Les représentants de l’éco-organisme chargé de la collecte et de la revalorisation des piles et des batteries portables, Corepil, ont fait le déplacement à Mayotte la semaine dernière. Une venue qui s’inscrit dans la volonté de remettre à plat la stratégie de collecte de ces déchets dans le département afin de pérenniser la filière.

Difficulté de la collecte des piles à Mayotte, faire face et rester positif

Les représentants de l’éco-organisme chargé de la collecte et de la revalorisation des piles et des batteries portables, Corepil, ont fait le déplacement à Mayotte la semaine dernière. Une venue qui s’inscrit dans la volonté de remettre à plat la stratégie de collecte de ces déchets dans le département afin de pérenniser la filière.

« L’objectif est de remettre à plat l’ensemble du dispositif de Corepil ». Irchaad Hossen, responsable des relations extérieures pour l’éco-organisme, a bien conscience des récentes difficultés qu’à traversées Corepil dans le 101e département. Agréée pour la collecte des piles et des accumulateurs portables, l’éco-organisme est actuellement leader sur le marché. « Entre 63 % et 65 % des volumes collectés le sont par notre éco-organisme », précise le responsable des relations extérieures.

La cartographie des points de collecte, un enjeu pour augmenter le flux de déchets collectés

Une collecte perturbée à Mayotte par de nombreux facteurs concomitants

Piles bâtons, piles boutons ou encore batterie d’appareil électriques, « le message à faire passer auprès du grand public, c’est que Corepil collecte toutes les piles et les batteries qu’un particulier pourrait avoir chez lui, hors les batteries de véhicules », souligne Camille Joncour, responsable collecte. Néanmoins, de nombreuses difficultés se sont succédé à Mayotte n’ayant pas permis une optimisation des flux de déchets collectés. A la crise de la Covid-19, s’est ajouté le retrait du représentant de l’éco-organisme sur l’île, « sans forcément nous prévenir », note Irchaad Hossen. Cette situation a entraîné « une phase de flottement ».

Certes, tempère Camille Joncour, « l’ancien facilitateur s’occupait des petits points de collecte car les plus gros sont indépendants. Le fait qu’il décline n’a pas eu d’impact sur toute la filière à Mayotte ». Mais le mal était fait. Un imprévu arrivant rarement seul, les difficultés de transbordement des déchets dangereux, en raison d’une réglementation plus contraignante, ont conduit les compagnies maritimes à limiter leurs exportations. « La Star Mayotte nous a avertis qu’ils n’étaient plus en capacité d’assurer les collectes pour le compte de Corépil », informe Irchaad Hossen. La raison ? Une saturation de leurs espaces de stockage.

Un nouveau cycle de collecte s’ouvre

Toutefois, depuis fin octobre et l’affrètement d’un navire pour l’évacuation des déchets dangereux de Mayotte, la Star est à nouveau en capacité de reprendre les collectes. Pour Corepil, le volume expédié s’est élevé à environ 7 tonnes de piles et d’accumulateurs, soit l’équivalent de 40 fûts représentant le stock accumulé depuis 2015. Cette opération a enclenché un nouveau cycle de réflexions concernant l’action de Corepil dans le département. Sachant que « la Star va pouvoir reprendre une activité de collecte, nous allons pouvoir décliner une nouvelle mise à disposition du matériel et des points d’apport aux usagers », détaille Irchaad Hossen avant de préciser : « Il s’agit aussi de repenser la filière ».

Tenir compte des spécificités de Mayotte

L’absence de déchèterie à Mayotte pèse aussi d’autres types de déchets, ici le stockage des huiles minérales

Pour y parvenir, un des premiers chantiers à engager « sera de cartographier l’ensemble des lieux de collecte afin de pouvoir communiquer auprès des usagers », renseigne Camille Joncour. Reconstruire un réseau avec des acteurs fiables permettra « de mieux communiquer », poursuit-elle. Sur ce point, son collègue abonde : « l’objectif c’est bien de redéfinir une stratégie d’implantation qui soit en adéquation avec les besoins du territoire », tout en tenant compte des spécificités du territoire mahorais ; l’absence de déchetterie en est une, et non des moindres. « 37 % des volumes collectés par Corepil au niveau national le sont grâce au réseau des déchetteries qui est extrêmement important pour l’éco-organisme. C’est un levier de croissance des collectes que l’on n’a pas à Mayotte », explique le responsable des relations extérieures. Cette situation implique de réfléchir « à des leviers pour compenser cette absence ».

La revalorisation un enjeu de souveraineté économique

Afin de mettre en place une filière pérenne sur le territoire, les représentants de l’éco-organisme ont enchaîné les rencontres avec l’ensemble de ces parties prenantes. « Si certaines institutions veulent nous aider à mieux communiquer sur la filière et à sensibiliser le public, on est preneur », informe Irchaad Hossen. Certes, si la revalorisation ne se fait pas sur le territoire en raison de l’absence d’installations adéquates à Mayotte, elle n’en reste pas moins essentielle.

Sur l’ensemble des 10 000 tonnes collectées sur le territoire national par Corepil, en 2021, le taux de recyclage s’est élevé à 78,1%. Une aubaine pour les industriels qui sont en mesure de pouvoir s’approvisionner en matière premières reconditionnées. Quant à Mayotte, la dynamique nouvelle qui va se mettre progressivement en place prendra toute sa place afin d’améliorer les flux de collecte, la sensibilisation des usagers étant, à ce titre, primordiale.

Pierre Mouysset

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