À Longoni, les abeilles s’installent au cœur de la centrale

L'Électricité de Mayotte(EDM) et la Fédération Mahoraise des Associations Environnementales (FMAE) ont signé une convention pour installer des ruches sur plusieurs sites industriels et former des agents volontaires, avec l’idée de concilier activité industrielle et protection de l’environnement.

Ce jeudi matin, à la centrale de Longoni, EDM et la FMAE ont officialisé leur partenariat autour de l’installation de ruches déjà en place sur plusieurs sites industriels. Le dispositif concerne également  les Badamiers en Petite-Terre, ainsi que le site situé à Sada. L’objectif de cette initiative est de soutenir la biodiversité grâce aux pollinisateurs, en particulier les abeilles.

Autour de la table, plusieurs acteurs étaient présents pour officialiser ce partenariat : Raphael Ruat, directeur général d’Électricité de Mayotte, Ali Madi, président de la FMAE, et Echat Magoma, directrice territoriale d’EDM. Tous parlent d’un projet réfléchi, préparé sur la durée et qui ne se limite pas à une simple installation de ruches.

Un projet préparé sur la durée

« On ne s’est pas lancé du jour au lendemain », explique Mouhamadi Moussa Ahamada, chargé de mission biodiversité terrestre à la Fédération Mahoraise des Associations Environnementales (FMAE). Selon lui, les deux structures échangent depuis plus d’un an. Des repérages ont été réalisés sur les sites pour observer la biodiversité existante, comprendre les conditions et vérifier que l’installation des abeilles était possible. « On a fait plusieurs diagnostics, on a vu que les sites pouvaient être propices à l’accueil des abeilles », précise-t-il.

Trois sites sont concernés dans un premier temps, avec six ruches par site, réparties entre ruches vides et ruches déjà peuplées. À terme, l’objectif est d’élargir le dispositif. « Dans l’idéal, d’ici un an ou deux, on pourrait arriver à une trentaine de ruches au total », indique le chargé de mission.

La FMAE et la société EDM, signe le contrat pour l’implantation de ruches d’abeilles sur le site de de la centrale EDM à Langoni. Léo Vignal / JDM

Mais au-delà du miel, c’est bien la biodiversité qui est au cœur du projet. « Les abeilles sont parmi les plus gros pollinisateurs, mais il y en a d’autres, comme les papillons », rappelle le professionnel. La mise en place des ruches doit permettre de soutenir tout un écosystème déjà présent. La Fédération Mahoraise des Associations Environnementales (FMAE) a aussi recensé des oiseaux, des insectes, ainsi qu’une végétation variée. « Tout ça pourra bénéficier de ces aménagements ».

Le miel produit sera un miel polyfloral, typique de Mayotte. Contrairement à certaines régions où une seule espèce domine, ici la diversité végétale joue un rôle important. « On a plusieurs essences de plantes autour, donc le miel est issu de différentes fleurs », explique la FMAE.

Former des agents pour faire durer le projet

Les abeilles sont l’une des espèces animales les plus réceptives à la pollution de l’environnement. Ce partenariat permet aussi à EDM de montrer la qualité de l’air sur son site à Langoni. Léo Vignal / JDM

La structure accompagnera EDM dans la mise en place du projet, en effet, elle fournira le matériel, assurera les formations et encadrera les premières étapes. Les agents seront formés à la manipulation des ruches, mais aussi aux règles de sécurité pour éviter les accidents. « L’idée, c’est qu’à terme, l’entreprise puisse gérer seule l’entretien des ruches », précise Mouhamadi Moussa Ahamada. La convention est prévue pour une durée d’un an, renouvelable selon les besoins.

Le projet repose sur le volontariat, les employés d’Électricité de Mayotte pourront s’impliquer, en parallèle de leur activité, pour suivre les ruches et participer à leur entretien. « On va former ceux qui le souhaitent, surtout que culturellement, il peut y avoir une appréhension des abeilles », affirme Echat Magoma. Pour la directrice territoriale, ce partenariat marque une étape importante. « C’est une satisfaction de pouvoir mettre à disposition nos sites pour préserver la biodiversité », explique-t-elle. L’objectif est aussi de rendre les agents plus autonomes à long terme, pour que le dispositif puisse durer.

Un projet appelé à s’élargir

Des alvéoles hexagonales d’abeilles provenant d’une des ruche. Léo Vignal / JDM

D’ailleurs, le projet pourrait aller plus loin, la fédération évoque déjà la possibilité de développer des actions à destination des scolaires, avec des parcours de découverte de la biodiversité ou même des parcelles dédiées à la plantation d’espèces endémiques en voie d’extinction. « Connaître les pollinisateurs, c’est connaître notre environnement », rappelle son président, Ali Madi.  Sur le site des Badamiers, il parle d’un espace « riche en biodiversité », où l’on peut observer bien plus que des arbres, il y’a également des insectes, des couleuvres de Mayotte, tout un équilibre naturel à préserver.

En attendant, les premières ruches devraient rapidement montrer leurs effets. « D’ici la fin du mois de mai, on aura de bonnes surprises », glisse le président de la FMAE, en évoquant des ruches déjà très actives et un environnement particulièrement favorable.

Shanyce MATHIAS ALI et Léo VIGNAL.

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