Carrière de Kangani : Vinci promet de préserver les emplois

Au lendemain d'une matinée de mobilisation des employés d'IBS, le tribunal administratif se penchait sur le souhait de Vinci de voir l'entreprise de Théophane Narayanin expulsée de la carrière de Kangani. La décision sera rendue sous quinzaine.

3
1418
Théophane Narayanin au centre de la salle d'audience du tribunal administratif le 7 août

Deux heures d’audience, des passes d’arme vigoureuses entre les avocats d’IBS et de Vinci et autant de questions que de réponses. A la fin, une intervention enflammée de Théophane Narayanin, dit Guito, selon qui “ça va finir dans la violence et dans le sang” si la justice ne désigne pas un médiateur.
C’est dire le peu de volonté de trouver un accord amiable qui transparaissait au fil de cette audience du tribunal administratif.

D’un côté, Me François Balique pour Vinci Construction, affirme la volonté de la multinationale de préserver l’emploi des salariés d’IBS et même de “recruter”. “Le personnel n’a pas de souci à se faire” promet-il. Du moins, le personnel affecté à l’exploitation de la carrière, soit une cinquantaine d’employés. Les autres, qui sont sur l’activité de concassage et de transformation en blocs de ciment, pourraient continuer ailleurs pour IBS, selon l’avocat.

Médiation ou expulsion manu militari ?

Guito brandit le risque de violences en l’absence de médiation dans ce dossier

En face, Guito, pour qui les trois activités forment “un tout”. Lui, souhaite une médiation du préfet. D’autant que selon lui, l’exploitation de la carrière, propriété de Vinci depuis 2015, lui permet de “payer les salaires des 300 employés”. Ce qui pose une autre question : selon Vinci, IBS n’a plus le droit d’exploiter la carrière depuis 2012 et un courrier du préfet en ce sens. ” Ce courrier, personne ne sait d’où il vient “, réplique Guito. “Ben, si, lui répond posément le président de l ‘audience, il vient du préfet… ” Ce courrier viendrait rendre caduc un arrêté de 1996 qui donnait le droit à IBS d’exploiter la carrière de Kangani. Pour l’avocat de Vinci, “on parle d’une activité qui n’existe plus depuis 6 ans”. Il dénonce une “désinformation” notamment à l’endroit des salariés.

“Les éléments plaident pour un règlement négocié sous l’égide du préfet” expose l’avocat d’IBS, Me Toinette.
Cela tombe bien, le représentant de l’Etat à Mayotte doit rencontrer tous les acteurs de ce dossier ce jeudi après-midi. Avec l’espoir partagé que le nouveau préfet soit une nouvelle base pour régler ce conflit vieux de plus de 10 ans.

Y.D.

3 Commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here