Des fauves sur scène : « leur environnement c’est le cirque » assure le dresseur

Les polémiques n'empêchent pas le cirque de travailler avec l'amour d'un mode de vie, mais aussi des animaux qu'il fait voyager avec lui. Nous sommes allés à la rencontre d'Emmanuel Farina, dresseur de fauves comme son père et son grand-père avant-lui.

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Malgré une évidente relation affective, une vigilance permanente est de mise explique le dresseur

Le regard ferme, frêle bâton de dressage à la main, Emmanuel Farina entre dans l’enclos des fauves. Nous sommes invités à rester à l’extérieur « vous ne connaissez pas les gestes » tranche le professionnel.

D’un geste il ouvre la cage du lion blanc, une espèce qui n’existe pas dans la nature, obtenue par des années de croisements. Le lion sort d’un bond et va s’installer au centre de l’enclos. Sans le perdre des yeux, le dresseur ouvre les cages des deux tigres, frère et soeur, qui rejoignent le gros chat à crinière dans l’enclos.

Si c’est la troisième fois que le cirque Zavatta vient à Mayotte, c’est la première fois que des fauves sont de la partie. Emmanuel Farina est d’ailleurs un indépendant, il travaille avec le cirque depuis seulement quatre ans. S’il en a coûté à la famille plusieurs dizaines de milliers d’euros pour amener les fauves dans de bonnes conditions à Mayotte, le cirque compte amortir cet investissement, convaincu que pour tous ceux qui ne peuvent d’offrir un safari en Afrique, c’est là une occasion unique de découvrir ces animaux.

Preuve de la curiosité qu’ils suscitent, plusieurs enfants tentent de regarder à travers le grillage, et les circassiens semblent rapidement nouer des liens avec certains riverains. D’autres gamins ont tenté de jeter des cailloux aux fauves, un phénomène qui s’est arrêté quand l’équipe a dressé une palissade qui empêche de les voir. Par ailleurs une surveillance constante est menée pour empêcher certains irréductibles d’escalader le grillage.

Le chapiteau est dressé à Mtsapéré près du rond-point de Doujani

Pendant ce temps dans leur enclos, Les trois fauves, impressionnants par leur masse, se font les dents sur d’épaisses branches feuillues que le dresseur met à leur disposition pour offrir fraîcheur et matériel de jeu aux animaux. Il se saisit d’un tuyau et les arrose tous les trois abondamment, pour les rafraîchir. La chaleur sur le terre-plein de Mtsapéré est suffocante malgré les bâches qui fournissent de l’ombre à l’enclos. Puis le dresseur, qui a appris le métier en observant son père, vide les gamelles et les remplit d’eau. « On la change plusieurs fois par jour, s’ils boivent régulièrement, c’est un indicateur de bien-être » indique-t-il avec un léger accent italien. C’est d’ailleurs pour nous montrer ce bien-être animal qu’il a décidé dès notre arrivée au cirque de nous emmener à l’enclos des fauves. « Un animal malheureux, ça se voit : il n’est pas propre, il est maigre. Mais vous savez, 99% des personnes qui travaillent dans le cirque avec des animaux sont consciencieux. D’autant qu’en France on a une législation très stricte sur l’exploitation animale dans les cirques. Dès le lendemain de notre arrivée on a été contrôlés, si on ne faisait pas bien les choses, on n’aurait pas pu continuer » argue-t-il.

Manuel Farina rafraîchit ses animaux

Lui, ne comprend pas les polémiques qui fleurissent surtout en métropole. « Les pétitions sont le fruit de gens qui n’ont aucune connaissance de l’éthologie animale. Sont-ils mieux dans la nature ? On ne peut pas comparer : la captivité est une chose, la nature en est une autre. De plus, si on regarde, l’Afrique est devenue un abattoir, voyez tous les grands animaux qui dérangent l’homme, il y a une confrontation. Ceux-là (les fauves qu’il a dressés) n’ont jamais connu d’autres environnement, leur environnement, c’est le cirque ». Un milieu dans lequel, assure-t-il, les bêtes se sentent en sécurité. « Si on ouvre la cage, à moins qu’il ne soit effrayé, il va en sortir, faire le tour et y retourner » explique le dresseur. De plus, ce mode de vie double leur durée de vie, garant d’une alimentation régulière, équilibrée, et protégé des maladies grâce aux vaccins et au suivi vétérinaire.

Passionné, le dresseur explique pendant près de deux heures comment il les dresse, en utilisant l’envie de jouer des fauves et l’appât de la viande, sans jamais aller au delà de leurs limites… ou de leur envie. Un fauve « c’est un fusil chargé, tu ne peux pas te permettre d’erreur » précise-t-il, ayant déjà été mordu par son lion blanc. Il travaillait alors pour le cirque Gruss.

Ce passionné a partagé des photos des trois fauves présentés à Mayotte depuis leur acquisition sur sa page Facebook. Un premier aperçu avant d’aller les voir en vrai ?

La voiture transformer, un des clous du spectacle

Les fauves ne sont d’ailleurs pas la seule « attraction », le cirque présente aussi à Mayotte sa voiture « Transformer », capable de rouler comme de se changer en robot ! Sans oublier les acrobaties et… vous savez, il a un nez rouge et de grandes savates ?
Les représentations ont lieu sur le terre-plein de Mtsapéré le vendredi à 18h, le samedi à 15h et 18h, et le dimanche à 15h et 18h. Les tickets sont vendus sur place 30 minutes avant chaque représentation.

Y.D.

11 Commentaires

  1. Les bobos qui s’offusquent et qui aboient avec la meute. Laissez les vivre, ils vous ont rien demandé. Vous bouffez des animaux toute la journée, vous polluez chacun comme 500 somaliens, vous utilisez des téléphones et des portables qui polluent et qui exploitent la misère, vous avez des vêtements fabriqués par des miséreux et des enfants… je continue ? Hypocrites, engeances de vipères

    • Michaël van Deth oui la c’est bon, t’as le droit, mais faut aussi que tu arrêtes les vêtements et le smartphone, et aussi l’avion. Faut aussi que tu bouffe que du manioc et de la banane produites sur place

    • C’est bien beau de s’indigner pour 3 lions, 2 tigres et 1 girafe, mais faudrait peut-être s’indigner pour des choses que nous faisons ou laissons faire et qui ont un impact sur des millions voir des milliards d’animaux. Il faudrait qu’on change radicalement de manière de vivre, plus de smartphone, plus de téléphone, plus de bouffe importé, plus de nourriture produite au détriment de la destruction de la nature, de la déforestation… Allez manifester et boycotter les firmes multinationales telles que total, et on en reparlera

    • Michaël van Deth moi je fais rien, je bouffe de la viande, je prend l’avion Mayotte Paris au moins 3 fois par an, plus les voyages régionaux, j’ai un gros 4×4 diesel qui crache de la fumée noire, j’ai un smartphone Samsung dernier modèle, j’ai un pc plus une tablette, une télé 125 cm, je mange des produits qui ont fait 10 fois le tour de la planète avant d’arriver dans mon assiette
      Je suis un gros beauf moyen occidental comme 99,9% de mes concitoyens
      Et je prends la tête à personne

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