31.9 C
Dzaoudzi
lundi 6 décembre 2021
AccueilEducation32 élèves en maternelle : "en métropole, il y a des classes...

32 élèves en maternelle : “en métropole, il y a des classes pareilles vous savez”

Avec jusqu'à 32 élèves par classes, la maternelle de Vahibé fonctionne en rotation, et distribue le petit déjeuner gratuit. C'est donc une école "témoin" qu'a visitée la secrétaire d'Etat Christelle Dubos, qui relativise la surpopulation en classe en la comparant à celle que dénoncent aussi les professeurs de métropole.

La visite de Christelle Dubos à l’école de Vahibé a été un soulagement pour les élèves. Pas tant pour le côté intimidant de rencontrer une ministre en vrai, de surcroît entourée d’inconnus, mais plus pour l’estomac. En effet, à 9h tandis que le groupe de visiteurs passait de classes en classe, les enseignants distribuaient le petit déjeuner offert aux élèves. “Je suis venue voir la mise en place du petit déjeuner pour tous” confirme Christelle Dubos à la sortie de l’école, expliquant que 4000 enfants en bénéficient à Mayotte, moyennant une enveloppe de 750 000€ qui va monter à un million prochainement.

Sauf que le petit déjeuner, qui d’un commun accord des enseignants est précieux pour aider les élèves à se concentrer en classe -beaucoup arrivent le ventre vide-, est habituellement servi à l’arrivée des élèves, à 7h30. La visite tant attendue l’était donc d’autant plus qu’elle était synonyme de casse-croûte.

Toujours est-il que ce dispositif est apprécié globalement par les enseignants et les parents, “le petit déjeuner nous apporte beaucoup de bien” commente une maman.

Une demi-pomme, du lait et un pain spécial, un petit déjeuner simple mais bienvenu pour des milliers de familles

Une autre déplore le manque de diversité dudit petit déjeuner : une brique de lait, une pomme et du pain. “Le pain change tous les jours, ça peut être un pain au lait, un pain aux raisins” explique le directeur de l’école de Vahibé. Le fruit est tributaire de l’approvisionnement. “C’est l’enjeu de développer l’agriculture locale” rebondit la représentante du gouvernement. La maman aimerait bien aussi “quelque chose à tartiner comme du Nutella” sur ce pain. Hésitation de Christelle Dubos. “La confiture je serais plus d’accord, car la pâte à tartiner, c’est plein de sucre”. Certes, il faut compter 55% de sucre dans un pot de pâte à tartiner. Mais aussi entre 50 et 75% dans un pot de confiture. Ce dernier contient toujours moins de gras. “L’important c’est surtout de leur apprendre à manger équilibré” recentre Christelle Dubos.

Des petits déjeunes pris à même le sol

Une posture pas idéale pour se restaurer

Les conditions dans lesquelles cette collation du matin est distribuée, fait aussi l’objet d’une réaction d’un parent. Si la règle veut qu’elle soit prise à table, la réalité qu’a pu constater Christelle Dubos, c’est un petit déjeuner consommé à même le sol des salles de classes (mais sur un revêtement prévu à cet effet). “On manque de tables” note un agent. “On met les moyens humains mais il faut aussi mettre les moyens matériels” abonde Gilles Halbout, le recteur.

[EDIT] Ce dernier précise que selon le directeur et les équipes, “c’est un choix pédagogique, y compris en métropole, de faire travailler les enfants sur des tapis”.

Le manque de tables, mais aussi de classes, amène cette école à fonctionner en rotation. Et même ainsi, le nombre d’élèves peut dépasser les 30 enfants par classe. “En métropole, il y a des classes pareilles vous savez” relativise la secrétaire d’Etat. En métropole, enseignants et parents le déplorent également. Et même Christelle Dubos, qui “aimerait avoir des classes à 15 ou 20 élèves”.

Enfin, des parents s’inquiétaient de ne pouvoir inscrire leur enfant, faute de place le plus souvent. “C’est le rôle du maire, rappelle la ministre, il ne peut pas refuser l’inscription, même si on sait qu’il y a des pratiques contraires à la loi”. “Vous pouvez nous alerter” rebondit Gilles Halbout, dans ces cas là, on facilite, on fait le lien avec les mairies” assure le patron du rectorat.

L’instant choupi

Sur plusieurs de ces sujets, Christelle Dubos rappelle “le projet de construction de 1200 classes qui évitera les rotations, l’objectif est de scolariser tous les enfants”. Un discours de fermeté dans l’application de la loi qui n’avait encore jamais été accompagné de tant de moyens. A terme, “tous les enfants qui sont inscrits auront une place” promet-elle. Encore faut-il que tous soient inscrits, là encore, c’est la responsabilité des maires qui est engagée. “Je ne peux qu’inciter les parents” à dénoncer ces pratiques, en conclut Christelle Dubos.

Le ‘petit train’ et la séparation filles garçons n’ont plus court dans l’école publique… en théorie

Cette dernière aura aussi pu remarquer des pratiques d’un autre temps qui subsistent, comme le “petit train”, les élèves à la queue-leu-leu pour rentrer en classe, de surcroît en séparant les filles qui entrent avant les garçons, alors que l’Education nationale prône plutôt la mixité, base de l’apprentissage du respect filles-garçons. Mais c’est encore un autre chantier.

Y.D.

9 Commentaires

  1. Il faut prendre ces gens (ministres, sous-ministres etc) à leur propre jeu. Non, a Mayotte il n’y a pas pas 32 élèves par classe, mais le double soit une soixantaine, c’est grâce au jeu des rotations que nous arrivons à des effectifs qui s’inscrivent dans la légalité.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

RESTONS EN CONTACT

Inscrivez-vous à la lettre d'information du JDM afin de garder en oeil sur l'actualité mahoraise

L'actualité

FEDER CTE, Europe, Mayotte,INTERREG V

INTERREG : l’impossible fonds européen à fort relent diplomatique

0
Aux difficultés que nous connaissions pour consommer les fonds européens, se sont rajoutées les complications diplomatiques régionales pour consommer efficacement les programmes transfrontaliers de l’INTERREG sur l’enveloppe 2016-2021. Avec comme conséquence, des dégagements d’office. Deux spécialistes européens de ce fonds étaient présents lors de ce comité de suivi, lui conférant un petit air d’examen de passage
+26
°
C
+27°
+24°
Mamoudzou
Samedi, 04
Dimanche
+25° +24°
Lundi
+25° +24°
Mardi
+25° +24°
Mercredi
+25° +24°
Jeudi
+25° +24°
Vendredi
+25° +24°
Prévisions sur 7 jours

A Mamoudzou, un premier contrat local de santé pour rapprocher la santé préventive des...

0
Fini le chacun-pour-soi, vive la co-construction ; la prévention à la santé, à l'alimentation, la lutte contre les gîtes larvaires ou les rongeurs, la contraception et la lutte contre les addictions, sont autant de sujets relevant des communes, de l'ARS ou du Département. Avec le contrat local de Santé, Mamoudzou met les trois acteurs autour d'une même table pour gagner en efficacité dans la santé préventive. D'autres communes suivent le même chemin.

Évolution des prestations sociales : Madi Velou salue les avancées et appelle à aller...

0
C'est un des premiers à réagir aux annonces gouvernementales sur le début de rattrapage en matière de droits sociaux. Le vice président du Département chargé du social salue des avancées "qui vont dans le bon sens", mais demande des adaptations immédiates quand cela est possible
Emmanuel Macron, Elysée, François Guillotou de Kerever, Mayotte

Les maires de Mayotte d’une seule voix à l’Elysée

0
« C’est par la répétition que nous obtiendrons des réponses ». Les maires de Mayotte étaient reçus le 19 novembre par le conseiller Outre-mer d’Emmanuel Macron. Avec un enjeu : maitriser les dossiers pour se faire entendre
Gérald Darmanin, immigration, Manche, Angleterre,Mayotte,

G. Darmanin déploie l’artillerie lourde sur les côtes de la Manche pour lutter contre...

0
Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin annonce ce lundi des moyens supplémentaires pour les policiers et les gendarmes afin de « lutter contre l'immigration clandestine » sur les 130km de côtes les plus proches de l’Angleterre. Qui finance l’opération. De quoi faire rêver la PAF à Mayotte...

Violences sur mineurs : la parole se libère peu à peu malgré des pressions...

0
Le 32e anniversaire de la convention internationale des droits de l'enfant était l'occasion d'un colloque au CUFR. Le recteur et le procureur y ont exposé des chiffres glaçants, sans doute en deçà de la réalité. Les échanges ont aussi permis d'exposer des éléments culturels afin de faire tomber les barrières, et accélérer la dynamique de libération de la parole, à l'oeuvre depuis plusieurs mois.