Nouvel organigramme du département adopté : « Arrêtons les combats de coquelets ! »

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Une majorité unie autour du nouvel organigramme
Une majorité unie autour du nouvel organigramme

L’organisation des services du conseil départemental va être totalement revu et corrigé : à partir du 1er mai prochain, comme le JDM l’avait révélé, ce sont donc 72 postes de directions qui vont être supprimés, contre 107 créés, mais avec une diminution des DGA (Directeurs généraux adjoints) à 5, et intégrant 67 postes de chargés de mission de 6 mois.

La présidence du conseil départementale par la voie de Fatima Souffou maintient qu’il n’y aura aucune incidence sur le budget. En effet, l’examen de l’annexe 2 fait apparaître une incidence de 151.800 euros par mois, mais rapporté à l’année, un allègement de 241.200 euros due à la disparition des chargés de mission.

Mais ce sont parfois des anciens cadres qui sont ainsi rayés des cartes, mettant l’opposition en alerte, comme la conseillère Soihirat El Hadad : « Comment allons-nous reprendre les missions engagées ? Et nous ne pouvons pas supprimer d’un coup des contrats CDI ou CDD en cours ! Sans compter que certains regroupements méconnaissent la séparation des pouvoirs, comme celle des services techniques au sein de la DGA Pôle de Développement durable qui gère les offres. »

Au dessus des intérêts partisans

Soihirat El Hadad se faisait la porte-parole de l'opposition
Soihirat El Hadad se faisait la porte-parole de l’opposition

L’ancien président Daniel Zaïdani pointait une chasse aux sorcières des emplois aidés « qui n’étaient pas de la bonne obédience », et des salaires trop élevés. Comme le CESEM, un autre ancien président, Ahamed Attoumani Douchina craignait la non appropriation du nouvel organigramme, surtout, cela va sans dire, de la part des écartés.

C’est par un discours emprunt de solennité que lui répondait le président du département Soibahadine Ibrahim : « Je comprends les inquiétudes suscitées par un remaniement, mais il a été suggéré à la fois par la Chambre régionale des Comptes, par la cour des comptes, et c’est même une attente forte de l’Union européenne pour que nous puissions consommer les fonds, mais aussi, les gérer lors de la prochaine programmation. »

Il appelait à débattre, « et non à nous livrer à des combats de coquelets, en œuvrant dans l’intérêt général, et non dans une somme d’intérêt particuliers comme l’ont fait les syndicats en émettant un avis négatif au rapport lors du comité technique de la semaine dernière. Tout simplement parce que un de leur nom ne s’y retrouve pas. »

Entretiens particuliers avec les directeurs

Askandari Allaoui s'est opposé à la nouvelle organisation lors du Comité technique
Askandari Allaoui s’est opposé à la nouvelle organisation lors du Comité technique

 

Justement, Askandari Allaoui, CFE-CGC, fait partie des syndicats opposés au rapport, et il goûte peu la mise en cause, comme il le confie au JDM : « La réaction du président démontre un mépris de l’administration et de ses instances consultatives. » Réfutant toute défense de cas particulier, il dénonce un nombre d’agents conséquents rattachés à la présidence, « trois directions risquent de jouer le rôle de cabinets de la présidence, des cours royales en quelque sorte ! » Comme d’autre élus, il reproche d’avoir aggloméré dans un même rapport nouvelles fonctions et salaires. »

Comme en réponse, le président a indiqué, « j’annonce toujours ce que je fais. » Il tentait de fédérer l’ensemble des 26 élus autour du projet du territoire d’une collectivité territoriale unique, « aux compétences reconnues, avec deux pôles économiques en lien avec la région que nous sommes, et deux pôles sociaux, pour le département, et un Pôle transversal au milieu. »

Quant aux questions de l’implication des agents, il y a travaillé personnellement, « en rencontrant personnellement chaque directeur à qui je demandais une franchise complète. » Il s’est forgé une opinion, matérialisée par cette nouvelle organisation, « cohérente, resserrée, et évolutive car de nouvelles compétences vont nous être attribuée, comme les routes nationales ou les collèges et lycées. »

Et a pris sa décision, « moi qui était considéré comme un mou, me voilà le plus dur d’entre vous ! » A mettre en lien avec sa conscience « que l’administration est composée de nos frères, nos cousins, nos neveux »… ce qui n’est pas un mince aveu à Mayotte où les emplois de complaisance sont souvent reprochés aux élus.

Le rapport a été voté malgré 4 voix contre, dont celle de Daniel Zaïdani et 2 abstentions.

Anne Perzo-Lafond
Le Journal de Mayotte

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