Les assises sont désormais couchées, sur papier. Et c’est une belle avancée, se satisfait-on ce mercredi dans la salle du conseil de la ville de Mamoudzou. « Voilà l’ultime réunion de validation de la démarche entamée en novembre autour des assises de la sécurité », s’est réjouit le maire du chef-lieu et maître de cérémonie, même si les mêmes termes avaient déjà qualifié une réunion du 15 décembre dernier. Mais pour Ambdilwahedou Soulaïmana, cette-fois ci est la bonne, preuve en serait les sorties d’agenda à l’issue des tours de parole pour fixer au 26 octobre la réunion de suivie des actions.
Lesquelles n’auront pas attendu la finalisation du document pour être mises en place, à l’instar de la réactivation du Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD), rappelle l’édile. Pour d’autres un ajustement est encore à prévoir, comme l’ont montré diverses interventions, au premier rang desquelles celle de Sébastien Halm. Le commissaire de police et directeur de la sécurité publique s’est en effet attaché à décortiquer minutieusement le document présenté aux participants – et non à la presse – pour s’étonner poliment de certaines confusions et redites.
Un plaidoyer et un plan d’actions
« Il reste encore quelques détails à peaufiner », admet-on en coulisse. Mais encore une fois, le mouvement est là, le ton est donné : « c’est une course de fond que nous entamons mais nous partons très vite », assure ainsi la directrice de cabinet du préfet, Laurence Carval. Laquelle a tenu en préambule à rappeler un point essentiel. Voire « un bémol » selon ses mots :
« si ces propositions font consensus, cela ne veut pas dire que cela se mettra en place directement, il y a des volontés qui peuvent se heurter à des contraintes juridiques fortes, comme le code pénal et ce n’est pas ici que nous pourront en faire des modifications », rappelle la représentante du préfet.
Mais à l’heure où le gouvernement prévoit un projet de loi pour Mayotte, le timing serait parfait pour faire entendre cette voix commune, se félicite-t-on, malgré une actualité dramatique forcément présente dans toutes les têtes.
Et c’est donc fort de ce constat que le cabinet de conseil Territoires Citoyens, par la voix de Philippe Prud’homme présente un document en
deux parties. « La première concerne les compétences régaliennes, ce n’est pas un plan d’action mais des demandes locales », explique-t-il ainsi. Et comprend trois axes : le renfort et la présence des forces de l’ordre (en prenant en compte la population réelle, la jeunesse et la démographie du territoire); l’adaptation de l’administration judiciaire (renforts, modalités d’application des peines, Cité judiciaire…) ainsi que la question de l’immigration légale pour permettre un assouplissement de la circulation des personnes étrangères en situation régulière.
35 actions autour de huit thèmes
Autant de thématiques que le maire de Mamoudzou espère prochainement aborder avec le Premier ministre auprès de qui il a demandé audience. Place désormais à la partie locale, le véritable « plan d’actions qui peut être mis en place par les acteurs du territoire ». 8 thématiques et 35 actions, attribuées à chacun des acteurs dont voici un résumé :
- Mise en place du CLSPD et renforcement des politiques de prévention
- Médiation et participation citoyenne dans la sécurité du quotidien
- Renforcer l’appareil éducatif et assurer l’éducation pour tous, accompagner les jeunes décrocheurs et sécuriser les établissements
- Favoriser l’insertion sociale des jeunes
- Accompagner et responsabiliser les parents
- Prise en compte de la culture mahoraise, intégrer les cadis et les écoles coraniques à la médiation et à la prévention
- Lutter contre la pauvreté et l’exclusion
- Aménager la ville en sécurisant le milieu urbain (vidéosurveillance, éclairage, lieux de rassemblement sécurisés)
G.M.