Après plusieurs semaines d’actions de sensibilisation et de recyclage le navire Plastic Odyssey va lever l’ancre

Arrivé le 15 juillet dernier à Mayotte, le navire Plastic Odyssey va lever l’ancre ce mardi pour continuer sa mission dans l’océan Indien, et plus particulièrement en direction de la Tanzanie.

Parti en octobre 2022 depuis Marseille, le navire Plastic Odyssey a sillonné la mer Méditerranée, l’océan Atlantique, puis l’océan Pacifique pour arriver jusque dans l’océan Indien. « Nous sommes passé par le Liban, le Maroc, le Sénégal, puis par le Cap-Vert, le Brésil, les Caraïbes, le Panama, l’Équateur ainsi que l’Asie du sud-est. Nous sommes dans l’océan Indien depuis 4 mois maintenant et avons jeté l’ancre à La Réunion, Maurice, Madagascar, les Seychelles, les Comores et enfin Mayotte », nous raconte Alaric de Beaudrap, coordinateur d’escale au sein du navire Plastic Odyssey, chargé notamment d’organiser la venue du bateau dans les différents ports.

Le navire Plastic Odyssey a sillonné 3 océans

« Au départ il n’était pas prévu que l’on fasse escale à Mayotte mais avec le passage du cyclone Chido et l’ampleur des déchets plastiques générés on a décidé de venir », poursuit Alaric. Selon lui, après Chido les déchets plastiques ont été multipliés par 6 sur notre territoire. Aussi c’est en partenariat avec des associations locales comme Mayotte Nature Environnement (MNE) que cette escale sur notre île a pu se faire. « MNE a mené des actions de collecte en amont afin que quand on arrive on puisse commencer à faire du recyclage de plastique », explique le coordinateur d’escale.

Objectifs de l’expédition Plastic Odyssey : partager les connaissances et faire du recyclage

Il existe plein d’autres alternatives au plastique…

L’expédition Plastic Odyssey a pour mission d’aller dans les pays où le plastique est peu ou pas recyclé pour d’une part le collecter « à l’état macro » mais aussi pour organiser des actions de documentation. « Nous menons des opérations de sensibilisation et de partage de connaissances sur les alternatives au plastique à usage unique qui représente à lui seul 50% du problème… Il est ainsi possible de faire des assiettes à base de feuilles de bananiers par exemple qui sont des matières organiques et donc biodégradables. A travers nos différentes escales nous avons échangé avec les populations locales sur nos connaissances en matière de méthodes de recyclage », indique Alaric.

Pour Alaric de Beaudrap, il y a de nombreuses possibilités de valorisation comme ce meuble en plastique recyclé!

En outre, l’équipe organise des actions de sensibilisation auprès des jeunes (8-15 ans) en les invitant à bord du navire et en leur montrant comment on peut recycler du plastique. « Le Plastic Odyssey est un navire d’expédition dont le but principal est de lutter contre la pollution plastique dans les océans, en particulier en promouvant le recyclage du plastique à l’échelle locale. A l’arrière du bateau nous avons une unité de recyclage plastique qui nous permet ainsi, lors de chaque escale, de récolter du plastique et de le transformer en d’autres matières en l’agglomérant par exemple ou en le chauffant. On peut ainsi fabriquer des meubles ou encore des matériaux de construction. On revalorise le plastique avant qu’il ne soit au stade micro. Les gens peuvent aussi venir travailler sur nos machines le temps de notre escale », ajoute Alaric.

Le navire Plastic Odyssey va donc quitter l’île au lagon ce mardi pour mettre les voiles en direction de la Tanzanie puis du Kenya. Sa mission se terminera en avril prochain avec un retour à Marseille, son port d’attache, après avoir fait escale dans une trentaine de pays. Cette mission de 3 ans, financée par une quinzaine de sponsors, aura permis à l’ONG Plastic Odyssey de fédérer une communauté autour du recyclage du plastique. L’ONG compte ainsi poursuivre son action. « Nous souhaitons mener une autre expédition avec pour objectif de faire de ce navire un outil pérenne de dépollution et de l’envoyer sur de sites naturels reculés afin de collecter et de transformer le plastique présent sur place », conclut Alaric.

B.J.

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