Mayotte se doit d’être à la pointe de la transition énergétique et du développement durable

Le secrétariat de la Commission européenne en charge de promouvoir la transition énergétique dans les îles européennes « Clean Energy for EU Islands Secretariat » était ce mercredi à Mayotte afin de promouvoir la transition énergétique et le développement des énergies renouvelables sur le territoire.

En novembre 2022 une délégation de Mayotte s’était rendue à Bruxelles sous l’égide de l’Agence de Développement et d’Innovation de Mayotte (ADIM) et du Conseil départemental dans le cadre du salon Invest in Mayotte afin de mettre en lumière le territoire mahorais mais aussi ses acteurs économiques. Ce fut également l’occasion pour la délégation d’échanger et de faire des rencontres avec la Commission Européenne. Aussi, la venue du secrétariat en charge de la transition énergétique n’est pas une surprise tant les enjeux environnementaux sont cruciaux pour l’île au lagon. Pour Zamimou AHAMADI, présidente de l’ADIM, « Le changement climatique est un enjeu majeur à Mayotte. Nous devons prendre nos responsabilités en utilisant mieux l’énergie et tendre vers une énergie décarbonée, car 95% de l’énergie dans l’île est produite avec du diesel. Nous devons ainsi faire des efforts dans la transition énergétique afin, à terme, d’être autonome, rappelle-t-elle. Nous devons moins dépendre de l’extérieur et favoriser le développement durable. C’est une nécessité ».

Plusieurs experts ont répondu aux questions du public sur la transition énergétique

Vers une neutralité carbone à l’horizon 2050

L’agenda de la transition énergétique est ambitieux, y compris et surtout pour les territoires ultramarins (TUM), dont l’objectif est d’être autonome en 2030. L’État français s’est ainsi engagé dans une transition énergétique rapide et accessible à tous. Le gouvernement a ainsi versé pour l’année 2022, 185 millions d’euros en subventions pour que l’énergie dans l’île soit sensiblement au même prix qu’en métropole afin que les mahorais ne soient pas pénalisés. De plus près de 3000 « chèques énergie » de 200 euros ont été distribués aux particuliers, même si cela est encore insuffisant. Mayotte concède beaucoup de retard concernant la décarbonation de l’énergie, notamment avec ses deux centrales qui fonctionnent au diesel. Dans un futur proche, plusieurs projets sont prévus notamment en ce qui concerne la biothermie et la biomasse, ainsi qu’une centrale fonctionnant au biocarburant. Le but étant de maitriser la production et la consommation d’énergie sur le territoire. Pour cela plusieurs chantiers sont en cours comme le projet Caribus qui permettra d’avoir un véritable réseau de transport en commun ou encore le projet de développer des navettes maritimes. Il y a nécessité de réduire les déplacements dans l’île, même si comme le rappelle la préfecture l’on constate une hausse importante de véhicules hybrides en circulation. Il s’agit aussi de mieux répartir l’activité économique qui se concentre aujourd’hui principalement sur Mamoudzou.

Mayotte possède un des meilleurs lagons au monde

Les enjeux de la transition énergétique

Pour Yann le Bigot de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), «  Les gaz à effet de serre ont provoqué une hausse des températures ce qui a des conséquences sur le changement climatique. Il faut agir dans de nombreux domaines pour diminuer l’impact et s’adapter aux conséquences », explique-t-il.

La France a mis en place une stratégie concernant la transition énergétique pour la métropole mais aussi les Outre-mer à travers la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Les objectifs pour Mayotte sont multiples. Il s’agit en outre  de décarboner la production d’électricité, d’augmenter la partie des énergies renouvelables dans le mix électrique, mieux maitriser la demande en électricité et tendre vers une autonomie énergétique du territoire. Car à plus ou moins court terme les besoins à venir sont colossaux selon les estimations du Secrétariat général pour les Affaires régionales (SGAR) : + 17MW (megawatt) vers 2030 et +70MW vers 2040. « Actuellement nous produisons environ 65MW, il faudra donc doubler la production d’ici 20 ans », indique Thibault Callé du SGAR. Il s’agit donc de bien maitriser à l’avenir la demande en électricité mais aussi de limiter les déplacements et développer les transports en commun. « Le projet Caribus va dans ce sens avec une première mise en service du réseau à la fin de 2024 et la deuxième phase en 2026-2027 », indique Laurent Testi, chef de projet Caribus à la Cadema. Quatre ligne de bus seront ainsi mises en service ainsi que des pistes cyclables. En effet, il faut décongestionner Mamoudzou car à l’heure actuelle pas mois 110.000 déplacements motorisés sont comptabilisés par jour dans l’île, sachant qu’ils sont concentrés essentiellement dans l’agglomération de Mamoudzou.

Les enjeux concernant la transition énergétique et le développement des énergies renouvelables concernent l’île au lagon au premier chef, car vu sa croissance économique et sa croissance démographique, si nous ne faisons rien et que nous ne prenons pas nos responsabilités il y aura péril en la demeure.

B.J.

Partagez l'article :

spot_imgspot_img

Les plus lus

Publications Similaires
SIMILAIRES

Fortes pluies et inondations : la population subit toujours sans réelle politique publique

Ce mercredi 11 mars, de fortes pluies ont transformé rues et quartiers de Mayotte en torrents d’eau, paralysant routes, habitations et écoles. Si les habitants ont été pris de court, l’événement révèle surtout l'absence de prévention et l’insuffisance des infrastructures, déjà fragilisées face aux risques climatiques et à l’urbanisation croissante.

« Discord Etudiants Mahorais », la solidarité étudiante qui dépasse les frontières

À travers un serveur Discord, l’association aide les étudiants de Mayotte à s’installer, réussir et se créer un réseau professionnel, qu’ils soient en France, à la Réunion, au Canada ou ailleurs dans le monde.

L’association Le Regard du Cœur, véritable refuge et famille pour la jeunesse

À Longoni, l’association Le Regard du Cœur accompagne depuis plusieurs années les jeunes du village et des alentours à travers des activités éducatives, sportives et culturelles. Un lieu d’échange et de partage où chacun peut apprendre, s’exprimer et grandir aux côtés des autres.

« C’est la première fois que les hommes assistent à la naissance d’un volcan »

Depuis la découverte du volcan Fani Maore, le chercheur Saïd Saïd Hachim travaille avec le public, en particulier les enfants, pour développer du savoir scientifique sur le phénomène et pour les sensibiliser aux risques naturels et sur les bons gestes à adopter en cas de danger.