Le 13 août dernier s’est tenue la première édition du festival en faveur du crabier blanc à Musicale Plage. Organisé par le Groupe d’Etudes et de Protection des Oiseaux de Mayotte (GEPOMAY), cet événement a pour ambition de sensibiliser le plus large public possible aux enjeux de préservation de cette espèce et les menaces qui planent sur lui.

Le GEPOMAY sensibilise le public sur les enjeux de protection du crabier blanc

Le 13 août dernier s’est tenue la première édition du festival en faveur du crabier blanc à Musicale Plage. Organisé par le Groupe d’Etudes et de Protection des Oiseaux de Mayotte (GEPOMAY), cet événement a pour ambition de sensibiliser le plus large public possible aux enjeux de préservation de cette espèce et les menaces qui planent sur lui.

« Une espèce qui disparaît, c’est irréversible ». Les propos d’Émilien Dautrey, directeur du Groupe d’Etudes et de Protection des Oiseaux de Mayotte (GEPOMAY), sont sans équivoque. « Le crabier blanc est l’espèce d’oiseau la plus menacée sur l’île», poursuit-il. En tant qu’animateur depuis 2018 du Plan National d’Action (PNA) en faveur du crabier blanc, « le comité de pilotage a décidé de mettre en place cette année ce festival, une première », informe le directeur.

De nombreux concerts ont été proposés tout au long de la journée
© Germain Le Carpentier – 2022

Marine Harmand, charge de communication au GEPOMAY, abonde : « il y a la volonté d’institutionnaliser ce festival, ne pas le faire que sur le crabier blanc », précisant « qu’à Mayotte on a de quoi faire avec le dugong ou encore la couleuvre de Mayotte ». La sensibilisation faisant partie des actions mises en place dans le cadre du PNA, « le festival présente la meilleure formule pour attirer le plus large public possible afin de faire prendre conscience des enjeux de préservation du crabier blanc », poursuit Élimien Dautrey.

Les pressions anthropiques menacent le crabier blanc

Espèce endémique de l’océan Indien, la population totale de crabier blanc est estimée entre 2000 et 4000 couples. « Mayotte accueille entre 20 à 40 % de la population reproductive de cette espèce, la plus forte concentration juste derrière Madagascar », explique le directeur. Si au niveau mondial cet oiseau est inscrit sur la liste de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) des espèces en danger, en France, il fait partie de la liste des espèces en danger critique. Cette situation s’explique par « la disparition des zones humides, lieux dans lesquels ils se reproduisent et où ils se nourrissent », détaille Marine Harmand. Ces zones subissent sur l’île la pression anthropique, à cause de la pollution des mangroves ou encore de l’expansion urbaine.

Lutter contre la pollution pour endiguer la prolifération des rats

Autre problématique, la présence d’espèces exotiques envahissantes (EEE) que ce soit au niveau de la

La pollution des zones humides menace les crabier blanc

flore ou de la faune. Sur ce point, Émilien Dautrey entend exposer les problématiques rencontrées : « le songe par exemple modifie l’écosystème des prairies humides. Les déchets présents dans les mangroves attirent les rats qui sont une EEE. On les suspecte de se nourrir des œufs des crabiers blancs ». Une déduction liée au résultat des récentes observations de l’association : « nous avons placé des œufs de poules à proximité de nids de crabier blanc, et nous avons pu filmer des rats les dévorer », détaille Marine Harmand.

Pour tenter de réduire les nuisances de ces rongeurs, des actions de gestion du rat sont mises en place dans les zones humides afin de protéger les œufs et les poussins des crabiers blancs. Si l’objectif de ce festival est d’informer et sensibiliser le public sur les enjeux de préservation du crabier blanc, cette première entend également faire prendre conscience que chacun à son échelle peut aider à la préservation de cette espèce. « Moins de déchets rejetés dans la nature, c’est moins de prolifération de rats », reconnaît Steeve Mathieu, chargé d’études crabier blanc au GEPOMAY. Une situation qui concerne le plus grand nombre afin d’assurer la pérennité de l’espèce sur l’île au lagon.

Pierre Mouysset

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