Ordonnance d’Hippocrate pour les économies d’énergie à l’Hôpital

La hausse de notre consommation électrique a diminué de moitié depuis 2015. Il faut y voir notamment la résultante de la politique d’économie d’énergie mise en place. Pas le choix si nous voulons éviter de multiplier les extensions de l’usine EDM de Longoni, une solution coûteuse en terme de budget et d’environnement.

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Issa Abdou, Fady Ajjar, Catherine Barbezieux et Sophie Olivier

Le Centre Hospitalier de Mayotte (CHM) et Electricité de Mayotte (EDM) viennent de signer une convention de partenariat pour réduire leurs factures mutuelles. Car il ne s’agit pas seulement des 2.700 agents du CHM, EDM aussi doit contenir sa production d’électricité, comme le justifiait Fady Ajjar, Directeur général d’EDM : « L’électricité à Mayotte coûte cher. Nous sommes la seule entreprise à pousser ses clients à ne pas consommer ! » Car si les clients bénéficient de tarifs beaucoup plus avantageux depuis 2007, c’est grâce à la péréquation tarifaire nationale.

Et si EDM a mis en service une première extension Longoni 2 en 2015, son directeur tente de repousser la prochaine échéance en avançant des raisons écologiques : « Il faut limiter les investissements dans les énergies fossiles que sont les extensions de Longoni ».

Il faut dire qu’en 2015, le directeur de l’époque, Yacine Chouabia, projetait un « doublement de la consommation d’électricité d’ici 2025 », en se basant sur un rythme annuel de 8%. Or, il a été réduit de moitié, mentionne Fady Ajjar, « nous sommes sur une croissance moyenne de 4% en 2017-2018 ».

L’hôpital économise ses énergies

Un des services du CHM: L’unité de fabrication de nutrition parentérale

Une chute du rythme de croissance paradoxale alors que la population augmente chaque année (et même de manière folle à écouter certains adeptes du complot !) : « Le rythme d’équipement des ménages est moins rapide que prévu, nous sommes encore loin du niveau de vie de La Réunion. Les crises sociales donnent un coup de frein également, et enfin, ceux qui s’équipent vont vers du matériel performant. J’en veux pour preuve les communes qui se dotent d’éclairage public photovoltaïque. »

C’est donc avec entrain que l’opérateur signait ce jeudi une convention avec son 2ème plus gros client à Mayotte, « le premier étant la SMAE », en présence du président du conseil de surveillance, Issa Issa Abdou et de la présidente de la Commission Médicale d’Établissement, Sophie Olivier. Dans le cadre des extensions du CHM, il s’agit de proposer un appui logistique et technique, « mais aussi financier en accord avec la Commission de régulation d’Energie, pour des investissement en économie d’énergie, comme lors de remplacement des clims, par exemple. »

Pour Catherine Barbezieux, directrice du CHM, il s’agit d’une suite logique des premières réflexions menées sur le développement durable dans l’établissement : « Nous travaillons sur un plan de déplacement d’entreprise pour nos agents, avec co-voiturage et transports en commun. Et dans l’optimisation de consommation des ressource comme l’eau et l’électricité, nous allons sensibiliser les agents, et nouer un partenariat dans l’esprit d’Hippocrate, ‘il faut préserver avant de soigner’ ».

Mayotte bloquée à 5% d’autonomie énergétique

Catherine Barbezieux évoquait les travaux à venir

C’est la 3ème convention signée par EDM avec ses gros clients, après le Vice-rectorat et la SIM, « nous espérons l’étendre aux collectivités locales ». Un appel du pied en direction de, Issa Issa Abdou, également vice-président du Département. Celui-ci saisissait la balle au bond pour émettre l’idée « d’intégrer au cahier des charge des nouvelles constructions du Département, des équipements économes en énergie ».

En écho, Catherine Barbezieux évoquait ses travaux en cours, « des bâtiments pour les consultations externes, comme demandé dans la Plan Mayotte, qui respecteront le label économe en énergie. »

Fady Ajjar veut aller plus loin, et c’est la réglementation qui l’y incite : « Le rythme national imprimé pour la transition énergétique prévoit que Mayotte soit en autonomie d’ici 2030. Or, nous sommes très loin, toujours à 5% ! Nous travaillons donc à faciliter l’arrivée de fournisseur d’énergie renouvelable, que ce soit dans le photovoltaïque, ou la biomasse, ou encore l’énergie thermique des mers. »

Anne Perzo-Lafond
Lejournaldemayotte.com

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