Première feuille de route de la Chambre d’Agriculture de Mayotte

« Voulons nous gagner de l’argent ?! » Le président de la CAPAM souhaite impulser un développement du secteur agricole qui demeure essentiellement vivrier à Mayotte. Un bilan des tournées de territoire était dressé ce mercredi à Coconi.

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Le recensement des exploitations autour de la piste Bandrani-Dzoumogné

« Dzaoudzi Labattoir, une exploitation en maraichage, une en élevage de lapins », « Mtsangamouji, deux polycultures, un pépiniériste »… et ça continue pour chaque commune. Un recensement des exploitations certainement pas exhaustif, mais qui a le mérite d’initier quelque chose, réjouissant quand on s’est heurté à l’atonie de la Chambre d’Agriculture, de la Pêche et de l’Aquaculture (CAPAM), ces dernières années. C’est laboutissement d’une vingtaine de tournées dans les communes, « nous avons rencontré environ 700 agriculteurs », retrace Saïd Anthoumani, président de la Chambre.

L’heure était au bilan ce mercredi à Coconi. Nous avons déjà évoqué dans le JDM avec le président de la CAPAM les problématiques communes, l’accès au foncier avec cessions gratuites des parcelles par l’Etat et le conseil départemental pour y implanter des activités agricoles, le raccordement à des retenues d’eau agricoles, la création de pistes, la lutte contre les voleurs, qu’ils soient à deux ou quatre pattes , ou mise en place d’un carnet de santé de l’exploitation, le CASA, Carnet d’Analyse, de Suivi et d’Accompagnement. Tout cela fera l’objet d’une Proposition d’un Plan de Reconquête de l’Espace Rural.

Mais il fallait aussi répertorier les spécificités de chaque zone de l’île, comme nous le rapporte Saïd Anthoumani : « On ne peut pas envisager le même plan de développement au nord qu’au sud, montagneux, où la mécanisation est difficile. A Bouéni, il n’est pas nécessaire de créer des pistes par exemple, celles qui existent suffisent pour les engins agricoles. »

Pas encore d’ingénieur agronome

Moderniser pour attirer

Surtout, le président de la CAPAM souhaite que le secteur agricole se donne une ligne directrice, « voulons-nous produire pour se nourrir ou pour faire de l’argent et gagner sa vie ? Les agriculteurs sont des personnes âgées qui utilisent des méthodes ancestrales, qui ne permettent aucun développement. Il faut donc se demander comment attirer les jeunes qui sont réticents à se lancer. » Et il a une réponse à sa question, « il faut se former. Il faut tirer un premier bilan de l’activité du lycée agricole, car il n’a jamais permis de se doter d’ingénieur. » Le niveau scolaire y est certainement pour beaucoup, il faudra nécessairement communiquer aussi dans les filières générales pour décrocher des futurs hauts diplômés. « Nous devons aussi proposer la vision d’une agriculture moderne pour attirer les jeunes. »

Plusieurs rencontres sont programmées dans son agenda : « Ce jeudi après-midi, je rencontre les syndicats pour qu’on mène un front commun sur plusieurs dossiers. Dont l’autorisation d’implanter son local d’habitation à proximité des cultures, pour empêcher les vols. Pour l’instant, nous n’avons droit qu’à 20m2, c’est insuffisant. Et une indemnisation pour les dégâts causés par les makis ou les voleurs. »

Ils se rendront ensuite à la Direction de l’agriculture pour porter leurs demandes, notamment les propositions de Projets Alimentaires Territoriaux (PAT) prenant en compte l’approvisionnement des futures cuisines centrales et (AAP Programme National pour l’Alimentation avent le 25/11/19) en lien avec les 3 GAL du programme européen LEADER.

Ils ont également sollicité un rendez-vous avec le président Macron lors de sa visite à Mayotte pour lui remettre une synthèse de leurs projections.

Anne Perzo-Lafond

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