Ados et déjà élus : “un apprentissage de la démocratie”

Ils sont 30 collégiens de toute l'île, élus dans leurs établissements respectifs pour représenter chaque canton. Comme les conseillers départementaux, ils se répartissent en commission et proposent des actions. La deuxième promo s'apprête à prendre ses sièges.

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Elus ados et adultes côte à côte en attendant la relève

C’est un petit pas dans la politique, mais un grand pas pour beaucoup de ces jeunes. Du jour au lendemain, ils devront apprendre à s’exprimer en public, à prendre sur eux pour trouver de justes milieux, et à prendre des responsabilités d’élu en général. Un sacré programme quand on n’a que 12 ou 13 ans.

Elèves de 5ème et de 4ème, ils ont été élus dans leurs collèges et vont se retrouver ce samedi au Conseil départemental pour élire leur président(e) et se répartir en commissions, comme les élus adultes. L’assemblée départementale des jeunes est une création récente : initiée en 2016, la première mandature, élue pour 2 ans est en train de passer le flambeau à la deuxième. L’objectif affiché est de “faire de ces jeunes des acteurs de la vie locale” selon le conseiller (adulte) Debré Ali Combo. Et à l’écouter, l’objectif est atteint.

Les deux élus sortants sont vaccinés de la politique, mais ont des conseils pour les suivants

Au cours des deux années écoulées, les commissions d’ados ont organisé des événements aussi variés qu’un carnaval, une action contre les déchets et d’autres actions qui n’ont pas encore été finalisées, comme un projet de handisport et un autre de rencontre intergénérationnelle. Des enjeux dont les jeunes se sentent proches, qui répondent à des besoins du territoire, et qui sont faisables avec les moyens qui leurs sont alloués. Mais  passer le flambeau aux suivants, ce n’est pas que laisser la main, c’est aussi les accompagner. “Moi ça m’aurait bien aidé si j’avais eu un tuilage avec mon prédécesseur sur les dossiers en cours, relate Debré Ali Combo. Ca n’a pas été le cas.”

Autre conseil d’élu, une assemblée, “ce n’est pas la guerre, c’est la démocratie, un adversaire n’est pas pour autant un ennemi” conseille-t-il. Une sagesse acquise au cours de son propre mandat. “Le Debré élu en 2015 n’est plus le même” sourit-il. Les jeunes savent de quoi il parle. Abdallah Sitti, élue en 2016 a “appris des choses qui ont forgé ma maturité”. Mieux, elle y a gagné une vocation et une orientation : monter son entreprise après son BTS de gestion.

Son camarade Nadjidine Assani a quant à lui découvert qu’il n’était pas fait pour la politique. “Quand on imagine des projets, ils ne vont pas forcément plaire à tout le monde. Je me vois mal faire face à quelqu’un qui n’est pas d’accord. J’ai compris qu’être un élu, ce n’est pas juste prendre des décisions, mais réfléchir à différentes contraintes.”

Debré Ali Combo dresse des parallèles entre son expérience d’élu et celle des ados

Tous deux conseillent à leurs successeurs de “ne pas avoir peur, d’écouter les autres et de ne pas hésiter à transmettre des messages” mais surtout, ne pas oublier de trouver “un équilibre entre être un jeune, et être un élu”. Un de leurs espoirs est maintenant de voir les nouveaux élus concrétiser les projets qui n’ont pas abouti, sur le handisport, sur la valorisation du patrimoine villageois ou la création d’une maison des jeunes.

“Ils ont compris ce qu’est un projet politique, sourit Debré Ali Combo. Ce ne sont pas tous les projets qui se réalisent, et ça ne plaît pas à tout le monde. La démocratie c’est confronter ses idées, trouver un juste milieu, pas forcément avoir raison. Et un projet doit répondre à des besoins, on est là pour les citoyens. En somme l’assemblée est un espace d’apprentissage de la démocratie”.

Y.D.

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