Les marines kényane et françaises en manoeuvre à Mayotte

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Les officiers kényans accueillis lors des portes ouvertes de la Légion Etrangère.
Les officiers kényans accueillis lors des portes ouvertes de la Légion Etrangère.
Les officiers kényans accueillis lors des portes ouvertes de la Légion Etrangère.

Le signal radar indique un appareil en approche. L’opérateur avertit son officier. A bord du patrouilleur kényan, croisant au large de Mayotte, l’alerte est donnée : un avion approche à grande vitesse et semble attaquer le vaisseau. Sauf que l’avion, un Falcon 50 de l’armée de l’air française n’est pas armé, et que le scénario était prévu à l’avance. L’exercice conjoint n’est que l’un des diverses manœuvres organisées ce dimanche entre la Marine kényane et l’armée française.
Depuis jeudi en effet, un patrouilleur kényan était en visite à Mayotte. Une première depuis 2014. “On est venus s’entraîner pendant trois jours avec notre navire de patrouille” explique un des marins kényans, qui ont repris la mer ce dimanche.

S’il est toujours intéressant pour des militaires de s’entraîner avec un pays allié, cette visite revêtait aussi un profond intérêt diplomatique pour Paris.

“Le Kénya est le seul pays d’Afrique de l’Est à avoir une marine capable de se projeter, explique le capitaine de frégate Yves Jourdan, affecté à la base navale à Mayotte. Or, pour venir à Mayotte, il leur faut une autorisation qu’ils demandent aux autorités françaises.”

“Excellentes relations avec le Kenya”

En clair, pour venir patrouiller et manœuvrer près des côtes mahoraises, et a fortiori, y jeter l’ancre, la démarche diplomatique implique une reconnaissance de Mayotte comme étant un territoire français. Une question qui ne fait pas l’objet d’ambiguïté de la part de Nairobi, mais qui reste une préoccupation de la base navale. Les marins français sont fréquemment amenés à repousser des navires venus par exemple pêcher près de nos côtes avec… une autorisation des autorités comoriennes.
Mais la France entretient “d’excellentes relations avec le Kenya” complète l’officier français qui précise l’intérêt de la venue de ce navire. “Leurs patrouilleurs de haute mer assurent la formation pratique des élèves officiers. Moi, je me souviens de chaque escale que j’ai faite sur la Jeanne d’Arc. Cette promotion kényane se souviendra toute sa vie de son escale en France, et donc que Mayotte, c’est la France.”

L’attaque simulée du Falcon français sur le vaisseau kényan devait permettre aux marins de “tester les radars, et entraîner tout le bateau”. Venu de métropole, l’avion doit désormais revenir à ses missions de surveillance des côtes, lutte contre l’immigration clandestine et contre la pêche illégale, de Mayotte aux Îles Eparses. Si la présence de ce jet sur l’aéroport n’est pas habituelle, ce renfort aérien n’est pas rare pour autant, sans pour autant être permanent. “On ne prévient pas quand il arrive ou quand il repart” nous précise-t-on.

Y.D.

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