Justice : sept prévenus poursuivis pour avoir semé la terreur à Mayotte en 2018

Le tribunal de Mamoudzou a décidé ce mardi de juger de concert 7 prévenus ayant appartenu à la même bande de voleurs qui a semé la terreur à Mayotte en 2018. Vols avec violences, menaces, séquestration et recel : leur palmarès était d’autant plus impressionnant que certains avaient déjà été condamnés aux assises pour des faits criminels.

C’est à un dossier pour le moins complexe auquel s’est attaqué le tribunal de Mamoudzou ce mardi 20 août. Sept prévenus étaient en effet jugés en même temps pour des faits tantôt commis en commun, tantôt en duo ou en trio, mais dont le dénominateur commun était la voiture de marque Peugeot volée. C’est dans ce véhicule que la bande de voleurs avait entreposé les butins de leurs multiples exactions. Celle-ci a été perquisitionnée in extremis par la gendarmerie sur une plage alors que les voleurs s’apprêtaient à placer les objets volés dans un kwassa direction Les Comores. Si tous les prévenus n’étaient pas présents lors de cette perquisition, les traces d’ADN retrouvées sur des objets perdus négligemment sur les lieux des vols ont permis d’arrêter les absents. Sept personnes étaient donc impliquées dans ces vols souvent commis sous la menace d’une machette à divers endroits de l’île.

Tribunal de Mamoudzou, vol avec armes, vol avec séquestration
Fatih Rahmani défendait le prévenu uniquement poursuivi pour recel

Le procès s’est révélé délicat techniquement, car 4 prévenus purgeaient déjà des peines de prison en métropole ou à La Réunion et étaient donc entendus en visio. Deux d’entre eux, à profil criminel, ont même été condamnés par une cour d’assises pour des faits ultérieurs. Ceux jugés ce mardi remontent en fait à 2018, une ancienneté qu’a déploré la substitut du procureur, Delphine Mousny. « L’ancienneté du dossier nous a empêchés d’avoir ici le témoignage de la plupart des victimes, qui sont toutes extrêmement traumatisées par les faits de vols et de séquestration que nous jugeons ici », a-t-elle déclaré juste avant son réquisitoire. Déplorant le fait que les prévenus, lors de leurs auditions, aient minimisé leurs actes ou se soient même positionnés en victimes, elle s’est lancée dans un ultime résumé des faits pour tenter d’y voir plus clair dans cette affaire aux multiples facettes.

Vols avec armes et séquestration

La bande a commencé son « équipée infernale » par un vol sous la menace d’un couteau au domicile d’une femme à Dembeni le 4 septembre 2018. Celle-ci s’en est sortie avec des ecchymoses et un stress post-traumatique qui lui ont valu 3 jours d’ITT. Les voleurs ont ensuite dérobé deux moteurs de bateau sans que personne ne soit présent pour en pâtir directement, mais c’est surtout le vol de la voiture Peugeot par la suite qui a marqué les esprits ce mardi au tribunal. Ce 24 novembre 2018, le conducteur de la voiture avait pris une jeune femme en stop sur la route de M’tsamoudou. Alors qu’il s’était arrêté pour assouvir un besoin urgent, le conducteur et sa passagère ont vu surgir une bande de 5 individus armés de la brousse. Sous la menace, les malfrats ont ligoté le conducteur, enfermé sa passagère dans le coffre, et l’ont obligée à aller retirer de l’argent au distributeur de billets. Ils ont ensuite abandonné leurs victimes dans un coin de brousse tout en conservant le véhicule. Ces dernières sont allées se réfugier dans la station-service de Chirongui où elles ont pu être prises en charge par les secours.

Tribunal de Mamoudzou, vol avec arme, vol avec séquestration
La bande a commis un cambriolage à l’hôtel Sakouli en décembre 2018

Enfin, le 8 décembre 2018, la bande de voleurs a terminé son « tour de piste » par un vol de matériel informatique, de téléviseurs, de bouteilles d’alcool et d’argent à l’hôtel Sakouli. Le tout en dégradant la porte de l’hôtel et en menaçant le gardien à la machette. C’est le lendemain, le 9 décembre, que la gendarmerie retrouvera et perquisitionnera la voiture Peugeot contenant les divers objets volés. Le lien entre les différentes affaires sera donc établi. « Nous avons à faire à des faits commis par un même groupe, mais avec des participants qui changent. L’objectif de chacun est cependant toujours le même : dépouiller les gens, tant pis s’il y a violences ! », a résumé la substitut du procureur qui a requis des peines allant de 12 ans à 6 mois de prison pour la personne qui n’était soupçonnée que de recel sans avoir participé aux exactions.

Nous aviserons le lecteur du délibéré de cette affaire dans un prochain article.

N.G

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