27.8 C
Mamoudzou
jeudi 29 février 2024
AccueilEnvironnementProtection animale : « Une tortue vivante vaut plus qu’une tortue morte...

Protection animale : « Une tortue vivante vaut plus qu’une tortue morte ! »

Le Réseau Échouage Mahorais des Mammifères marins et Tortues Marines (REMMAT) de Mayotte organisait samedi matin une opération de recensement et de ramassage d’ossements de tortues sur les plages de Charifou. Près de 35 bénévoles se sont mobilisés pendant toute la matinée. Le bilan est malheureusement très alarmant.

Les plages de Charifou sont tristement réputées pour le braconnage de tortues. Selon le Parc Marin de Mayotte, qui a effectué plusieurs survols en ULM, ces plages représentent 11% des traces de pontes de toute l’île. Aussi, le Remmat organise chaque année un recensement et un ramassage sur un site différent afin de transmettre aux pouvoirs publics, aux associations, aux différents organismes et acteurs du territoires, des données fiables. « Le dernier recensement effectué sur cette plage remonte à 2015, indique Émeline Regnault coordinatrice et membre du Remmat. L’idée est de couvrir un maximum du territoire pour identifier les principaux lieux de braconnage et ainsi mettre en place un plan d’action avec les autorités grâce aux remontées de terrain que nous avons ».

Une formation pour être habilité au recensement et au ramassage

Émeline Regnault est membre active du Remmat.

Les tortues vertes sont une espèce protégée. Les membres du Remmat sont les seuls à pouvoir et à avoir l’autorisation de manipuler des tortues ou leur carapace. Pour cela ils ont suivi une formation d’une journée sur la réglementation, les espèces, les différents cas, l’identification des lieux de pontes, … Et ont par ailleurs signé une charte. « Les membres du Remmat figurent sur un arrêté préfectoral les autorisant à manipuler des tortues, raconte Émeline. L’année dernière nous avons été alertés sur environ 150 cas de tortues qui ont été signalés au Remmat. Malheureusement 90% sont mortes dont 80% à cause du braconnage. Le reste était des tortues en détresse qui étaient soient blessées, soient coincées… ».

Ainsi, lorsque les bénévoles découvrent une carapace ou des ossements, ils prennent des photos et des mesures afin d’alimenter les données puis ils marquent et enregistrent les coordonnée GPS afin que des membres du Parc Marin puissent venir les récupérer. « Les carapaces que nous avons marquées aujourd’hui seront récupérées aux alentours du 6 novembre par des agents du Parc Marin selon une procédure particulière », assure Émeline.

Chaque carapace a été marquée afin d’être identifiée et recensée.

L’objectif de cette opération de recensement et de ramassage est donc d’une part de s’assurer d’un suivi sanitaire face aux cadavres en décomposition, d’autre part d’établir des données fiables pour les pouvoirs publics et les organismes afin d’agir pour la protection de ces espèces, mais aussi et surtout de sensibiliser la population aux enjeux de la survie des tortues, car comme le souligne Émeline : « Une tortue vivante vaut plus qu’une tortue morte ! »

Un arrêté de protection pour les tortues

Aussi, depuis l’année dernière, la préfecture a mis en place un arrêté de protection du biotop sur les principales plages de pontes de l’île. « Les plages de Moya et Papani en Petite-Terre, ainsi que Saziley et les 4 de Charifou ont fait l’objet d’une réglementation spécifique car elles représentent à elles seules près de 70% des pontes de tortues dans toute l’île. Aussi il est interdit de s’y trouver de 18h à 6h, de mettre de la musique ou encore de bivouaquer sous peine de sanctions », rappelle Émeline.

Un crâne de tortue figurait parmi les ossements retrouvés.

Durant cette matinée de samedi ce sont ainsi 835 kg d’ossements et de carapaces qui ont été ramassés. « Nous avons recensé 19 carapaces cette année sur 3 plages de Charifou et plusieurs centaines de kilos d’ossements, dont 415 kg rien que pour Charifou 3. C’est énorme ! L’année dernière, nous étions certes sur un autre site, mais nous n’avions comptabilisé que 9 carapaces, ce qui était déjà trop, déplore Émeline. Cela montre bien que les plages de Charifou sont un site avec beaucoup de braconnage ». Même si les braconniers encourent de la prison ferme et plusieurs dizaines de milliers d’euros d’amende, cela ne les empêche pas de prendre des risques pour notamment revendre la chair de tortues. Mais ce que la plupart des gens ignorent c’est que « Même fraiche, la chair de tortue peut être mortelle à consommer puisqu’elle contient des bactéries avec des toxines dans la viande », explique la coordinatrice du Remmat.

La bonne nouvelle, si l’on peut dire, c’est que concernant les tortues malades ou en détresse le centre de soins dont la première pierre a été posée en juillet en Petite Terre, va voir le jour d’ici l’années prochaine, sous l’impulsion de l’association Oulanga na Nyamba. « Cela permettra de prendre en charge les tortues 24h/24 et 7j/7 », se réjouit Émeline.

Les agents de l’OFB étaient également présents.

Enfin, le festival Laka qui aura lieu le week-end prochain va permettre de sensibiliser et d’impliquer la population mahoraise concernant la fragilité de sa biodiversité.

B.J.

 

Contact : REMMATNuméro d’urgence échouage : 06 39 69 41 41.

RESTONS EN CONTACT

Inscrivez-vous à la lettre d'information du JDM afin de garder en oeil sur l'actualité mahoraise

l'actualité

+26
°
C
+27°
+24°
Mamoudzou
Samedi, 04
Dimanche
+25° +24°
Lundi
+25° +24°
Mardi
+25° +24°
Mercredi
+25° +24°
Jeudi
+25° +24°
Vendredi
+25° +24°
Prévisions sur 7 jours
Sénat, insalubre, Mayotte, Guyane

Le Sénat allonge le délai de démolition d’une case informelle à 4 jours après...

0
Un texte facilitant les démolitions d’habitats insalubres à Mayotte et en Guyane a été adopté ce jeudi par les sénateurs. Avec comme objectif, « rendre moins attractif le territoire », défendait Thani Mohamed Soilihi
Mayotte, délinquance, Gérald Darmanin, Marie Guévenoux, Vigipirate, place nette

Point post-visite ministérielle sur les outils de lutte contre la délinquance à grande échelle

0
Avant même de se lancer dans un Wuambushu II, un bilan du premier n’est pas inutile et permet de repositionner le curseur sur les besoins. Sur son volet délinquance, le dispositif « place nette » a été rajouté par Marie Guévenoux. Et faute d’état d’urgence sanitaire, utilisons "place nette" et pourquoi ne pas décliner Vigipirate actuellement en vigueur en France ?

Salon international de l’Agriculture : les confidences des médaillés d’argent en vanille et miel

0
Alors que les portes du Salon international de l’Agriculture doivent se refermer ce week-end, nos représentants mahorais, bien que très peu nombreux, ont brillé dans leur domaine. La quantité ne faisant pas la qualité, nos agriculteurs ont valorisé notre territoire puisqu’ils repartent chacun avec une médaille d’argent au concours général agricole, à savoir la culture de la vanille mais aussi, et cela est nouveau, dans la production de miel.

Redécouvrir Mamoudzou de nuit : Mamoudzou by night !

0
Arpentez le centre-ville de Mamoudzou la nuit à travers une marche nocturne de 7,1km. Mamoudzou by night se déroulera le vendredi 08 mars 2024 à partir de 17h30 au départ de l’Hôtel de Ville...

Appel aux exposants pour le marché paysan de la foire ramadan

0
A l’occasion du ramadan, la Ville de Mamoudzou organise un marché paysan afin de promouvoir les activités économiques du territoire, de permettre aux producteurs locaux de valoriser et vendre leurs produits. Il se tiendra les mercredis et les samedis de 8h à 16h du 13 mars au 10 avril 2024.

Recent Comments