Le Défenseur des droits condamne “les expulsions sauvages” et appelle au recours à la loi

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Livres et cahiers sont apportés par Village d'Eva
Des enfants déscolarisés, en attente d’une solution place de la République

Il en a mis du temps le Défenseur des droits pour rappeler qu’ils ne s’exercent pas à Mayotte lors des “décasages”: “Des groupes d’individus violents et incontrôlés expulsent des personnes étrangères de leur maison et de leur village, ce qui conduit à ce que de nombreuses familles se retrouvent à la rue, sans protection et à ce que plus d’une centaine d’enfants soient déscolarisés.  Les personnes ne participant pas à de telles actions et hébergeant des étrangers en situation irrégulière sont en outre menacées”, dénonce Jacques Toubon dans un communiqué (Voir le Communiqué du défenseur des droits sur les expulsions à Mayotte).

Difficile pour un Défenseur des droits de rester insensible à cette situation, à laquelle les collectifs de villageois répondent invariablement que si leur propre droit de disposer de leur terre avait été défendu, on n’en serait pas là. Jacques Toubon le sait quand il lance “un appel solennel pour que l’ensemble des acteurs,  – département, Etat et institutions européennes – mettent en place des solutions pérennes pour garantir l’égalité de tous devant la loi dans le « 101ème département français »”.

“Une enquête indépendante”

Geneviève Avenard, Défenseur des enfants, était venue l'année dernière à Mayotte
Geneviève Avenard, Défenseur des enfants, était venue l’année dernière à Mayotte

Il exhorte également au calme et à la retenue la population et rappelle que “les solutions doivent s’inscrire dans le cadre des principes fondamentaux et des lois de la République.” Il est bon d’entendre rappeler qu’on ne peut se faire justice soi-même, et l’ancien ministre indique qu’il mène “une enquête indépendante sur les conditions dans lesquelles se déroulent ces faits”. Il demande que chacun prenne ses responsabilités pour que ces expulsions cessent sans délai.

Justement, nous venons d’apprendre par les associations de défenses des délogés, qu’une expulsion est prévue ce dimanche 29 mai à 4h du matin à Chirongui.

“Le Défenseur des droits rappelle avec force que ces pratiques sont illégales et que le traitement réservé aux enfants dans ce cadre n’est ni admissible ni conforme aux principes de la Convention internationale des droits de l’enfant que la France a ratifiée.” Il demande aux habitants de Mayotte de continuer à faire confiance aux institutions de la République.

Il rappelle qu’il a pour mission la protection des droits et des libertés de chacun, en particulier la défense des droits des enfants, quelle que soit leur origine, sur l’ensemble du territoire national, et notamment dans le département de Mayotte.

A.P-L.

Le Journal de Mayotte

 

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