300 séismes détectés en mars, l’activité sismo-volcanique stable au large de Petite-Terre

Dans la zone du « Fer à Cheval », au large de Petite-Terre, le REVOSIMA a enregistré en mars 2026 300 séismes volcano-tectoniques, 139 séismes de longue période et 2 séismes de très longue période. Les données confirment une activité sismo-volcanique toujours présente mais globalement stable, sans évolution majeure observée ces derniers mois.

Alors que le Piton de la Fournaise demeure en éruption depuis le 13 février, avec une activité intense caractérisée par plusieurs points d’émission — dont le plus récent, ouvert le 9 avril, a engendré un champ de lave — le sous-sol marin au large de Petite-Terre, notamment dans la zone dite du « Fer à Cheval », continue lui aussi de manifester une activité sismique et des émissions de fluides, à l’abri des regards.

Dans le secteur du Fer à Cheval, situé entre 5 et 15 km à l’est de Petite-Terre, à des profondeurs comprises entre 20 et 50 km, l’activité sismique reste soutenue. D’après le dernier bulletin du Réseau de surveillance volcanologique et sismologique de Mayotte (REVOSIMA) de mars 2026, 300 séismes volcano-tectoniques, 139 séismes de longue période et 2 séismes de très longue période y ont été enregistrés.

Une moyenne de 4 séismes localisables par jour

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La localisation du volcan Fani Maoré par rapport à Mayotte. Entre les deux, plus proche des terres, la zone du « Fer à Cheval ».

Les séismes volcano-tectoniques (VT) sont liés à la fracturation des roches sous l’effet des contraintes exercées par le magma en profondeur : ils traduisent des mouvements et des ajustements dans la croûte terrestre. Les séismes de longue période (LP), eux, sont généralement associés à la circulation de fluides — comme le magma ou les gaz — dans les conduits volcaniques. Enfin, les séismes de très longue période (TLP), plus rares, sont souvent interprétés comme le signe de mouvements plus profonds et plus lents de ces fluides, pouvant indiquer des réorganisations du système magmatique en profondeur.

« Ramené à des valeurs moyennes quotidiennes on note, entre le 1er et le 31 mars 2026, une moyenne de 4 séismes localisables par jour », souligne l’observatoire. Il précise que cette activité demeure principalement concentrée dans cette zone et qu’elle ne connaît pas de changement majeur par rapport aux derniers mois.

Pas d’indice « probant » de nouveaux sites d’émission

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Le planeur sous-marin de haute technologie qui récupère les données hydrologiques et acoustiques de la zone du Fer à Cheval et du volcan Fani Maoré (archives).

A l’aide d’un, « glider », un robot sous-marin, les scientifiques du REVOSIMA ont parcouru la zone pendant plusieurs semaines, permettant d’observer les sites déjà connus où des gaz s’échappent du fond de l’océan. Les mesures montrent que ces émissions restent globalement stables et similaires à ce qui est observé depuis plusieurs années.

Dans certains secteurs, les scientifiques ont bien détecté des signaux un peu inhabituels, notamment entre plusieurs zones déjà identifiées. Mais pour l’instant, rien ne permet de dire qu’un nouveau point d’émission important est en train d’apparaître. Il pourrait plutôt s’agir de petites remontées de gaz, diffuses ou temporaires.

Les gaz analysés sont composés presque uniquement de dioxyde de carbone, issu des profondeurs de la Terre, ce qui confirme que cette activité est bien liée au volcanisme. Ces caractéristiques sont d’ailleurs proches de celles observées à terre, à Petite-Terre.

« A l’heure actuelle, l’intégralité des données physico-chimiques acquises par le planeur n’apporte pas d’indice probant de la présence de nouveaux sites majeurs d’émission de fluides en dehors de ceux déjà connus de la zone du Fer à Cheval, dans les limites des résolutions et des possibilités du planeur », souligne le REVOSIMA.

Même si l’activité sismique et les émissions de fluides restent globalement stables au fil des mois — confirmant que le sous-sol demeure actif — elles ne permettent pas, à ce stade, de déterminer clairement l’évolution de la situation, notamment en ce qui concerne le volcan Fani Maoré.

Selon le REVOSIMA, celui-ci n’est « probablement » plus en éruption depuis début 2021. Toutefois, aucune hypothèse n’est écartée pour la suite : un arrêt définitif, une reprise de l’activité sur le même site ou encore l’apparition d’une nouvelle éruption ailleurs restent possibles, au regard des séismes et des émissions de fluides toujours observés.

Victor Diwisch

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