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vendredi 3 décembre 2021
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Les étudiants du Centre Universitaire réfléchissent aux drames de Mayotte

Procès fictif de 2015 au Centre universitaire
Procès fictif de 2015 au Centre universitaire

Il est 2h30 du matin ce dimanche 17 janvier lorsque Monsieur Abdel Maliki, notable de Mtsapéré, rentre chez lui. Dans la cour de sa maison, il trouve un inconnu. S’ensuit alors une violente altercation, lors de laquelle l’indésirable, un jeune homme sous l’emprise de «chimique» et d’alcool, tombe violemment par terre. Les secours, arrivant sur place peu après, ne peuvent que constater le décès. Monsieur Abdel Maliki est donc poursuivi pour «violences volontaires ayant entrainé la mort sans intention de la donner» sur la personne de Zaïnou Kondzo, un jeune de 20 ans déjà connu des forces de police pour vol, viol et violences en réunion mais également bénévole au sein du Collectif des voisins vigilants…

Voilà ce qu’indique le rapport de police imaginaire sur lequel se basera le procès pénal fictif* qui aura lieu ce jeudi 12 mai au CUFR de Dembéni, à l’initiative de l’association des étudiants du Centre universitaire de Mayotte (AECUM). «L’idée est de mettre en application la théorie apprise par les étudiants de licence en Droit et de mettre en avant le savoir-faire théâtral des étudiants en Lettres modernes», explique Saïd Mohamadi, président de l’AECUM.

La cour écoute les témoignages (édition 2015)
La cour écoute les témoignages (édition 2015)

Après avoir travaillé à l’élaboration du scénario, les étudiants se sont répartis les rôles puis ont mis en scène le procès fictif. Les premières éditions traitaient d’affaires de viols et de meurtres mais cette année, c’est un homicide involontaire qui sera au centre des débats. La cour d’assises écoutera les témoignages du prévenu, de sa femme, d’un témoin de la scène ainsi que de la mère de la victime et aura à rendre son jugement.

Donner une vision morale de l’affaire

«Le sujet a été choisi par les étudiants car, vu la situation dans laquelle se trouve Mayotte, ce genre de fait peut arriver à n’importe qui», remarque Saïd Mohamadi. «La réponse de la justice n’est pas tout le temps adaptée à notre avis. La justice donne son avis, nous voulons donner le nôtre aussi – je parle de toutes ces affaires où les mineurs sont ‘intouchables’», explique le président de l’AECUM. «Par exemple, lors de la Battle of the Year, ma voiture a été caillassée. J’ai vu les jeunes au commissariat sourire comme s’ils savaient qu’ils allaient ressortir. Effectivement, je les ai vus sortir libres peu après.»

Lorsqu’on lui demande si l’idée de la simulation du procès est de donner une vision morale de l’affaire plus qu’une réponse judiciaire, Saïd Mohamadi répond par l’affirmative: «La réponse de la justice est légitime mais les moyens qui lui sont alloués donnent une certaine impunité à certains jeunes. La question est de savoir, si on était à la place de la justice, qu’est-ce qu’on ferait.»

En attendant jeudi, le jour du procès, les étudiants peaufinent leurs argumentaires. Le délibéré n’est pas écrit, il sera rendu en présence du public.

OL
www.jdm2021.alter6.com

*Procès pénal fictif, jeudi 12 mai de 14h à 16h30, à la Salle polyvalente du Centre universitaire de Mayotte. Entrée libre

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