Le CHU de La Réunion active son "Plan Blanc" face à une épidémie galopante de chikungunya, tandis qu’à Mayotte, l’incertitude persiste sur l’ampleur de la circulation virus.

Chikungunya : La Réunion sous tension, Mayotte en alerte

Le CHU de La Réunion active son "Plan Blanc" face à une épidémie galopante de chikungunya, tandis qu’à Mayotte, l’incertitude persiste sur l’ampleur de la circulation virus.

À La Réunion, le système de santé est sous pression maximale. L’île fait face à une explosion de cas de chikungunya. Dans ce contexte, les autorités sanitaires ont déclenché le « Plan Blanc » au sein du Centre hospitalier universitaire (CHU) pour gérer l’afflux massif de patients. Pendant ce temps, à Mayotte, où un premier cas autochtone avait été confirmé le 26 mars 2025, l’épidémie reste largement sous-évaluée et la situation sanitaire pourrait rapidement s’aggraver.

Près de 6 000 cas par semaine

Aujourd’hui, La Réunion a franchi un seuil alarmant. Depuis le mois d’août 2024, l’île fait face à une épidémie de chikungunya tentaculaire. Avec près de 20.000 cas confirmés, les hôpitaux sont désormais sous pression. Ce vendredi 4 avril 2025, le plan blanc a été activé dans les établissements hospitaliers pour faire face à l’afflux massif de malades. Si de nombreux patients rapportent des symptômes proches de la grippe, tels que de fortes fièvres et des douleurs articulaires, certains développent des éruptions cutanées caractéristiques du virus. La gestion des urgences devient chaque jour plus complexe, alors que le pic épidémique est attendu dans les prochaines semaines.

Mayotte dans le brouillard 

À Mayotte, la situation est différente mais tout aussi inquiétante. Le 26 mars 2025, un premier cas autochtone de chikungunya a été confirmé, suivi d’un deuxième détecté cette semaine, aboutissant à un total de douze cas recensés, mais l’ampleur réelle de l’épidémie demeure incertaine. Le faible taux de dépistage complique la tâche des autorités sanitaires, rendant difficile l’évaluation du nombre exact de patients. « Je suis resté chez moi pendant deux jours. J’avais mal aux doigts, au dos. J’avais de la fièvre, je ne suis pas allé chez le médecin. Après c’est passé, mais j’ai eu des boutons sur le corps une semaine plus tard« , témoigne un habitant qui pense avoir contracté le virus. Face à cette incertitude, les autorités ont activé le niveau 2A du dispositif ORSEC « arboviroses », mais la propagation du virus, encore mal mesurée, reste une grande inconnue.

À l’heure actuelle, si la situation à Mayotte semble moins grave qu’à La Réunion, la propagation rapide du virus pourrait rapidement changer la donne, sur un île où le système de soins est plus que fragile.

Mathilde Hangard

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