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mardi 27 février 2024
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Agriculture – La race du zébu mahorais identifiée à travers une grille de notation

C’est la star du moment. Le zébu a été mesuré sous toutes les coutures, inspecté sur la couleur de sa robe et jusqu’à la pigmentation de ses sabots, la chercheuse Zsuzsa Zsuppan a même tourné autour de son nombril. Résultat, une grille de notation du zébu mahorais a été rédigée à destination des éleveurs de l’île. Une étude qui permet de révéler une espèce qui pourrait être menacée.

On sait depuis 2018 que le zébu mahorais est une race à part. Mais encore fallait-il en donner les caractéristiques, afin de cerner l’étendue du cheptel. C’est ce que vient de faire la chercheuse Zsuzsa Zsuppan, pour le CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement).

Elle est partie pour cela de l’échantillon de 150 zébus qui avaient fait l’objet d’une première recherche entre 2015 et 2017. Après une analyse « phénotype », c’est-à-dire de leur l’apparence, couleur, taille, la forme des cornes, etc. et « génotype », donc de leur patrimoine génétique, ils avaient été classés comme étant de race « zébu mahorais ». « Cette caractérisation du zébu mahorais avait permis de créer le code race 90 qui n’existait pas, et de le rajouter en 2018 à la liste officielle des races », retrace Zsuzsa Zsuppan que nous avons jointe au téléphone.

Les différences entre les yeux des bovins sont pointées méticuleusement

Pouvait alors commencer la 2ème étape, l’élaboration d’une grille de notation du zébu mahorais, qui combine à travers une trentaine de caractéristiques, les données génétiques et phénotypes. Les zébus sont notés en fonction de la couleur de leur robe, de la pigmentation du mufle, de leur bosse, etc. Une fois la grille obtenue, la chercheuse va faire défiler 165 zébus, qui seront notés comme à l’école. Et là, le doute s’installe : « J’ai repéré des caractéristiques issues d’un fort métissage avec des races européennes et dans une moindre mesure africaine. Sur 35 individus, il y avait des incertitudes. »

Ne pas menacer la race avec le métissage

La scientifique applique une démarche en 4 étapes : la notation à l’aide de la grille, l’examen génotype de l’animal, la recherche des ascendants parents et grands-parents et, en cas d’incertitude comme c’était le cas avec les 35 zébus, un prélèvement sanguin pour donner les caractéristiques génétiques, « cela permettra de lever les ambiguïtés ». Les résultats de cette 4ème étape ne sont pas encore connus en raison de problème sur l’envoi des échantillons, notamment une panne du véhicule de la CIRAD depuis le mois de mars. Embêtant. Les 35 échantillons devraient être envoyés avant la fin de l’année au laboratoire LABOGENA.

La grille de notation, publiée par le Réseau d’Innovation et de Transfert agricole

Sur les 140 autres animaux, pas de doute, ce sont bien des bon gros (c’est relatif) zébu de chez nous !

Le risque de métissage vient des races métropolitaines qui ont été importées, les montbéliardes et les Brunes des Alpes, «  ce sont les critères qui sont liés à ces races que l’on écarte pour obtenir la race de zébu mahorais. » Il y a eu métissage également avec des races taurines africaines, « mais dans une moindre mesure, et elle est ancienne, avec des zébus indiens et africains. »

La nouveauté, c’est donc cette grille de notation, un outil précieux dans les mains des éleveurs : « C’est un outil de gestion qui devra être utilisé par des techniciens formés. Il permettra d’identifier et de conserver les zébus les plus typés. Car après avoir noté les animaux de tous les élevages, on alimentera le code de race 90. Il faut savoir qu’avant 2018, les zébus d’ici étaient rassemblés sous le code race 48, les races étrangères. Cela va permettre d’en transférer du 48 vers le 90. »

Autre apport de cet outil, le mise en lumière des risques pesants sur la race locale : « Elle est menacée de disparition si on ne met pas en place des mesures de soutien. » Et enfin, cela va permettre de sélectionner de futurs reproducteurs « pour mettre en place la conservation du zébu mahorais. »

Anne Perzo-Lafond

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