La Réunion se prépare à l’arrivée imminente du cyclone tropical intense Garance, qui se rapproche rapidement de l’île. Le phénomène, jugé « puissant, violent et lent« , devrait passer au plus près de l’île en fin de nuit, entre jeudi 27 et vendredi 28 février 2025. Depuis jeudi soir à 19h, l’alerte rouge est activée, marquant le début d’une dégradation rapide des conditions météorologiques.
Un phénomène puissant et violent
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Jeudi soir, Garance se situait à plus de 240 kilomètres au Nord de La Réunion. Selon la directrice interrégionale de Météo France, ce cyclone représente un danger majeur, avec des vents destructeurs et une mer extrêmement agitée. Dans la nuit de mercredi à jeudi, le cyclone a été classé en « cyclone tropical intense ». Si son passage au plus près de La Réunion est prévu dans la nuit de jeudi à vendredi, sa trajectoire exacte peut encore légèrement varier. En effet, tout au long de la journée de jeudi, les données météorologiques ont rapporté des rafales atteignant 230 km/h en mer. Le météore se déplace lentement. « La vitesse de déplacement lent retarde la chronologie d’impact« , a déclaré Météo-France. Si Garance touche l’île par le Nord, ses effets devraient se faire sentir sur toute La Réunion. Bien qu’il soit de petite taille, sa rapidité d’évolution augmente son imprévisibilité. Une phase d’affaiblissement est possible à son approche, mais les rafales devraient tout de même dépasser les 150 km/h sur le littoral et les 200 km/h dans les hauts. Le long des côtes, les vagues pourront être de sept à neuf mètres.
Dégradation progressive des conditions météorologiques
Depuis jeudi après-midi, les premiers effets du cyclone ont été ressentis. Une houle cyclonique s’est progressivement intensifiée, surtout sur le Nord de l’île, notamment à Saint-Denis. La vigilance rouge vague submersion avait été déclenchée pour le Nord, le Nord-Ouest et l’Est. La situation s’est ensuite dégradée plus nettement en soirée, peu avant le déclenchement de l’alerte rouge, avec des pluies soutenues et un renforcement des rafales. Les conditions météorologiques les plus extrêmes sont attendues à partir de la nuit et dans la deuxième partie de la nuit, lorsque les rafales de vent et les précipitations toucheront l’ensemble de l’île. À La Réunion, la dernière alerte cyclonique était en janvier 2024. L’île avait été placée en alerte violette, dernier niveau du dispositif d’alerte cyclonique, interdisant tout déplacement y compris pour les forces de l’ordre et les services de secours. Le 15 janvier 2024, le cyclone Belal avait frôlé l’île provoquant la mort de quatre personnes. Les dégâts matériels avaient été estimés à près de 100 millions d’euros.
Un dernier souffle avant Garance
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Avant l’arrivée du cyclone, certains habitants profitent des dernières heures de calme pour se livrer à des activités extérieures. Les sportifs se retrouvent sur les routes et sentiers de l’île, notamment sur le littoral, tandis que d’autres se régalent les yeux face à la houle sur le front de mer de Saint-Denis. La mer, déjà agitée, offre un spectacle impressionnant. « C’est un spectacle magnifique mais un spectacle dangereux« , avait pourtant déclaré le préfet ce matin. Les amateurs de sensations fortes, tout comme ceux en quête de détente, se rassemblent sur les rivages, admirant les vagues qui commencent à se renforcer sous l’effet du cyclone. Parmi eux, une professeur qui avait quitté Mayotte après plusieurs semaines difficiles sous les effets du cyclone Chido, se retrouve désormais coincée à La Réunion. « Le fait de se retrouver en alerte cyclonique ravive des mauvais souvenirs liés au passage de Chido, seulement neuf semaines après« , confie-t-elle d’une voix encore émue, après le bruit assourdissant du message de la préfecture de La Réunion, reçu par les habitants de l’île sur leurs téléphones, en prévision de l’alerte rouge.
Alerte rouge – 19h : la population est confinée
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Jeudi à 19h, l’alerte rouge est entrée en vigueur. L’ensemble de la population de l’île est désormais confinée, à l’exception des services de l’ordre et des services de secours. Jeudi matin, le préfet de La Réunion, Patrice Latron, avait appelé la population à finir de se préparer, en profitant de la journée pour effectuer les dernières courses et sécuriser leurs habitations. Les centres de vie destinés aux malades souffrant de pathologies critiques ont été ouverts à 16h, tout comme les centres d’hébergement d’urgence.
Entendu lors d’une nouvelle conférence de presse, à 19h, le préfet de La Réunion a alerté les habitants sur le fait que « les conditions météorologiques pourront être dangereuses jusqu’à vendredi en fin de journée » et que « ’alerte rouge sera levée seulement une fois qu’il n’y aura plus de risque pour la population« . Pendant le passage de Garance, des coupures d’électricité, d’eau et de réseau pourront également se produire. « On entre dans un temps relativement long pour ce cyclone« , a confié le représentant de l’Etat. Environ deux tiers des 160 centres d’hébergement répartis dans les 24 communes de l’île seront actifs. Le centre opérationnel de défense de la préfecture a également été activé 19h. Ce centre regroupe des représentants des forces de l’ordre, de Météo France, des secours et des services des routes. De plus, une cellule d’information au public a été mise en place pour fournir des mises à jour en temps réel tout au long de la nuit. Par ailleurs, « 100 secouristes de la sécurité civile sont prêts à être engagés de Mayotte vers La Réunion« , a indiqué le ministère de l’Intérieur.
L’alerte violette non écartée
Garance est une menace sérieuse pour l’île. Le Préfet n’exclut pas un passage en alerte violette si les conditions météorologiques venaient à se dégrader subitement. « Je n’écarte pas de déclencher l’alerte violette, et, si c’est le cas, il faudra qu’elle soit suspendue le plus tôt possible pour permettre à ceux qui vous protègent de sortir le plus tôt vous secourir sur les routes de La Réunion », a conclu Patrice Latron.
En fonction des impacts causés par le cyclone, une consoeur de notre rédaction, présente sur place, vous transmettra des informations actualisées.
Mathilde Hangard