Constructions scolaires, attractivité… Une « rencontre constructive » entre le vice-recteur et la CGT Educ’action

Après la rentrée en mode ministériel, avec le passage d’Annick Girardin, Gilles Halbout enchaine les rencontres. C’était le tour mercredi de la CGT Educ’action, qui a dressé un point sur les dossiers en tension et les engagements pris par le vice-rectorat.

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Annick Girardin avait été interpellée sur le non renouvellement de contrat en congé maternité au collège de Kwalé

Le calendrier des constructions scolaires a fait l’objet d’un premier point fourni. On se souvient qu’il avait été présenté par les services de l’Etat, notamment le préfet Dominique Sorain, lors d’une grande réunion intégrant les représentants des communes. La CGT Educ’action détaille les réalisations à venir, en dehors de l’ouverture reportée du collège de Bouéni. Rien avant 2021, déplore le syndicat, avec le lycée de Longoni, et en parallèle la rénovation du LP de Dzoumogné afin d’agrandir le collège voisin. Ensuite vient le lycée de « Mamoudzou Sud » à Kwalé, puis la rénovation du collège de Mtsangamouji, où sera également construit un lycée, le lycée du Nord redevenant alors un collège, puis la construction d’un nouveau lycée à Chirongui à l’horizon 2023/2024. D’autres constructions et rénovations sont prévues ultérieurement.

Rien de nouveau avant 2021 donc dans le second degré, la préfecture avait déjà mis en avant une nécessaire mise en place d’une mission d’assistance à maitrise d’ouvrage diligentée par l’Etat. La DEAL était d’ailleurs fortement attendue sur ce sujet d’apport d’ingénierie. Qui concerne aussi les entreprises, comme nous l’avait précisé Annick Girardin, car, comme le rapporte la CGT Educ’action, « pour le Vice-Recteur la principale difficulté se trouve dans la capacité des entreprises à livrer les chantiers (…) il est indispensable de renforcer la cellule construction du vice-rectorat en lien avec la plateforme d’ingénierie annoncé lors de la présentation du plan de rattrapage ». En déplorant que ce retard impacte les conditions de travail et d’enseignement, victimes du gigantisme des établissement et de la chaleur régnant dans les classes.

Dans les mains de la justice

L’évolution de la population scolaire depuis 1979 à Mayotte (Source: l’Education en chiffres, VR)

Avec le label de plus gros employeur de l’île, environ 6.400 personnels travaillent pour l’Education nationale à Mayotte, il était aussi question de budget. Rapporté au nombre d’élèves, les 500 millions d’euros annuels du vice-rectorat, se traduisent par moins de 5.000 par an et par élève, « contre 8.500 partout ailleurs en France, et alors même que l’ensemble du département est censé être classé en éducation prioritaire. Dans ces conditions, comment parler de plan de rattrapage ? », interpelle le sundicat. Des chiffres non contredits, mais Gilles Halbout évoquait une sous-consommation des crédits déjà accordés, pour les raisons évoquées plus haut. Le syndicat appelle toutefois à se doter de moyens supplémentaires pour « créer des postes de personnels techniques, administratifs, et d’éducation. La CGT Educ’action continue donc de revendiquer un choc d’investissement public dans l’éducation à Mayotte. »

La part décroissante de titulaires liée au manque d’attractivité du territoire fut encore une fois un sujet central. « Une question prioritaire pour le vice-recteur qui souhaite de nouvelles mesures », mais qui dépasse son niveau de décision, puisque le ministère est en cause, pointe le syndicat, notamment sur des engagements non tenus, comme le remboursement partiel du loyer, qui se pratique pour des agents d’autres ministères, « C’est le contentieux qui tranchera ! » La revalorisation d’autres indemnités, notamment l’Indemnité de Sujétion Géographique, est toujours demandée, ainsi que le passage en REP+, réseau d’éducation prioritaire, pour tous les lycées.

Pénalisées en congé maternité

Quentin Sedes, de la CGT EducAction

Quant aux contractuels, le débat fut « animé », selon le syndicat, notamment sur le sujet des congés maternité. Le non renouvellement des contrats pendant cette période, avait « étonné » Annick Girardin et Gilles Halbout, qui avaient indiqué de concert « découvrir le sujet », lors de leur visite du collège de Kwalé. Les enseignantes en congé maternité doivent « attendre plusieurs mois avant d’obtenir le versement par la Caisse de Sécurité Sociale de Mayotte des indemnités journalières, puis à la fin du congé à nouveau des mois pour obtenir le complément de salaire du vice-rectorat ». Et elles doivent également « être renouvelées sur l’affectation qui était la leur si cela est possible ».

Gilles Halbout s’est engagé sur plusieurs points, rapporte le syndicat, « une prise de contact avec la CSSM afin que le versement des indemnités journalières soit accéléré, envisager la mise en place du maintien complet du salaire dès le début du congé maternité, avec le passage en rectorat, la garantie d’affectation sur le poste occupé au retour du congé si cela est possible, c’est-à-dire si le poste n’a pas été pourvu par un agent titulaire, l’établissement au retour d’un contrat complet jusqu’à la veille du début de l’année scolaire suivante. » Des engagements qui « vont dans le bon sens », au sein d’un échange « constructif ».
En matière de difficulté d’affectation des contractuels, le vice-recteur se dit favorable à « un cadrage écrit ». Et s’est par ailleurs engagé sur l’envoi des attestations de fin de contrat pour l’inscription à Pôle emploi, sur lequel le vice rectorat était défaillant.

Un groupe de travail doit se monter, pour étudier plusieurs dossiers, comme le régime complémentaire de retraite (IRCANTEC) ou la progression indiciaire des contractuels.

Reclassement des professeurs des écoles stagiaires, paiement des heures supplémentaires au collège de Dembéni, ou exercice des droits syndicaux sans pression, ont également été abordés.

Anne Perzo-Lafond

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