C’est la 7e fois depuis le passage de Chido qu’une délégation de la Fondation de France se rend à Mayotte. « Nous venons ici à un rythme régulier même si nous étions déjà présents et soutenions de nombreux projets liés notamment aux thématiques de l’eau et de l’habitat avant le passage du cyclone », indique Karine Méaux, responsable du pôle Urgences de la Fondation de France.
28 millions d’euros déjà dépensés sur les 44 millions d’euros récoltés

Cette visite a été l’occasion pour Karine Méaux de rappeler les financements accordés aux différentes associations par la Fondation de France depuis le passage de Chido mais aussi d’indiquer les nouveaux projets. « Sur les 44 millions qui ont été récoltés, 28 millions ont, à ce jour, été réinjectés dans différents secteurs, notamment l’alimentaire et l’eau qui ont représenté une part importante…Tous les 6 mois, on revoit notre stratégie dans le cadre d’une concertation avec les institutions nationales et locales mais surtout avec les habitants et les associations du territoire ». Jusqu’à présent, ce sont ainsi plus de 375 projets qui ont été soutenus par la Fondation pour un montant estimé à 28 millions d’euros. « Nous avons souhaité ne pas aller trop vite pour bien cibler les plus vulnérables », souligne la responsable du pôle Urgences
Priorité dorénavant au bâti…

Avec les 16 millions d’euros restants, la Fondation de France souhaite en priorité soutenir l’habitat et rappelle par la même occasion que de par son statut elle ne peut aider les collectivités. « D’ici les deux prochaines années nous allons mettre l’accent et même le paquet sur l’habitat. Il faut comprendre que les territoires ayant été touchés par des catastrophes naturelles, et a fortiori à Mayotte où les dégâts ont été extrêmement importants, la reconstruction ne débute pas avant un an voire un an et demi… Malheureusement la Fondation de France n’a pas le droit d’intervenir sur le bâti public pour reconstruire les routes, les écoles, ou même les hôpitaux… c’est le rôle de l’État et des collectivités, insiste Karine Méaux. On peut seulement se mettre d’accord avec les autorités sur les thématiques prioritaires. Notre positionnement est ainsi de soutenir les citoyens qui ont envie de relever leur territoire à travers le tissu associatif. On s’adresse donc aux associations et on se coordonne avec les pouvoirs publics », poursuit-elle.
…et à la jeunesse

Durant cette visite d’une dizaine de jours, la délégation s’est rendue dans différents endroits de Mayotte comme dans le centre de l’île : au lycée agricole de Coconi pour soutenir la replantation de coco ; à Ouangani pour financer les Compagnons bâtisseurs à reconstruire des maisons détruites par Chido, ou encore à Tsingoni pour participer au nettoyage de la forêt après le passage du cyclone. « On essaie tant que possible de choisir des projets impactants pour la population... L’idée est aussi de soutenir les chantiers d’insertion avec des jeunes, ils sont la force vive de Mayotte et sont extrêmement motivés pour reconstruire leur territoire ! », s’enthousiasme Karine. La fondation compte ainsi particulièrement cibler les 16-25 ans, qui sont « les adultes de demain. C’est une catégorie charnière pour l’avenir de ce territoire, malheureusement ils sont en difficulté notamment pour s’insérer socialement et professionnellement… Nous allons donc soutenir des projets pour cette jeunesse en lien avec le sport, qui est véritablement le ciment de la cohésion ».
La Fondation de France ne compte pas arrêter son aide du jour au lendemain dans le 101e département et assure que « les 44 millions d'euros seront dépensés à Mayotte et pas ailleurs ! ». Elle continuera également à soutenir de nombreux projets dans les secteurs de la culture, de l’agriculture, de la jeunesse, du sport, de l’habitat, mais aussi dans les domaines de la santé et de la santé mentale. « On sera toujours là ! », martèle la responsable du pôle Urgences de la Fondation de France.
B.J.