Conseil économique : Guerre de clochers entre les représentants du monde agricole

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Assemblée du CESEM
Assemblée du CESEM

En raison d’un délai tardif de parution des directives nationales de renouvellement des CESE ultramarins, ils sont en stand by jusqu’à mi-février, le temps que les organismes aient désignés leurs nouveaux membres, qui devront être validés par un arrêté du préfet.

Celui de Mayotte consultait jusqu’au 31 janvier les organisations pour la désignation de leurs représentants au Conseil Economique et social de Mayotte (CESEM). Assemblée qui peut être saisie par le conseil départemental pour avis sur les rapports régissant la vie du département, ses membres doivent donc être des cadres compétents dans les domaines représentés que sont la vie économique et le dialogue social, la cohésion sociale et territoriale et la vie associative, la protection de la nature et de l’environnement.

A Mayotte, 32 membres étaient à désigner. Et le sont encore si l’on en croit les péripéties qui nous remontent des constitutions de listes. Outre que toutes les organisations n’ont pas encore déposé, on s’étripe dans le secteur agricole.

Annulation de la désignation

Laini Mogne-Mali
Laini Mogne-Mali a obtenu l’annulation de la désignation

Jusqu’à présent, c’est Dani Salim pour la CAPAM*-Confédération paysanne, et Laïni Mogné Mali, pour la FDSEAM, qui siégeaient. Et se préparaient de nouveau à cette configuration, si certains n’avaient voulu écarter l’agricultrice au sein de sa propre organisation : « J’ai donc soutenu Dani Salim, mais il n’y a pas eu réciprocité. J’ai essayé de l’appeler, il ne décroche plus. Au lieu de cela, je soupçonne mon secrétaire général de la FDSEAM d’avoir désigné Mohamed Antoine, de la Confédération paysanne représentant la FDSEAM, et d’avoir signé à ma place. Or, il n’avait pas la délégation de signature », explique Laïni Mogné-Mali.

Un pataquès que l’agricultrice est allée rapporter en préfecture, « et le préfet a annulé la nomination de Mohamed Antoine », rapporte-t-elle. Pour dénouer le blocage, ce serait au préfet une nouvelle fois de trancher dans les règlements de compte internes, « ou alors, nous revotons en bureau, au risque pour moi d’affronter d’autres candidats, mais après tout, que le meilleur gagne ! »

Réforme en cours

Et gagner, c’est surtout ça qui est en jeu, avec une rémunération qui va désormais avoisiner les 700 euros par mois pour un simple membre, soumis à un acte de présence aux assemblées. Ils sont nommés pour 5 ans et ne peuvent faire plus de deux mandats.

Attention à ne pas faire trop de vagues, cela pourrait donner des idées au président de la République, Emmanuel Macron ayant annoncé sa volonté de réduire de « quasi la moitié » le nombre des membres du CESE national dans son idée de le réformer pour en faire la « chambre du futur »…

A ce sujet, le président du Conseil économique de Mayotte, Abdou Dahalani, a assisté à l’Assemblée plénière des présidents de CESER de France au Palais d’Iéna le 13 décembre 2017, où des échanges ont eu lieu avec Patrick Bernasconi, président du CESE national. Il a notamment été question du rapprochement entre le CESE national et des régionaux, pour que soit mieux prise en compte la dimension territoriale dans les travaux menés par le CESE. Une sorte de connexion au terrain. La question de rendre pour parie obligatoire la prise en compte des avis des CESER ou du CESE par l’exécutif sera également examiné dans la future réforme.

Anne Perzo-Lafond
Lejournaldemayotte.com

*CAPAM : Chambre d’Agriculture, de la Pêche et de l’Aquaculture de Mayotte – FDSEAM : Fédération départementale des syndicats d’Exploitants agricoles de Mayotte

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