Démantèlement d’un réseau international d’immigration congolaise  

Le procureur Camille Miansoni vient d’annoncer devant les médias la fin d’un réseau qui assurait le déplacement de ressortissants de République démocratique du Congo jusqu’à Mayotte, et ce, depuis octobre 2017.

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Camille Miansoni :"Des moyens importants ont été mis en œuvre pour que l'enquête soit menée au plus vite "

Avant de dresser le tableau de l’organisation de la filière, le procureur tenait à donner une petite leçon d’histoire et de géographie, histoire aussi de sourire un peu face aux stupides allégations sur les réseaux sociaux, lui prêtant un intérêt d’arrivée d’une population d’un pays dont il n’est pas originaire. « Il faut différencier la RDC, ex-Zaïre, dont la capitale est Kinshasa, actuellement République démocratique du Congo, du Congo-Brazaville du nom de sa capitale, capitale de la France libre. C’est depuis Brazzaville que de Gaulle a signé la première ordonnance Instituant la France libre le 27 octobre 1940. »

Nous pourrions poursuivre en rapportant l’explication de Camille Miansoni sur l’aide apportée au général par le Guyanais Felix Eboué, mais revenons à l’enquête confiée en octobre 2018 au GELIC, en charge de la lutte contre l’immigration clandestine à Mayotte. En fonction des éléments en leur possession, ils ont été convaincus de l’existence d’une filière facilitant l’arrivée de congolais de RDC.

Mayotte comme tête de pont

« Une information judiciaire a été ouverte, menant à l’interpellation de 5 têtes de réseau : 4 en métropole, dont 3 à Lyon, un à Strasbourg, le cinquième était à Mayotte ». Ils sont tous originaires de RDC. « Les deux qui étaient en région lyonnaise ont été ramenés à Mayotte ce jeudi, ils ont été mis en examen, et dorment à Majicavo ce soir. Celui qui était à Mayotte a également été mis en examen, et placé sous contrôle judicaire. » Il reste donc deux hommes en métropole, « un mandat d’amener a été délivré contre l’un d’entre eux, l’autre est en garde à vue. »

Les ressortissants de RDC venaient à Madagascar et à Moroni (Grande Comore) en avion, puis prenaient le kwassa pour Mayotte, « qui n’était qu’un point de passage pour aller ensuite en métropole ». « Nous ne savons pas combien de personnes sont passées par ce biais, mais le système avait été activé en octobre 2017 ».

Une fois à Mayotte, ils faisaient une demande d’asile. Et c’est la que ça devient complexe. Car c’est alors à l’Office Français des Réfugiés et apatrides (OFPRA) de statuer sur leur cas. Et si toute la RDC n’est pas plongée dans le chaos, sa partie Est reste très instable. Cela tombe sous le sens, mais cela va mieux en le disant, tous les ressortissants congolais vivant à Mayotte ne sont évidemment pas concernés par cette filière…

Quant à l’aspect financier de l’organisation, « il est encore trop tôt pour savoir si ils se sont enrichis et dans quelle proportion », conclut le procureur.

Anne Perzo-Lafond

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