Opération sensibilisation avec l'ONF

Les espèces invasives menacent les derniers pans de forêt primaire. L'ONF a mené un groupe de visiteurs pour faire découvrir des techniques de préservation du massif forestier.

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A droite, Jeannette Lartigue présente les enjeux de la forêt mahoraise

Samedi, un groupe d’adhérents à la MGEN a participé à une demi-journée de sensibilisation financée par leur assureur à Tsararano avec l’Office national des forêts.
Il s’agissait pour la trentaine de participants, essentiellement des enseignants et leur famille, de découvrir des techniques de préservation forestière quelques mois avant une opération plus vaste de reboisement.

“A Mayotte il ne reste que 5% de milieu forestier naturel” explique Jeannette Lartigue, nouvelle directrice de l’ONF Mayotte qui rappelle l’importance de ce couvert forestier “pour la ressource en eau”.
Une des menaces qui plane sur les forêts mahoraises, outre l’action directe de l’homme, ce sont les espèces invasives. Des arbres importés, comme le bambou ou le tulipier du Gabon qui atteint la taille d’un manguier en seulement 10 à 15 ans. L’acacia est aussi problématique. Importé pour lutter contre les padzas, il remplace peu à peu des essences locales.

Un échafaudage pour sécher les lianes invasives

Il y a aussi les lianes, comme la Vahibé, utilisée en herboristerie traditionnelle. Celles-ci recouvrent à grande vitesse les massifs et provoquent des effondrements d’arbres à des altitudes de plus en plus élevées, menaçant ainsi les crêtes où se situent les derniers pans de forêt primaire.
Avec des agents spécialisés, le groupe a ainsi découvert comment couper ces lianes en évitant qu’elles ne reprennent racine, ou comment choquer les acacias pour les tuer sans coupe brutale.
Pour les premières, Samuel, agent spécialisé et passionné montre avec ses hommes comment dresser un échafaudage en branches pour sécher les lianes coupées. Une fois sèches, elles tombent et pourrissent pour faire de l’humus. Plus sain que les produits chimiques et plus durable que le feu. “On essaye de respecter la logique de la nature en recherchant des méthodes qui la préservent” explique-t-il.
Cette journée de sensibilisation qui s’est déroulée sur un demi hectare de la forêt domaniale de Voundzé devait aussi préparer à une étape de plus grande ampleur, le reboisement de plusieurs hectares à Combani. Ce sera en novembre prochain.
Y.D.