Renforcement des cyclones, mort des coraux… le GIEC souligne les risques dans notre zone

« Pour endiguer la montée des eaux, il faudrait construire des protections à condition d'investir des centaines de milliards de dollars par an ». On ne parle pas de Mayotte là, mais bien des risques qui pèsent sur la planète, recensés dans le dernier rapport du GIEC. La ministre Elisabeth Borne appelle entre autre, à protéger coraux et mangroves. On apprend que le fonds Barnier existe pour pallier notamment les submersions marines. Il faut le réclamer pour Mayotte.

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Un arbre tombé sur un parking à Mamoudzou lors du passage du cyclone Kenneth en avril dernier

L’accord de Paris de 2015 avait scellé l’engagement des pays du globe à limiter les émissions de gaz à effet de serre, afin de contenir le réchauffement à +2°C par rapport à l’ère préindustrielle.

Ce mercredi, le groupe d’experts climat de l’ONU (GIEC) a rendu un inquiétant rapport sur le réchauffement climatique, dénonçant des impacts déjà « irréversibles ».
Consacré aux mers et aux glaces, il prévoit que les zones gelées vont fondre, répandant les océans à grande vitesse, menaçant des pans entiers de l’Humanité et détaille une longue liste d’impacts dévastateurs, à commencer par la montée des eaux.

Les mangroves sous haute protection

Si le niveau des mers a augmenté 2,5 fois plus vite au début du XXIème siècle qu’au XXème, il va continuer à s’accroître principalement en raison du rétrécissement des calottes glaciaires, selon le rapport. Le niveau des océans devrait augmenter de 43 centimètres environ d’ici 2100 si on parvient à contenir le réchauffement à +2°C, mais de 84 cm en cas de +3°C ou + 4°C. Et pourrait atteindre 1,10 mètre à la fin du siècle si rien n’est fait. On pense évidemment à l’aggravation du phénomène chez nous, en raison de la subsidence, de l’enfoncement, de l’île, provoquée par la naissance du volcan.

Nos régions tropicales seraient particulièrement touchées, avec des phénomènes El Niño accentués, renforçant la violence des cyclones, sans en accentuer la fréquence, la mortalité des récifs coralliens, et incitant les poissons à migrer vers des zones plus tempérées. Diminuant ainsi les capacités de pêche.

100% des récifs coralliens annoncés comme protégés en 2025

“Je refuse le fatalisme”, réagit la ministre Elisabeth Borne en livrant des mesures notamment pour l’outre-mer

On constat qui a de quoi rendre défaitiste. « Je refuse le fatalisme », en réaction, la ministre de la transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne, appelle à intensifier les actions en cours. Ça commence par la nécessité que tous les Etats membres de l’Union européenne « s’engagent dans la neutralité carbone au milieu de ce siècle et réduisent de 55 % ses émissions en 2030 », et par la protection d’écosystème de nos zones tropicales, « ces écosystèmes ce sont notamment les récifs coralliens, les mangroves, et les herbiers dont nous devons garantir la résilience, notamment dans nos territoires ultra-marins. 100 % des récifs coralliens et français seront protégés d’ici 2025, comme 75 % de nos mangroves. »

La ministre évoque ensuite le coût des dérèglements climatiques, « près de 3 milliards d’euros en 2017 et près de 2 milliards en 2018, en France. D’ici 2050, ces montants seront multipliés par deux. »

Pour « rendre les territoires plus résilients », trois leviers : Développer une culture du risque en outre-mer, qui bénéficient d’un projet sur les risques majeurs, Aider financièrement les collectivités touchées « depuis 2003, le Fonds Barnier a contribué à hauteur de 800 M€ au financement de projets de prévention des risques d’inondation et de submersion dans 185 territoires », En travaillant enfin sur les aléas littoraux qui deviennent de plus en plus marqués avec notamment l’érosion du trait de côte. « Avec plus de 20 000 km de linéaires de côtes et de nombreux systèmes insulaires, la France est particulièrement concernée et pourtant insuffisamment préparée ».

Parce que tous les pays doivent s’y mettre, « l’Océan devrait être une des priorités de la prochaine COP25 sur le climat. Un des enjeux serait que les contributions nationales puissent intégrer des actions liées au maritime. »
A.P-L.

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