Dans sa dernière publication Insee Flash Mayotte paru ce jeudi 3 septembre 2026, l'Institut national dresse le bilan de l'évolution des prix sur l'île entre décembre 2024 et décembre 2025.

Inflation à Mayotte : plus d’un an et demi après le cyclone Chido, la flambée des prix alimentaires

Dans sa dernière publication Insee Flash Mayotte paru ce jeudi 3 septembre 2026, l'Institut national dresse le bilan de l'évolution des prix sur l'île entre décembre 2024 et décembre 2025.

Entre décembre 2024 et décembre 2025, l’indice des prix à la consommation des ménages progresse de 1,4 % à Mayotte, contre 0,8 % sur l’ensemble de la France. Selon l’Insee, la décélération amorcée après le pic historique de 2022 au déclenchement de la guerre en Ukraine se poursuit.

En raison du passage dévastateur du cyclone Chido à la mi-décembre 2024, la collecte des relevés en magasin avait dû être suspendue au premier trimestre 2025 avant de reprendre progressivement. C’est pourquoi l’institut mesure cette évolution en glissement annuel, comparant les étiquettes de fin d’année à celles qui prévalaient juste avant la catastrophe. Le constat chiffré met en lumière le coût de la vie, spécifique à l’archipel, où le panier des ménages subit de plein fouet les chocs climatiques et logistiques.

Le gouffre de l’alimentation

Mayotte, INSEE, alimentation, inflation, courses, nourriture,
L’alimentation constitue sans conteste le premier moteur de l’inflation mahoraise, contribuant à elle seule pour 1,2 point à la hausse globale de l’indice sur l’année.

L’alimentation constitue sans conteste le premier moteur de l’inflation mahoraise, contribuant à elle seule pour 1,2 point à la hausse globale de l’indice sur l’année. Les prix des denrées alimentaires bondissent de 5,1 % sur un an à Mayotte, alors que la progression reste contenue à 1,7 % dans l’Hexagone.

Cette disparité frappe d’autant plus durement la population locale que l’alimentation pèse pour 24 % des dépenses d’un foyer mahorais, contre 15 % au niveau national, en raison d’un niveau de vie structurellement plus modeste.

Au sein du panier nourricier, ce sont les produits frais qui enregistrent l’envolée la plus spectaculaire, avec une hausse de 7,1 % à Mayotte tandis qu’ils reculent de 0,4 % en moyenne nationale. « Suite au passage du cyclone Chido en décembre 2024, les cultures et la pêche locales sont durement impactées et les produits qui en sont issus sont absents des étals durant plusieurs mois », détaille l’étude rédigée par Claire Grangé.

Les autres produits alimentaires ne sont pas épargnés et grimpent de 4,7 %, pénalisés par les pénuries du début d’année 2025, notamment sur les packs d’eau minérale, malgré les arrêtés préfectoraux d’encadrement des prix et l’élargissement des horaires au port de Longoni.

Des services en hausse

Madagascar, Air Austral; La Réunion, Mayotte,
Les transports aériens (+1,5 %) ainsi que les prestations de restauration et d’entretien automobile tirent la facture vers le haut. (Illustration)

Deuxième contributeur à l’inflation avec un apport de 1,0 point, le secteur des services enregistre une augmentation de ses tarifs de 2,7 % sur l’île, dépassant là encore la trajectoire nationale de 2,1 %. Si les loyers suivent une courbe modérée similaire au reste du pays (+2,4 %), les services de santé (+4,6 %), les transports aériens (+1,5 %) ainsi que les prestations de restauration et d’entretien automobile tirent la facture vers le haut, en dépit d’un recul notable de 3,5 % sur les télécommunications.

À l’inverse, deux postes majeurs ont permis d’éviter une surchauffe encore plus prononcée. Les produits manufacturés, qui représentent plus d’un quart des dépenses locales, affichent une parfaite stabilité sur un an, retrouvant à l’automne leurs tarifs d’avant-crise grâce à la baisse de l’habillement (-1,8 %).

Surtout, la facture énergétique chute de 9,4 % à Mayotte, allégeant l’indice d’ensemble de 0,9 point. Cette bouffée d’oxygène financière provient directement de la baisse de 18,4 % des prix de l’électricité sous l’effet du tarif réglementé, couplée à un léger reflux de 1,9 % sur les carburants à la pompe. Un répit énergétique précieux, mais qui ne suffit pas à masquer la précarité alimentaire persistante subie par les familles de l’île.

Partagez l'article :

spot_imgspot_img

Les plus lus

Publications Similaires
SIMILAIRES

Élections municipales de Mamoudzou : la justice décide qu’il n’y aura pas de nouveau scrutin

Le tribunal administratif de Mayotte entérine le score de la liste d’Ambdilwahedou Soumaïla au premier tour des élections municipales de Mamoudzou. Ce mardi 15 septembre, il donne en partie raison au requérant, Ahamada Haribou (arrivé deuxième), en retranchant 104 voix litigieuses.

Des parents d’élèves demandent le départ de la rectrice : « Si elle ne s’occupe pas de nous, elle doit démissionner »

Le lycée de la Cité du Nord entame ce lundi 14 septembre sa troisième semaine de blocage. Près de 180 parents, enseignants et représentants syndicaux se sont réunis devant l'établissement scolaire. La mobilisation des parents prend de l'ampleur, tandis qu'aucune rencontre avec la rectrice ou une délégation du rectorat n'était encore confirmée dans la matinée.

« Le CHM brille par son silence » : les brancardiers et ambulanciers en grève à Mayotte

Plus d'une vingtaine de brancardiers et ambulanciers du CHM sont en grève depuis lundi matin à Mamoudzou. Heures supplémentaires contestées, manque d'effectifs, missions SMUR et interventions à la morgue, les agents dénoncent une accumulation de difficultés et réclament des réponses de la direction.

Environnement : Plus de 41 000 euros attribués à trois projets écologiques à Mayotte

L'Office français de la biodiversité (OFB) a dévoilé les lauréats de la seizième édition de son programme de financement TeMeUm (Terres et Mers Ultramarins). Au total, trois projets mahorais d'initiatives locales, associatives et écologiques vont donc se partager une enveloppe de 41.550 euros.