Réforme des retraites : la mobilisation syndicale s’effondre

Les syndicats ont échoué à renouveler le succès de jeudi dernier. Ils revendiquaient alors 2000 manifestants. Ce mardi, ils étaient une soixantaine. En cause, des syndicats divisés qui n'ont su s'accorder sur les prochaines dates de mobilisation.

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Une grosse cinquantaine de manifestants a quitté la place de la République pour bloquer brièvement le rond-point Passot

A l’issue de la grosse manifestation de jeudi dernier, tous les syndicats appelaient à la poursuite du mouvement. Sur le principe, une seule voix. Mais sur la méthode, les dates, l’assemblée générale qui avait succédé au cortège n’a su mettre tout le monde d’accord.

Le SNES par exemple qui prônait la reconduite du mouvement pour le 10 décembre était invisible ce mardi. La CGT Educ’Action et Sud Solidaires étaient là, en petit comité. La FSU de son côté a joué la carte de l’ambiguïté, en appelant à faire grève tout en refusant le rassemblement dans un communiqué sibyllin. « La FSU Mayotte reste solidaire et engagée dans le mouvement national intersyndical et interprofessionnelle contre la réforme des retraites et relaie les appels nationaux pour demain et les  jours à venir. Toutefois les circonstances exceptionnelles récentes ne permettent pas dans l’immédiat d’envisager une action centralisée à Mamoudzou. « 

 « La prochaine manif que je fais, c’est contre les syndicats, c’est du n’importe quoi » s’insurge une manifestante de ce mardi, visiblement remontée. « Le problème c’est que ce jeudi, il y a eu 2000 manifestants, et une assemblée générale où les élus syndicaux n’ont pas été foutus de se mettre d’accord sur une date ».

Coup de vent et crainte sur les salaires

Un slogan qu’on retrouve souvent

Selon les personnes interrogées, les raisons de la baisse de mobilisation varient. Outre les bisbilles entre syndicats, plusieurs facteurs ont affaibli cette date du 10 décembre. D’abord des fonctionnaires ont eu peur de perdre deux jours de salaire. Une loi prévoit en effet qu’en cas de grève vendredi et lundi, les agents publics ne perdent pas deux, mais quatre jours, le samedi et le dimanche étant retenus comme jours de grève. Cette loi n’a quasiment jamais été appliquée, mais des messages qui ont circulé ont alimenté cette crainte.
Ensuite le passage du cyclone a fait craindre des conditions météo défavorables, sans compter que beaucoup d’agents étaient mobilisés dans les établissement scolaires pour accueillir des habitants.

La mobilisation prend donc un coup dans l’aile, mais les prochaines dates sont autant d’occasions pour les syndicats de s’entendre. Pour Quentin Sedes, un des rares représentants syndicaux présents ce mardi, « on est dans la continuité de l’action de jeudi, le mot d’ordre reste le retrait de la retraite par points, donc on continue ».

Y.D.

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