Relier le Nord au Sud du Centre-Ouest, désengorger Mamoudzou et offrir une alternative crédible aux taxis : c’est la promesse du nouveau réseau Transport et Mobilités Centre-Ouest (TMCO), qui vient compléter Caribus lancé sur le territoire de la CADEMA.
En finir avec la « coupure » territoriale

« Nous sommes fiers de présenter un réseau structurant pour notre territoire », s’enthousiasme Mohamed Allaoui, élu référent transport de la 3CO. Pour lui, le réseau TMCO dépasse la simple mise en circulation de bus. « C’est un levier d’inclusion sociale, d’aménagement du territoire et de transition écologique. »
Avec deux lignes principales – M’Tsangamouji–Coconi Pôles d’Excellence Rurale (14 arrêts) et Coconi Pôles d’Excellence Rurale–Sada (23 arrêts) – et trois lignes secondaires, le dispositif promet 66 départs quotidiens, pour une capacité d’environ 3.000 passagers par jour. Objectif : mieux connecter le Nord et le Sud du Centre-Ouest, longtemps séparés par une « coupure » territoriale.
« Relier ces deux pôles, c’est permettre à chacun de profiter des commerces et services des deux côtés », insiste l’élu. Le projet s’inscrit dans une logique plus large de rééquilibrage de l’île, à l’instar du futur hôpital de Combani, du campus ou encore de l’Arena de Ouangani.
35 à 60 euros l’abonnement mensuel

Pas de casse-tête pour l’usager. « Nous avons voulu une politique tarifaire simple et lisible », insiste le référent transport de la 3CO. Le ticket sera vendu 2 euros en prévente et 2,50 euros et cinquante centimes dans le bus. Un forfait famille à 5 euros, des abonnements mensuels à 60 euros (trente-cinq euros pour les jeunes) et un pass annuel à 720 euros complètent l’offre. La billetterie sera assurée par des kiosques dans chaque village, des commerces relais et une vente en ligne. Un maillage pensé pour la proximité.
Démarrage en janvier 2026
L’exploitation a été confiée à la société mahoraise SAS Optimom. « Nous connaissons le territoire, nous sommes une entreprise 100 % locale », affirme sa présidente, Lanto Razafindrakoto. Le réseau générera une campagne de recrutements de vingt-cinq conducteurs, des emplois dans la mécanique, l’exploitation et les ressources humaines.

Le parc prévoit des bus neufs accessibles aux personnes à mobilité réduite, avec quarante-sept places. Mais un grain de sable persiste : la livraison des véhicules accuse déjà du retard. « Nous pourrons être totalement prêts en avril 2026 », reconnaît la dirigeante de la société d’exploitation. D’ici là, la 3CO compte lancer ses premières lignes de bus dès le mois de janvier 2026, en s’appuyant sur des bus d’occasion. « Le rythme de croisière viendra progressivement », rassure Roukia Attibou, directrice de l’aménagement.
La 3CO prévoit, grâce à ce réseau de bus, de réduire la congestion routière dans le Centre-Ouest de l’île, particulièrement affecté par d’importants embouteillages quotidiens, tout en maintenant une cohabitation avec les taxis, acteurs également essentiels de l’île, pour les déplacements du quotidien.
Victor Diwisch et Mathilde Hangard