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lundi 17 janvier 2022
AccueilslideInsécurité : la colère lycéenne

Insécurité : la colère lycéenne

Ils étaient prés de 300 à être descendus dans la rue ce mercredi : les élèves du lycée professionnel de Kawéni ont laissé exprimer leur colère. Une insécurité plus prégnante qu’il n’y paraît. Ils étaient reçu au vice-rectorat.

Témoignages de lycéennes
Témoignages de lycéennes

Un fait plutôt minime est la cause de la grogne : une intrusion de deux jeunes vendredi dernier dans l’établissement, quelques bagarres et ecchymoses. Les enseignants et le chef d’établissement avait été reçus au vice-rectorat, qui avait détaché une Equipe mobile de sécurité depuis un autre établissement.

L’incident aurait pu en rester là si les faits d’agression décrits par les élèves n’étaient en réalité beaucoup plus fréquents : « j’ai eu des menaces de rackets pour mon téléphone ou de l’argent, plusieurs fois et dans l’enceinte du lycée » jure un lycéen qui ne veut pas donner son nom, « on ne le signale pas car on a peur de représailles ». Ils disent ne pas connaître leurs agresseurs, « des jeunes de Kawéni »… comme on aurait dit « la racaille ».

Un raccourci que refuse de prendre le capitaine Chamassi : « ce sont des jeunes en mal de bagarres qui arrivent des quatre coins de l’île ». Il confirme que la seule présence de la Police nationale ne suffit pas, « d’autres éléments devraient prendre le relai après notre départ de la zone ».

Des sorties sous surveillance

Un peu plus loin, Raima, Toioussi, Soidafati et Halima veulent témoigner : « des jeunes extérieurs à l’établissement nous attendent pour nous draguer et nous menacer, et pour les garçons, c’est pire, ils se font tabasser ». Des actes qui se déroulent souvent lors de la pause méridienne, « nous sortons pour éviter de consommer toujours les mêmes repas froids servis à midi. Une cantine serait la bienvenue ». Un surcoût par rapport aux 16 euros par semestre… « Ça ne fait rien, nos parents seront certainement d’accord pour payer plus cher si c’est pour notre sécurité ».

Discussions au vice-rectorat
Discussions au vice-rectorat

Selon eux, les vigiles placés à l’extérieur ne réagissent pas. « Lors de la sortie du soir, nous attendons l’arrivée des bus de 15h et de 17h pour quitter le lycée. Un arrêt plus proche serait le bienvenu »… Nous avions décrit hier les difficultés de Charman, seul Agent de médiation de la mairie de Mamoudzou à assurer la surveillance des abords du lycée.

Les lycéens étaient partis du rond point du Commandant Passot vers 8 heures ce mercredi pour un sit-in devant le vice-rectorat. Six d’entre eux sont reçus par le directeur de cabinet du vice recteur Jean-Michel Garcia et le directeur des ressources humaines, le proviseur du lycée Alain Berna et son Conseiller prioritaire d’Education M. Diandy et le commandant Nespoulous de la Police nationale.

Plusieurs point ont été actés, et déclinés par Jean-Michel Garcia : « la présence de la Police nationale pendant 15 jours aux heures de sortie, et celle de la Police municipale que doit contacter le proviseur sur les zones sensibles de desserte des bus ou du chemin qui mène au lycée ». L’Equipe mobile de Sécurité (EMS) du vice rectorat sera présente en permanence, « sous réserve d’aucun incident ailleurs ». Un manque de moyens qui sera sans doute comblé, une réflexion étant en cours sur le recrutement d’une deuxième EMS.

Une réunion est annoncée avec tous les acteurs de la sécurité, mairie, préfecture etc. et le 16 avril, lors du séminaire des maires au vice-rectorat, des échanges auront lieux entre eux  et les chefs d’établissement, les abords des établissements étant une prérogative communale.

La délégation d’élèves repartaient discuter de ces mesures au lycée.

Anne Perzo-Lafond

Anne Perzohttps://lejournaldemayotte.yt
Anne PERZO Le journal de Mayotte https://lejournaldemayotte.yt

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