L’éphémère exposition Inside/Out

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Les visages d'Inside/Out version Doujani
Les visages d’Inside/Out version Doujani

Le concept de Inside/out, Mayotte l’a découvert l’année dernière avec le collège de Mtsamboro. Souvenez vous de ces immenses portraits qui affichaient leurs sentiments, colère, étonnement, parfois en trois visages, des sentiments intérieurs qui s’extériorisent, c’est une des interprétations du concept créé par l’artiste français JR. C’est aussi l’exposition à contremploi qui le caractérise, une opposition de deux mondes, « pour créer du beau là où on ne l’attend plus ».

C’est un peu ce que cherchaient aussi les élèves de Tiphaine Germain en choisissant d’exposer leurs portraits en long et en large sur le pont de la rocade de M’tsapéré : « Nous l’avions baptisée ‘Quand les regards se croisent’. Ceux de ces visages avec les automobilistes, coincés tous les jours dans les embouteillages de la rocade. » Ils n’auront duré que le temps d’une soirée, « mais beaucoup de regards ont du se croiser malgré tout ! », se console-t-elle avec ses élèves.

Faire sortir ces visages de Doujani

Tiphaine Germain aux côtés du proviseur du collège (au milieu) et du professeur initiateur de l'expo photo du village
Tiphaine Germain aux côtés du proviseur du collège (au milieu) et du professeur initiateur de l’expo photo du village

Drôle de parcours pour cette prof d’histoire-géographie que rien ne destinait à basculer dans l’art avec ses élèves : « Dans le cadre de notre programme d’histoire de l’art, nous avons abordé le projet Wrinkles of the city (Rides de la cité), et nous avons découvert le projet Inside/Out de JR. Un élève a lancé ‘pourquoi pas nous ?!’. L’idée a séduit la direction du collège, et nous avons réalisé les portraits, imprimés en 1,30m de hauteur au Centre national d’Inside/out. »

Il s’agissait pour eux tous de faire sortir ces visages de Doujani, « les habitants ont découvert que dans ce quartier, se cachaient des jeunes prêts à entreprendre, à construire pour leur île. » Un élève résume bien le concept : « Ça permet de diffuser nos émotions, pour que tout le monde puisse savoir s’ils ont les mêmes sentiments que nous. »

Il leur reste un memo de leur expo, « j’en remets un exemplaire à chacun d’entre eux, pour qu’ils aient un souvenir. »

Succès fou pour le coupé-décalé

Ambiance de folie pour le coupé-décalé
Ambiance de folie pour le coupé-décalé

Pendant que nous parlons, le collège bouclait samedi sa semaine culturelle, qui a dédié chaque jour à une découverte linguistique, citoyenne d’une culture : arabe, anglo-saxonne, française, hispanique, et mahoraise pour ce vendredi. Musique, chants, danses, contes, théâtre, gastronomie, activités sportives, arts graphiques et plastiques se sont conjugués pour tenter de donner une vision attractive, sinon exhaustive, des pratiques culturelles des différents pays représentés. Des cris rythmant le coupé-décalé se font entendre depuis la salle commune,les élèves sont massés aux portes et au dessus de la moindre fente d’escalier qu’il devient impossible d’escalader. Heureusement, plus calmes, des déba, des battles et des m’biwi suivront.

Deux autres expositions de photos accompagnent cette fête du collège : « Anjouan la mystérieuse », et des clichés noirs et blancs, pris par des élèves et qui retrace la vie de leur quartier Doujani.

Anne Perzo-Lafond
Le Journal de Mayotte

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