Plusieurs sujets étaient à l’ordre du jour pour cette première réunion de l’année du Conseil de gestion du Parc naturel marin (PNM) de Mayotte. Le Conseil s’est notamment prononcé, avec un avis favorable, sur un projet structurant pour le territoire : le point de débarquement de pêche de Chiconi, situé près de la place Sicotram, en évaluant son impact environnemental et socioéconomique sur le milieu marin et ses usagers. « Le Conseil de gestion a validé ce projet », nous a indiqué son président, Abdou Dahalani. Les travaux sont prévus pour durer 9 mois. Il y aura une aire de stationnement et un ponton fixe monté sur pieux.
Continuer et renforcer les actions de sensibilisation à la protection du lagon

Les membres du Conseil ont également fait le bilan des actions réalisées en 2024. « Nous avons passé en revue les différentes actions mises en œuvre l’année dernière…voir si elles ont répondu aux orientations du plan de gestion comme par exemple la bonne qualité de l’eau, la protection du patrimoine maritime et terrestre, ou encore la pêche et le tourisme », nous a confié Annabelle Djeribi, la directrice du PNM. Car en effet, les moyens d’action du Parc naturel marin s’articule autour de 4 axes principaux que sont notamment les projets liés à la connaissance des milieux naturels, « nous examinons par exemple l’état de santé de certains écosystèmes comme les récifs coralliens ou les populations de poissons », indique la directrice. Le Parc mène aussi des actions de sensibilisation à l’éducation comme le programme « les p’tits fundis » ou encore « les ambassadeurs du lagon ». Il accompagne aussi les usagers dans des démarches de développement durable avec l’entretien des dispositifs d’amarrage ou de concentration de poissons pour les pêcheurs. Enfin le Parc se charge également de mener des campagnes de protection de certaines espèces comme récemment avec l’interdiction de la pêche aux poulpes « afin qu’ils puissent se reproduire… ».
Une perte de près de 40% des récifs coralliens

L’impact du passage du Chido sur les récifs coralliens du lagon est variable selon les endroits. Mais la directrice du Parc rappelle que déjà l’année dernière les récifs coralliens ont été durement touchés par le phénomène El Niño* qui a entrainé un blanchiment. « Du fait de la hausse de la température de l’eau les coraux ont perdu les algues qui étaient autour… Beaucoup de récifs sont morts ou ont été fragilisés. On estime une perte de 35 à 39% des récifs coralliens et le passage de Chido n’a fait que démultiplier les conséquences négatives ». En 2025, le Parc compte mener d’importants suivis pour justement évaluer l’impact de Chido sur ces écosystèmes car comme le raconte Annabelle Djeribi, les récifs coralliens ont protégé Mayotte, « ils ont eu un rôle de barrière en diminuant la hauteur de la houle ainsi que son intensité. Il est donc nécessaire de les protéger afin qu’ils se reconstituent car ils ont la capacité de se régénérer s’ils sont dans de bonnes conditions (salinité, température de l’eau, absence de pollution, etc. ».
En 2025, le Parc naturel marin compte mener un diagnostic précis sur l’état des récifs coralliens du lagon mais aussi renforcer ses actions de sensibilisation auprès de la population en étant plus proche, avec davantage d’interaction et d’apprentissage réciproque, car « le Parc naturel marin est un patrimoine qui appartient à tous les habitants de Mayotte », insiste la directrice.
B.J.
*El Niño est un phénomène océanographique cyclique apparaissant certaines années, qui se caractérise par des températures de l’eau plus élevées que la moyenne.