Hausse des prix de 1,6% à Mayotte sur les deux derniers mois

Les grands fautifs de cette inflation qui dépasse le national sur un an, sont les tarifs de l’électricité, qui prennent près de 20%, avec la fin progressive de la mesure de gel prise par le gouvernement.

Les agents de l’INSEE n’ayant pu collecter les prix sur le terrain en février en raison des blocages de l’île, et ne l’ayant fait que partiellement en mars pour les mêmes raisons, c’est un « nombre limité de relevés » sur lequel s’appuie ce bulletin d’avril 2024.

Entre janvier et mars 2024, l’indice des prix à la consommation augmente de 1,6 %, « du fait de la hausse des prix dans tous les secteurs, et plus particulièrement de l’énergie et des produits manufacturés ». C’est une première explication de cette inflation, car le plus souvent la baisse de l’un compense la hausse de l’autre. Et, une fois n’est pas coutume, , la seule tendance à la baisse sur février-mars est celle des billets d’avion.

Cette hausse de 1,6% est d’autant plus notable que l’inflation sur 12 mois, de mars 2023 à mars 2024, « n’est que » de +3,1 % à Mayotte, « en légère hausse comparativement aux mois précédents », note l’INSEE, qui rajoute que « la hausse des prix sur un an est plus forte qu’au niveau national, +2,3 % ».

Les principaux fautifs sont les tarifs de l’énergie qui, entre janvier et mars 2024 augmentent de 9,9 %, « alors qu’ils baissaient depuis novembre ». Les prix des produits pétroliers augmentent de 3,1 %, avec une hausse de 8 centimes du prix du supercarburant et de 4 centimes du prix du gazole entre janvier et mars. Le prix de la bouteille de gaz est stable. Par contre, les tarifs de l’électricité augmentent de 19,9 % « en raison de leur remontée progressive depuis le 1er février avec la fin du bouclier tarifaire ». Mis en place par le Gouvernement en octobre 2021, cette mesure de protection du pouvoir d’achat des Français a permis de limiter une hausse importante des factures d’énergie, suite à la guerre en Ukraine, contrairement à d’autres pays européen. Elle a pris fin progressivement, notamment depuis le 1er février 2024.

Une tendance plus rassurante que l’année dernière

L’inflation moins élevée que l’année dernière

La hausse des prix de l’alimentation se poursuit entre janvier et mars (+0,4 % après +0,4 % en janvier). Les prix des produits frais augmentent de 2,5 %, ceux des autres produits alimentaires sont stables.

Les prix des produits manufacturés repartent à la hausse entre janvier et mars (+1,4 %). Après les soldes de janvier, les prix de l’habillement et chaussures augmentent de 5,2 %, notamment sur la période des foires Ramadan.

Les prix des produits de santé sont stables et ceux des autres produits manufacturés augmentent de 0,3 %.

Les prix des services sont de nouveau en augmentation entre janvier et mars (+0,6 %), après une baisse de 0,5 % en janvier. Les prix des loyers-eau-enlèvement des ordures ménagères augmentent (+0,5 %), de même que ceux des services de communications (+0,6 %). À l’inverse, les prix des services de transports reculent (-2,2 %), il s’agit d’une période creuse pour les départs en vacances, tandis que ceux des services de santé sont stables. Les prix des autres services augmentent (+1,1 %), du fait notamment de la hausse des prix dans la restauration et les assurances.

Entre janvier et mars 2024, les prix du tabac augmentent de 2,9 %.

Pour comparaison, on est descendu d’un palier par rapport au niveau inflationiste de l’année dernière à la même époque, puisque en mars 2023, Mayotte enregistrait une inflation sur les douze derniers mois de 5,4%, contre 3,1% cette année.

A.P-L.

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