27.9 C
Dzaoudzi
mardi 7 décembre 2021
AccueilFaits diversLa Kwalé devient à nouveau une zone dangereuse

La Kwalé devient à nouveau une zone dangereuse

Dispositif policier allégé en fin de matinée à Tsoundzou. Les forces de l'ordre restent tout de même positionnées autour du pont de la kwalé
Un véhicule de police à proximité du pont de la Kwalé (Archives)

Nous relations hier le nouvel acte de moto jacking survenu jeudi dernier à la Kwalé, un fait divers qui met en lumière la pente dangereuse sur laquelle glisse à nouveau le quartier. Peu à peu, il semble renouer avec les pires moments qu’il a connu ces dernières années. L’ensemble de logements SIM s’était vidé de ses habitants. Plus personne ne voulait vivre dans un endroit à l’origine agréable, à proximité de la rivière, mais devenu cauchemardesque pour cause d’insécurité.

Face à la crise, la SIM avait «résidentialisé» le quartier pour tenter de mettre un terme aux cambriolages et aux agressions. Une clôture et un éclairage a été installés pour sécuriser l’endroit. Et de fait, dans un premier temps, cette politique a porté ses fruits. La SIM a trouvé de nouveaux locataires à tel point qu’une liste d’attente a même été créée pour faire face aux demandes, liées à la proximité du nouveau collège. Mais depuis quelques mois, les actes de délinquance minent à nouveau la zone.
C’est ainsi que jeudi dernier, un homme a donc été victime d’un moto jacking à la mi-journée alors qu’il rentrait chez lui pour déjeuner.

Un trio bien organisé

Sur le chemin qui mène au quartier, il s’arrête sur son scooter pour discuter avec quelqu’un qu’il connait. «Je n’ai rien vu venir. L’individu est arrivé par derrière et il a coupé le moteur et a pris les clés», nous raconte la victime. «Il avait un gros bâton, une sorte de matraque». «Descend», lui dit-il alors. Il répètera son ordre plusieurs fois.

Car sur le deux-roues, la victime n’a pas du tout l’intention de lâcher son scooter. Il est quasiment neuf et c’est un bel engin qui a une certaine valeur.
«Mon ami a parlé avec lui en comorien. J’ai essayé de lui dire que je pouvais lui donner de l’argent», explique la victime, mais rien n’y fait. «Il n’arrêtait pas dire ‘descend’». Alors que le malfrat lui donne alors un petit coup sur le casque, deux autres individus surgissent de la brousse. L’un d’eux est armé d’une grosse pierre qu’il menace de lui jeter dessus.

.
Une interpellation puis une expulsion avant un jugement: de quoi décontenancer les victimes

Le scootériste essaie de gagner du temps, espérant qu’une voiture arrive pour mettre les jeunes en fuite. Mais elle ne viendra jamais et l’homme est contraint de laisser son scooter puis son casque.

Un lacrymogène sur le deux-roues

La victime tentera d’empêcher le voleur de partir avec le deux-roues, en vain. «Je me suis accroché au scooter pour essayer de le faire tomber. Il a fait deux embardées mais il a réussi à partir. L’autre jeune a lancé la pierre. Je l’ai vu arrivée et j’ai réussi à l’esquiver.» Le voleur du deux-roues s’enfuie tandis que les deux complices repartent tranquillement vers Tsoundzou 1.

Face à l’agression, le sentiment de la victime en dit long sur l’état d’esprit qui règne sur les routes de Mayotte. «Je m’en veux de ne pas avoir fait ce qu’il fallait pour ne pas que ça arrive. Je circule toujours avec un lacrymogène à portée de main. Mais ce jour-là, je l’avais laissé dans le coffre du scooter», nous confie-t-il. Car dans le quartier, on enregistre déjà trois ou quatre vols de deux-roues garés devant les cases et un autre cas de moto jacking il y a quelques semaines…

Une commande depuis Anjouan

Mais cette fois-là, la victime a eu le temps de voir ses agresseurs. L’homme a fourni une description précise à la police et il a également alerté ses connaissances. Le porteur de la pierre a ainsi été identifié, interpellé et le scénario de ce vol a pu être reconstitué : il s’agirait d’un acte patiemment prémédité pour répondre à une commande de scooter faite depuis Anjouan. «Ils sont passés à l’acte le jeudi mais ils me surveillaient depuis le lundi. Je pense qu’ils avaient l’intention de venir chez moi pour me cambrioler», relate le scootériste.

Malgré l’interpellation d’un des membres du trio, la victime est un peu désabusé. Car le jeune homme sera bien jugé au mois de février prochain. Mais il a été expulsé. Concrètement, cela signifie qu’il peut couler des jours paisibles à Anjouan. Quant au jugement du tribunal de Mayotte, il ne sera applicable que lorsqu’il lui sera notifié… S’il revient à Mayotte et s’il se fait interpeler de nouveau… Pas sûr que cela lui serve réellement de leçon et lui passe l’envie de recommencer.

Une insécurité causée par le manque d’aménagements

A Kwalé, l’interpellation n’a pas vraiment changé l’état d’esprit des habitants, contraints de vivre dans un climat d’insécurité largement créé par les lourds problèmes de voierie de la zone. Pour accéder aux cases, il faut en effet emprunter le chemin défoncé que les relient à la nationale.

La SIM, la mairie et l’Etat se renvoient la balle pour savoir qui doit faire en sorte que les contribuables puissent à nouveau rouler à allure normale et ne se mettent plus en danger sur cette portion de route. A l’heure de la vidéo-protection et d’une politique volontariste de lutte contre la délinquance, il existe donc des zones, ici comme ailleurs, où des aménagements relativement simples pourraient en partie résoudre bien des problèmes.

RR
www.jdm2021.alter6.com

1 COMMENTAIRE

  1. 457246 326957Thank you, Ive recently been looking for information about this topic for ages and yours could be the greatest Ive discovered out so far. But, what in regards to the bottom line? Are you confident concerning the supply? 463487

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

RESTONS EN CONTACT

Inscrivez-vous à la lettre d'information du JDM afin de garder en oeil sur l'actualité mahoraise

L'actualité

Covid : à la veille du brassage des vacances, l’ARS incite...

0
Au cours de la semaine du 28 novembre au 4 décembre, 73 cas de COVID-19 confirmés ont été identifiés parmi les patients domiciliés à...
+26
°
C
+27°
+24°
Mamoudzou
Samedi, 04
Dimanche
+25° +24°
Lundi
+25° +24°
Mardi
+25° +24°
Mercredi
+25° +24°
Jeudi
+25° +24°
Vendredi
+25° +24°
Prévisions sur 7 jours

A Mamoudzou, un premier contrat local de santé pour rapprocher la santé préventive des...

0
Fini le chacun-pour-soi, vive la co-construction ; la prévention à la santé, à l'alimentation, la lutte contre les gîtes larvaires ou les rongeurs, la contraception et la lutte contre les addictions, sont autant de sujets relevant des communes, de l'ARS ou du Département. Avec le contrat local de Santé, Mamoudzou met les trois acteurs autour d'une même table pour gagner en efficacité dans la santé préventive. D'autres communes suivent le même chemin.

Évolution des prestations sociales : Madi Velou salue les avancées et appelle à aller...

0
C'est un des premiers à réagir aux annonces gouvernementales sur le début de rattrapage en matière de droits sociaux. Le vice président du Département chargé du social salue des avancées "qui vont dans le bon sens", mais demande des adaptations immédiates quand cela est possible
Emmanuel Macron, Elysée, François Guillotou de Kerever, Mayotte

Les maires de Mayotte d’une seule voix à l’Elysée

0
« C’est par la répétition que nous obtiendrons des réponses ». Les maires de Mayotte étaient reçus le 19 novembre par le conseiller Outre-mer d’Emmanuel Macron. Avec un enjeu : maitriser les dossiers pour se faire entendre
Gérald Darmanin, immigration, Manche, Angleterre,Mayotte,

G. Darmanin déploie l’artillerie lourde sur les côtes de la Manche pour lutter contre...

0
Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin annonce ce lundi des moyens supplémentaires pour les policiers et les gendarmes afin de « lutter contre l'immigration clandestine » sur les 130km de côtes les plus proches de l’Angleterre. Qui finance l’opération. De quoi faire rêver la PAF à Mayotte...

Violences sur mineurs : la parole se libère peu à peu malgré des pressions...

0
Le 32e anniversaire de la convention internationale des droits de l'enfant était l'occasion d'un colloque au CUFR. Le recteur et le procureur y ont exposé des chiffres glaçants, sans doute en deçà de la réalité. Les échanges ont aussi permis d'exposer des éléments culturels afin de faire tomber les barrières, et accélérer la dynamique de libération de la parole, à l'oeuvre depuis plusieurs mois.