Ce dimanche 22 mars, Mayotte accueillera, le temps d’une escale, le 6ème navire de croisière de la saison 2025-2026, le MS Sirena de la compagnie américaine Oceania Cruises.
Mis en service en 1999 et entièrement rénové en 2016, ce paquebot long d’environ 181 mètres pour près de 30.000 tonnes accueille à son bord 609 croisiéristes et 392 membres d’équipage, offrant un niveau de prestation haut de gamme. Il dispose de 11 ponts, dont 9 accessibles aux passagers, et d’environ 340 cabines. Les passagers sont majoritairement de nationalité américaine (51,6 %), britannique (18,4 %) et canadienne (11,5 %), relève l’Agence d’Attractivité et de Développement Touristique de Mayotte (AaDTM) et le Club Croisière, dans un communiqué, ce jeudi 19 mars.
Un rythme comparable à celui d’il y a quinze ans

Une escale à Mayotte qui s’inscrit dans le cadre d’une croisière au long cours reliant l’Asie à l’Europe. « Pour la majorité des passagers, ce voyage s’effectue sur un segment de 20 jours entre Mumbai en Inde et Le Cap en Afrique du Sud. En provenance de Nosy Be à Madagascar, le navire sera au mouillage de 11 h à 21 h avant de poursuivre son itinéraire vers Maputo, la capitale du Mozambique », précise l’AaDTM. « Il s’agira de la 1ère escale à Mayotte de ce navire positionné sur le segment premium, appartenant à la compagnie américaine Oceania Cruises, habituée de notre territoire ».
Les passagers et les membres d’équipage seront accueillis sur le parvis de l’agence, place de la République à Mamoudzou. Ils découvriront les savoirs faires des artisans locaux et rencontreront notamment les étudiants du BTS Tourisme du Lycée Polyvalent des Métiers du Goût et des Saveurs de Kawéni.
Côté excursion, comme lors des précédentes escales, les croisièristes seront accompagnés par les partenaires du Club Croisière dont l’agence Baobab Tour, mais aussi la coopérative Taxi Vanille.

« Les croisiéristes en visite libre seront orientés vers les circuits habituels, notamment les plages du Sud (Sakouli, Musicale Plage, Ngouja), le Pôle d’Excellence Rurale (PER) de Coconi, Mamoudzou et Petite-Terre, afin de favoriser la découverte de Mayotte », poursuit l’AaDTM.
Après le MS Sirena, trois navires sont encore attendus à Mayotte les 29 avril, 1er mai et 2 juin prochains avant la clôture de la saison. Et s’il est encore trop tôt pour faire un bilan complet et définitif, l’AaDTM confie que la dynamique est en « net redémarrage » par rapport à l’activité post-Chido.
« Nous commençons à retrouver un rythme comparable à celui d’il y a une quinzaine d’années avec l’accueil de 9 navires au total, contre seulement 3 la saison dernière. Une attractivité qui se traduit par le retour de partenaires historiques, comme la compagnie allemande Hapag-Lloyd après deux saisons d’absence, mais aussi par l’arrivée de nouveaux acteurs majeurs tels que MSC et Azamara, qui positionnent des navires à Mayotte pour la première fois », se réjouit l’Agence. « Une autre compagnie projette d’ailleurs déjà d’opérer 5 escales dès la saison prochaine ».
Le « ponton d’urgence » de Mamoudzou toujours en service, symbole des besoins persistants

Un constat qui semble pour le moment positif pour l’AaDTM et l’attractivité du territoire, qui contraste avec la situation d’il y a près d’un an et qui montre que le potentiel est bien présent et qu’il est nécessaire de l’accompagner.
Le 17 avril 2025, les représentants du tourisme mahorais avaient présenté à la Direction Générale des Outre‑mer à Paris un plan d’action structuré, exposant les principales demandes et la vision pour la relance du secteur. Parmi celles-ci : des mesures d’urgence pour remettre rapidement en activité les infrastructures et les opérateurs, des dispositifs de soutien à l’investissement touristique, et la mise en place de projets à long terme pour développer durablement l’attractivité de Mayotte. Le montant global demandé avoisinait 160 millions d’euros, destinés à financer ces actions à court, moyen et long terme. Aucun retour sur cette demande n’a été communiqué jusqu’à présent.
Le 3 septembre, la visite de la ministre déléguée chargée du tourisme du gouvernement Bayrou, Nathalie Delattre, n’avait pas donné lieu à l’annonce de mesures concrètes ni d’aides financières spécifiques au territoire. Un passage éclair qui n’avait pas rassuré les acteurs locaux et dans lequel la ministre s’était contentée d’échanges avec les pouvoirs publics, la préfecture et le Département-Région. « J’ai échangé avec le président du Conseil départemental aujourd’hui sur la construction du ponton et le but est de faire redémarrer des activités, créer une offre sur le tourisme bleu, le tourisme vert, l’agrotourisme, le tourisme de savoir-faire… », notait la ministre.

À Mamoudzou, si les bateaux de croisière sont de retour, le port de plaisance et son ponton d’urgence, en service depuis le 10 mai 2025, ont peu ou pas évolué depuis plus d’un an. Ce ponton d’urgence, toujours utilisé pour accueillir les croisiéristes aujourd’hui, devait être fonctionnel pendant 4 mois avant d’être remplacé par une passerelle plus solide, en attendant la réalisation de reconstruction complète des ports de plaisance de Mamoudzou et Dzaoudzi, prévu d’ici 3 ans. Un projet évalué entre 15 et 20 millions d’euros, indiquait le Département-Région.
« C’est un sujet technique pour lequel nous n’avons pas, à notre niveau, de visibilité immédiate sur le calendrier de réparation ou d’évolution du ponton principal », relève l’AaDTM de son côté. Le Département-Région n’a pour le moment pas répondu à nos demandes de précisions sur l’avancée des projets.
Victor Diwisch


