Pas besoin d’être fort en maths, mais il fallait quand même agiter ses neurones pour participer à ce concours international où Mayotte s’est bien classée. Nous avons rencontré les deux lauréates de leur niveau en 3ème, Nissya Mahamoud en binôme avec Inshia Goulamany. Deux porte-drapeaux de l’avenir de leur île.

Portrait de deux lauréates du concours international Castor informatique 

Pas besoin d’être fort en maths, mais il fallait quand même agiter ses neurones pour participer à ce concours international où Mayotte s’est bien classée. Nous avons rencontré les deux lauréates de leur niveau en 3ème, Nissya Mahamoud en binôme avec Inshia Goulamany. Deux porte-drapeaux de l’avenir de leur île.

Faisant appel à la déduction et à la logique, le concours Castor Informatique a été créé en Lituanie en 2004 et est désormais organisé dans 50 pays dont la France depuis 2011. Le concours s’est déroulé du 7 novembre au 18 décembre 2021, et a vu la participation de 671.020 élèves pour 3.642 établissements sur le plan national, et plus de 4 millions d’élèves en comptant tous les pays. Le Collège Halidi Sélémani de M’Gombani y a participé et s’est remarquablement bien classé.

Les élèves des collèges et des lycées peuvent s’y inscrire quelque soit leur niveau et leur filière, en répondant à 12 questions interactives, qui comportent chacune 4 niveaux de difficulté croissante. Le jeune Siyam Youssouf, est arrivé 27ème sur
107.000 participants au niveau national pour le niveau 6ème. « Tout le monde pouvait y participer, il n’était pas nécessaire d’être bon en maths, il faut juste être bon en logique », glisse Nissya Mahamoud, qui était en binôme avec Inshia Goulamany. Elles ont terminé 131ème sur 39.805 candidats de leur niveau.

Nous avons rencontré ces deux têtes de classe de la 3ème Madrid du collège de M’gombani, pour en savoir plus sur leur personnalité.

Un des tests de logique et de programmation

Présentez-vous. De quel village êtes vous toutes les deux, dans quel secteur vos parents travaillent-ils ? Et quel a été votre parcours scolaire en primaire ?

Inshia Goulamaly, 15 ans : Je suis de Mtsapéré, ma mère est femme au foyer et mon papa tient une quincaillerie. J’ai une grande sœur à l’université à La Réunion et un petit frère. J’ai été scolarisée à l’école Couleurs d’épices, puis aux Roussettes avant de venir au collège de M’gombani.

Nissya Mahamoud, 14 ans : Je suis de Kavani, ma mère est secrétaire en pédiatrie et mon père travaille à la pharmacie centrale. J’ai deux frères et une sœur, et j’ai été à l’école privée les Frimousses à Kavani sud.

Quelle est votre matière préférée et pourquoi ?

Nissya Mahamoud : J’aime toutes les matières, mais surtout SVT, Sciences et Vie de la Terre, parce qu’on découvre tout ce qui a trait à la vie, aux humains et aux être vivants en général. Par exemple, en TP, on a disséqué un morceau de cerveau humain, de personnes qui donnent leur corps à la science, on voyait les cellules, c’était incroyable. Ce qui me plait, c’est la découverte.

Inshia Goulamaly : Moi c’est les maths ! Parce que c’est facile, logique, il n’y a rien à apprendre par cœur. Les tables de multiplications, ou les théorèmes, ça entre dans la tête tout seul, c’est comme un jeu.

Ce concours, c’était compliqué ?

Remise des prix ce lundi

Inshia Goulamaly : Il y avait 4 étoiles de niveau, et il fallait tout faire en 45 minutes. La première était facile, mais la 4ème, plus compliquée. Par exemple, il y avait des boites face au Castor, qui ne devait se rendre que dans les claires, en laissant les foncé, tout en suivant un parcours. Il fallait bien réfléchir.

Nissya Mahamoud : Moi je veux dire que ce concours, tout le monde peut y participer. Personnellement, je n’aime pas les maths, mais il n’y a pas besoin d’être fort en maths, il faut juste être logique, et je vous assure, c’était facile.

Quelles sont vos passions et vous projetez-vous déjà sur un métier dans l’avenir ?

Inshia Goulamaly : J’aime lire avant tout. C’est le livre « Cœur délice » qui m’a incité à la lecture, et après, les Harry Potter que j’ai dévoré. J’adore aussi jouer aux jeux de société. Plus tard, je veux enseigner les maths, ici ou à La Réunion.

Nissya Mahamoud : Ma passion, c’est le foot. J’aime beaucoup jouer en équipe, et ça me vide la tête. Plus tard, je veux être sage-femme, et à Mayotte. Il y a trop de problèmes ici, il faut du soutien et rester pour y travailler, c’est important.

Ensemble : Nous participons aussi aux activités proposées par le collège les mercredis après-midi, surtout en « éloquence », et une participation à une extension au lycée Bamana où nous devons donner notre avis. Mais il y a aussi, Théâtre, jeux de société, sports, etc.

Les deux copines, déléguées de classe toutes les deux, repartent à leur cours de musique, non sans avoir lâché, « le brevet, ça va arriver vite, et ça nous inquiète beaucoup ! »

Une petite cérémonie de remise des prix s’est déroulée ce lundi pour les 12 élèves lauréats qui ont reçu chacun un livre offert par la Bouquinerie de Passamainty. C’était aussi l’occasion pour 15 élèves de l’Unité pédagogique pour élèves allophones arrivants (UPE2A) de proposer un spectacle de danse, et de lire chacun une phrase d’un poème.

Propos recueillis par Anne Perzo-Lafond

Partagez l'article :

spot_imgspot_img

Les plus lus

Publications Similaires
SIMILAIRES

Élections municipales de Mamoudzou : la justice décide qu’il n’y aura pas de nouveau scrutin

Le tribunal administratif de Mayotte entérine le score de la liste d’Ambdilwahedou Soumaïla au premier tour des élections municipales de Mamoudzou. Ce mardi 15 septembre, il donne en partie raison au requérant, Ahamada Haribou (arrivé deuxième), en retranchant 104 voix litigieuses.

Des parents d’élèves demandent le départ de la rectrice : « Si elle ne s’occupe pas de nous, elle doit démissionner »

Le lycée de la Cité du Nord entame ce lundi 14 septembre sa troisième semaine de blocage. Près de 180 parents, enseignants et représentants syndicaux se sont réunis devant l'établissement scolaire. La mobilisation des parents prend de l'ampleur, tandis qu'aucune rencontre avec la rectrice ou une délégation du rectorat n'était encore confirmée dans la matinée.

« Le CHM brille par son silence » : les brancardiers et ambulanciers en grève à Mayotte

Plus d'une vingtaine de brancardiers et ambulanciers du CHM sont en grève depuis lundi matin à Mamoudzou. Heures supplémentaires contestées, manque d'effectifs, missions SMUR et interventions à la morgue, les agents dénoncent une accumulation de difficultés et réclament des réponses de la direction.

Environnement : Plus de 41 000 euros attribués à trois projets écologiques à Mayotte

L'Office français de la biodiversité (OFB) a dévoilé les lauréats de la seizième édition de son programme de financement TeMeUm (Terres et Mers Ultramarins). Au total, trois projets mahorais d'initiatives locales, associatives et écologiques vont donc se partager une enveloppe de 41.550 euros.