le plan de gestion du parc.

« On a créé ce parc pour protéger cet espace qu’est le lagon, son environnement, sa biodiversité », rappelle Abdou Dahalani, président du Parc Marin. « Le parc représente une grande richesse, c’est un des espaces maritimes les plus riches en termes de biodiversité, de développement économique et de découvertes scientifiques. Il offre plein d’opportunités. Le parc s’est doté d’un plan de gestion avec des règles qu’il faut expliquer aux usagers, car quand on dit qu’une espèce ne doit pas être pêchée, il y a de bonnes raisons ».

Abdou Dalahani, président du Parc marin

Ces règles ne suffisent malheureusement pas à assurer leur respect par les usagers, notamment les pêcheurs informels. « On a sensibilisé, maintenant, il faut être en capacité de surveiller et de sanctionner au besoin, cela nécessite des outils » poursuit le président du parc. C’est là qu’intervient Utunda (préserver en shimaoré), le nouveau navire commandé par le parc marin, et livré en début d’année.

« Bien doté » en équipement, d’une longueur de 12 mètres et d’un faible tirant d’eau, il est conçu pour le lagon. Il peut emporter jusqu’à 12 personnes. Ses moteurs espacés permettent de tracter une embarcation et le rendent manœuvrable même à grande vitesse. De quoi mettre la pression sur les braconniers. « La pression sur le lagon est très forte, déplore Abdou Dalahani, cela met en péril l’avenir de notre territoire ». Selon lui, des signalements au Parc marin se multiplient concernant des pratiques interdites comme le braconnage. « Les gens sont inquiets par le rythme de dégradation de cet environnement depuis une vingtaine d’années ». Il cite notamment la chasse au poulpe, passée d’une pratique artisanale et traditionnelle avec des bâtons en bois à une pêche « industrielle » qui ne rechigne pas à briser le corail pour attraper les animaux. Il y a 10 jours, près de 40 kilos de poulpe ont été saisis dans la passe en S, pourtant interdite de pêche.

Le bateau a été réalisé sur mesure

Le nouveau bateau vient en remplacement d’un plus ancien, hors service depuis plusieurs mois, et permettra de remplir plus de missions en complément d’un semi-rigide toujours en service.
« Utunda vient s’ajouter au semi-rigide Mtsounga, ramenant à deux le nombre de bateaux opérationnels du Parc. Alors que Mtsounga est plus particulièrement dédié aux interventions rapides et aux missions de surveillance et de sensibilisation, Utunda est lui un navire multi-missions. Bâti à Brest, il comporte une plateforme d’observation et une plateforme de plongée, des coffres et des rangements, une table de travail, et il peut accueillir douze personnes » indique le parc. La plate-forme de plongée doit permettre d’emporter des équipes scientifiques à bord, pour des missions d’études de la biodiversité du Parc.

Le navire est aussi conçu pour permettre l’entretien de la quarantaine de bouées réparties dans le lagon et ses passes, et des sentiers de randonnée palmée comme celui d’Acoua.

Y.D.

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