RSMA : une convention pour mieux sécuriser le parcours des jeunes issus de la Mission locale

Les conditions d’une réussite d’un partenariat, ce n’est pas seulement la « signature au bas d’un parchemin », comme l'aurait chanté Brassens, mais bien ce que les acteurs vont en faire au quotidien. Seulement un tiers des jeunes au chômage vont se voir proposer un débouché. Pour garantir sa réussite, un rapprochement est désormais écrit dans le marbre entre le RSMA et la Mission locale.

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Frédéric Jardin évoque ses attentes devant les représentants de la Mission locale

La Mission locale enregistre à ce jour 12.000 jeunes inscrits sur ses fichiers. « Et en cumulant toutes les offres de formation et débouchés, nous n’avons pas plus de 3.700 propositions à disposition des jeunes », rapporte Catherine Dohounzo, directrice de la Mission Locale. Et à lui seul, le RSMA en prend 300, c’est dire si son chef de corps, Frédéric Jardin, était accueilli ce mardi matin pour renouveler la convention qui lie les deux structures.

Sur 600 stagiaires du RSMA, 300 ont été envoyés par la Mission locale en 2018, « c’est un vivier énorme pour nous », explique Frédéric Jardin, qui demande plus, « le jeune qui arrive au RSMA doit avoir préparé son parcours professionnel avec un conseiller en formation pour sécuriser son parcours. Pour cela, il faut l’individualiser, c’est à dire qu’il soit suivi par une même personne à la Mission locale, et que nos éducateurs mutuels se rencontrent chaque mois. Ça va mieux quand on se connaît. C’est notamment l’objet de la convention. »

Frédéric Jardin prend un exemple : « Pour la filière Conducteur de poids-lourd, c’est mieux d’envoyer ceux qui ont déjà le permis véhicule léger, par exemple. Et nous allons avoir des besoins, notamment avec le projet Caribus. »

+11,5% d’inscrits à Pôle emploi au 3ème trimestre

Signatures de renouvellement de convention entre Jean-Claude Baklouti et Halima Bamoudou

La Mission locale s’appuie sur ses 49 conseillers en insertion professionnelle, ce qui rapporté aux 12.000 jeunes, porte à 240 le nombre de jeunes suivis par un seul conseiller… Difficile de personnaliser le parcours ! Mais Halima Bamoudou, la présidente de la Mission Locale nuance, « il y a beaucoup de jeunes inscrits mais qu’on ne voit jamais. »

Une préparation réussie se concrétise par une direction dynamique prise par le jeune ensuite au RSMA, « une dizaine d’entre eux sont devenus volontaires techniciens, d’autres se dirigent vers un approfondissement des formations. »

En matière de rémunération, ils sont 600 à la Mission locale à bénéficier de la Garantie jeunes de 246 euros. Ceux qui intègrent le RSMA percevront 340 euros plus une prime d’activité.

C’était le travail à la chaîne dans la signature des conventions, puisqu’après le RSMA, Pôle emploi renouvelait sa délégation de suivi à la Mission locale : « Nous basculons vers la Mission locale les jeunes de moins de 25 ans les plus éloignés de l’emploi », expliquait Jean-Christophe Baklouti, directeur de Pôle emploi. Ils sont en priorité pris en charge sur le plan de l’insertion sociale pour acquérir de l’autonomie. Pôle emploi reverse dans ce cadre 70.000 euros à la Mission locale pour cette délégation de prise en charge de 300 jeunes.

Jean-Christophe Baklouti en profite pour livrer les derniers chiffres des inscrits à Pôle emploi, « ils ont augmenté de 11,5% au 3ème trimestre 2019, sur un an. » Le « halo » des personnes en âge de travailler mais non inscrits à Pôle emploi se réduit donc, « parce que nous avons ouvert des permanences et que nous avons acquis de la visibilité avec notre nouvelle agence au centre Kinga ».

En outre, en publiant un volume plus important de demandeurs d’emploi formels, la structure pourrait bénéficier de budgets de formation plus importants.

Anne Perzo-Lafond

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