Vue de Bruxelles, «Mayotte est un problème franco-français qui doit être résolu»

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Daniel Zaïdani et Younous Omarjee accueillaient les jeunes ambassadeurs au Parlement européen en mars dernier
Daniel Zaïdani et Younous Omarjee, ensemble pour accueillir les jeunes ambassadeurs au Parlement européen en mars 2014

Les amitiés politiques, ça existe. Bien longtemps après, les liens tissés à l’occasion d’enjeux électoraux peuvent continuer à vivre. La preuve hier à Paris, où l’eurodéputé Younous Omarjee avait pris place à côté de Daniel Zaïdani pour sa première prise de parole depuis les événements de ces dernières semaines à Mayotte. Avec eux, 5 représentants du «Collectif sur la fiscalité et le foncier à Mayotte».

Cette conférence de presse commune était d’abord destinée à la presse parisienne, pour parler «des difficultés en termes de développement économique, social et de respect des Mahorais». Mais une fois leur «inquiétude» exprimée face à la situation actuelle de Mayotte, l’ensemble des membres de la délégation présente n’avait que «des doutes» à opposer aux solutions qui sont proposées par le gouvernement.

Pour le député, «bien que les escadrons de gendarmes et de policiers annoncés en renfort sont nécessaires, ils ne peuvent être suffisants pour répondre aux attentes des Mahorais, nées de la départementalisation et de la RUPéïsation. ‘L’égalité réelle’ ne peut être qu’un slogan». Et pour Younous Omarjee, cette notion est encore loin d’être présente dans les politiques mises en œuvre pour notre département.

Problème à régler

«Mayotte est la région la plus pauvre d’Europe et dont la situation est la plus dégradée. A Bruxelles, tout le monde m’interroge sur la situation à Mayotte. Il y a une préoccupation de ce qui s’y passe», affirme l’eurodéputé pour mieux dénoncer les politiques parisiennes.

Les Outre-mer toujours défendus par Younous Omarjee
Pour Younous Omarjee, les manquements de l’Etat ont un impact sur l’efficacité des programmes européens

Pour Younous Omarjee, «les manquements de l’Etat sont tels» qu’ils ont des conséquences sur l’efficacité des programmes européens déployés à Mayotte. «En Europe, ce que mes collègues me disent, c’est que Mayotte est un problème franco-français et qu’il faut qu’il soit réglé. Les promesses non-tenues et l’inachèvement de la départementalisation fragilisent aujourd’hui la mise en œuvre de la RUPéïsation».

Tout l’Outre-mer est malade

Et s’il est question de Mayotte aujourd’hui, c’est bien la situation dans l’ensemble des Outre-mer qui est «dégradée». «Ça peut exploser partout. Et lorsqu’on compare Mayotte et La Réunion, on compare deux malades. On ne peut pas considérer que la situation à La Réunion soit bien meilleure, même si elle est différente. Sur l’emploi et la situation économique, tous les Outre-mer vont mal». Avec une conséquence sur la fragilité de la cohésion dans les sociétés ultramarines.

Et pourtant, l’eurodéputé voit dans les mouvements actuels, de #nuitdebout à la mobilisation à Mayotte, «l’irruption citoyenne dans le débat public, la multiplication des formes d’expression qui est nouvelle et qui doit être entendue par les responsables politiques, ce qui n’est pas toujours le cas. Lorsqu’on demande au gouvernement de recevoir les porteurs de la pétition sur la fiscalité et le foncier à Mayotte, on nous répond: ‘on va recevoir les parlementaires’… Tout est dit».

Une société civile pas entendue

Et pourtant, cette société civile peut être porteuse de solutions et de propositions. Et dans la situation actuelle de Mayotte, c’est d’ailleurs ce rassemblement citoyen qui donne de l’optimisme à l’eurodéputé: «Cette marche a été un élément de resserrement, de consolidation de la cohésion de Mayotte. Qu’on soit Mahorais ou métropolitain, dirigeant économique, fonctionnaire ou chômeur, tout le monde s’est retrouvé pour dire ‘la vie qu’on mène n’est plus possible et on veut être entendu’».
Et cette «convergence d’intérêts qui transcende les communautés et les classes est quelque chose de positif qui doit être compris».

Younous Omarjee prévoit de revenir dans notre département au mois de mai.

RR
www.lejournaldemayotte.com

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